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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 18:13

Avec le développement d'Internet, des sites marchands et depuis quelque temps du « cloud computing » – l'informatique en nuage c'est-à-dire l'externalisation des serveurs et des traitements informatiques des entreprises, la demande de « data centers » (que nous appellerons fermes de serveurs) explose. Des deux côtés de l'Atlantique notamment, les spécialistes des fermes de serveurs mettent les bouchées doubles et investissent pour satisfaire cette demande. Les fermes de serveurs sont des sortes d'usine de données informatiques remplies de serveurs, de routeurs et d'autres équipements électroniques empilés dans des armoires alignées sur des dizaines de mètres.

Il y en a déjà, parait-il plus de 500 000 dans le monde.

Pour assurer leur fonctionnement, il est absolument impératif de maintenir leur température ambiante autour de 20ºC. Une ferme de serveurs qui consomme de 100 à 200 mégawatts pratiquement dissipés en chaleur, doit être équipée d'une climatisation puissante et fiable, ce qui a un impact sur l'investissement et sur le fonctionnement, surtout quand le coût du mégawatt-heure augmente ! Il faut bien avouer aussi que l'empreinte écologique des ces usines du futur est plutôt négative, contribuant de manière significative à l'émission de gaz à effet de serre.

 

La concurrence aidant, de nouvelles solutions apparaissent qui diminuent à la fois les coûts et les consommations ou même utilisent de l'énergie renouvelable. Ainsi Colt, autrefois City of London Telecom, installe des fermes de serveurs en Islande, un pays où il fait frais et où l'énergie géothermique est abondante. Et OVH basée à Roubaix, se lance sur le marché américain avec une technologie remplaçant totalement la climatisation par une ventilation plus économique.

 

Les fermes de serveurs en Islande

 

Verne Global est une jeune pousse financée par le fonds anglais The Welcome Group, pour créer et opérer une ferme de serveurs d'un nouveau type, sur un terrain de 23 000 m2 à 50km de Reykjavik. Avec un investissement initial de 5 millions €, elle a installé une module de 500 m2, développé par Colt. Ce module standardisé a été livré en 4 mois.

Le mégawatt-heure en Islande ne coûte que 38 € (pour 42 € en France et plus cher ailleurs en Europe) et il est produit à partir de l'énergie géo-thermique ou hydraulique, abondante dans le pays. La température ambiante en Islande est comprise entre -10ºC et +20ºC toute l'année, ce qui a permis de mettre en place un refroidissement par air frais à la place du circuit coûteux à eau avec réfrigérant dont la plupart des fermes de serveurs sont équipées. D'où une économie supplémentaire considérable puisque la facture d'électricité pour climatiser et alimenter les serveurs représente plus de la moitié du coût de fonctionnement d'une ferme de serveurs.

Ce qui a permis de lancer ce projet innovant est la mise en place récente de liaisons sous-marines par câble à fibre optique entre l'Islande et le Danemark, les Pays-Bas, le Royaume Uni et le Canada. Un nouveau câble « Esmeralda » est en cours d'installation avec les Etats-Unis.

Potentiellement, cette nouvelle industrie va permettre à l'Islande de servir tant l'Europe que l'Amérique du Nord avec des coûts faibles et une empreinte climatique réduite : un vrai cercle vertueux.

 

OVH investit en Amérique du Nord

 

OVH, une ETI familiale (voir un article sur ce blog), vient d'annoncer la construction de son premier centre à Beauharnois à 50km de Montréal pour accueillir 80 000 serveurs informatiques, un investissement de 75 millions € ; deux autres centres sont prévus, l'un dans l'ouest et l'autre au centre de l'Amérique du nord. Avec plus de 110 000 serveurs en Europe, OVH est dans le peloton de tête mondial des sociétés disposant de fermes de serveurs (Google est nº1 avec 1 à 2 millions, Microsoft nº2 avec plus de 500 000, EDS nº3 avec environ 400 000, Yahoo nº4 avec plus de 150 000). Clairement sa stratégie est de prendre une position forte sur le plus important marché, l'Amérique du Nord.

Comme Verne Global/Colt, OVH a ciblé une amélioration des performances énergétiques pour être compétitif et gagner des marchés sur un terrain nouveau. Le nouveau système de ventilation a été développé en interne et permet de proposer des prix plus bas. Le cofondateur d'OVH, Octave Klaba a déclaré : « Notre objectif est dans un premier temps d'accompagner nos clients français sur ce continent puis, grâce à nos prix qui sont deux à trois moins chers que ceux de nos concurrents américains, créer notre propre marché. » Aux dernières nouvelles, les ventes d'OVH auraient dépassé 100 millions € en 2011 avec 430 employés dont 130 ont été recrutés en 2011.

On remarquera qu'OVH a un profil intéressant : d'abord une société de services à forte croissance, dans le domaine de l'Internet, qui, pour continuer de se développer, développe des technologies qui lui permettent d'offrir des services à un coût toujours plus bas.

* Centre de traitement de données ou ferme de serveurs

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 13:24

La croissance de notre économie est de nos jours un enjeu important. Il apparaît de plus en plus que cette croissance viendra du dynamisme des petites et moyennes entreprises, PME et ETI, qu'elles soient de création récente ou non. Pour croître, une entreprise a besoin de ressources financières ; et plus elle croit rapidement, plus ses besoins sont importants.

Quelles sont ces ressources ? Selon une enquête réalisée par OSEO et NYSE-Euronext début 2012 auprès de plus de 1000 entrepreneurs, le crédit bancaire vient largement en tête avec 53% des financements, suivent le capital-investissement (risque et développement) avec 21%, la levée obligataire (emprunts en Bourse) avec 5% et la levée de capitaux en Bourse avec 2%, 10% des répondants n'envisageant pas de financement externe et les 9% restant utilisant d'autres ressources.

 

Or que se passe-t-il en ce moment ? Avec la mise en place des règles de Bâle III qui sont censées réduire le risque de faillite des banques et qui sont plus contraignantes en les obligeant à mettre en réserve plus de capitaux pour garantir les prêts qu'elles accordent, les conditions d'accès au crédit moyen et long terme deviennent plus difficiles. L'aversion au risque des banques est plus marquée et elles peuvent être amenées à réduire le montant global des crédits accordés. Mécaniquement, les ressources disponibles pour les entreprises seront moins importantes, avec potentiellement un impact négatif sur leur croissance. Les chefs d'entreprise en sont conscients et plus de la moitié d'entre eux ont prévu lors de l'enquête d'OSEO, que leurs sources de financement seraient en baisse en 2012.

 

Mutualiser les emprunts sur le marché boursier


Heureusement, de nouvelles solutions apparaissent sur le terrain des emprunts : des PME et ETI se regroupent pour emprunter ensemble sur le marché boursier, sous la houlette de gestionnaires d'investissement et de professionnels de la Bourse. Le mécanisme est à deux étages : les entreprises émettent des obligations qui sont achetées par un Fonds Commun de Placement (FCP) créé pour ces émetteurs et qui est souscrit en Bourse par des investisseurs et coté sur Alternext.

Le prototype de ce type de financement est Micado France 2018, lancé actuellement par Investeam, Accola et Portzamparc Gestion en collaboration avec Middlenext, association regroupant les entreprises moyennes cotées en Bourse. Les promoteurs de Micado sélectionnent les sociétés émettrices sur la qualité de leur signature et visent une palette diversifiée de secteurs. L'objectif est de rassembler une vingtaine de sociétés émettant chacune entre 5 et 20 millions € d'obligations pour un total de 300 millions €.

 

Les obligations ont de nombreux avantages par rapport aux emprunts bancaires :

- pour les sociétés émettrices, cela les met relativement à l'abri du risque de changement brutal des conditions de crédit de la part des banques, elles peuvent bénéficier des taux - surtout actuellement, plus intéressants sur le marché (entre 5 et 8%, pour une moyenne de 6% selon Portzamparc)

- pour les investisseurs, ils peuvent diversifier leur portefeuille d'obligations hors des obligations d'Etat et des grandes entreprises ; ils peuvent revendre leurs parts sur le marché secondaire du FCP ; et selon les promoteurs, même en cas de plusieurs défauts, le rendement est plus élevé que pour les obligations d'Etat (OAT) ; enfin, pour certains, il s'agit d'un investissement « citoyen », permettant de miser sur le développement des entreprises petites et moyennes.

L'inconvénient pour les émetteurs, est qu'ils doivent communiquer sur leur intention d'émettre, sur leur situation financière et leurs perspectives, ce qu'ils n'ont pas l'habitude de faire : auparavant l'information n'était donnée qu'au banquier. Pour les investisseurs, il s'agit aussi d'une évolution des obligations «corporate» des grandes entreprises au profil simple et auquel ils sont habitués, vers un produit au profil diversifié, lié à un panier d'entreprises de plus petite taille, qui ne sont pas notées. En théorie, le risque est plus élevé mais c'est compensé par la diversité du portefeuille du FCP.

 

A ce jour, nombre de sociétés ont annoncé leur intention de participer à Micado : Aurea, Groupe Gorgé, Business Et Décision, Avanquest Software, Manitou, Orapi, Quantel, Delta Plus et Touax.

Il semble que le FCP puisse être bouclé d'ici fin juin 2012.

 

Bonne chance à cette initiative innovante qui mérite d'être développée ! On notera au passage que le même type d'initiative a été lancé en Angleterre et en Allemagne. C'est tout à fait en phase avec la tendance actuelle qui est de mettre  en relation les acteurs du financement d'une manière plus directe, dans la même ligne que le micro-crédit en ligne, les fonds d'investissement d'entrepreneurs ou les prêts directs de particulier à particulier. On voit qu'il s'agit pour beaucoup d'intermédiaires, notamment bancaires, de réinventer leur métier, sinon, ils pourraient laisser partir de grands pans de leur fonds de commerce.

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 09:10

La rédaction du journal Les Echos vient de décerner son prix spécial du stratège PME à Jean-Guy Le Floc'h, PDG d'Armor-Lux. Armor-Lux est un acteur un peu exceptionnel dans le paysage désertifié de la confection textile française : elle continue de fabriquer en France, à Quimper et à Troyes, des tee-shirts, des pulls, des cabans, des bonnets et d'autres vêtements qui la distinguent par leur inspiration marine.

Fondée en 1938 à Quimper par le suisse Walter Hubacher sous le nom de la Bonneterie d'Armor, elle est reprise en 1993 par Jean-Guy Le Floc'h, ingénieur de Centrale Paris, et Michel Gueguen, qui ont promis aux employés de l'époque qu'ils maintiendraient leur emploi. Ils ont tenu parole : il y a toujours 380 salariés dans les deux usines de Quimper et 40% de la fabrication est réalisée en France, essentiellement les deux collections de 1500 modèles qui sortent chaque année. Pour rester compétitif sur les produits courants, ces derniers sont fabriqués par des sous-traitants au Maroc, en Tunisie et en Bulgarie.

 

Le challenge dans ce domaine de la confection est particulièrement difficile : 60% à 90% du coût des produits sont en main d'oeuvre et les coûts horaires sont de 0,31 € au Bangladesh, 1,60 € en Chine, 2,90 € au Maroc et 30 € en France … Comment Armor-Lux s'en sort-elle ?

 

D'abord un élément important : lors de la reprise, et par la suite, notamment lors de l'institution des 35h, les dirigeants se sont efforcés de maintenir la cohésion sociale et la pérennité de l'emploi, parfois au prix de baisses de rémunération.

 

En 1993, le chiffre d'affaires était de 19 M€ essentiellement avec des sous-vêtements. Selon J-G. Le Floc'h, « alors que se profilait un début de mondialisation accrue, il était nécessaire d'élargir le périmètre de l'entreprise. Heureusement, nous avons eu le temps de changer de fonctionnement. » Afin d'effectuer cette évolution de la gamme des produits, il a multiplié les rachats d'entreprises : les pulls en laine de Guy de Bérac à Troyes dès 1993, les pulls celtes de Britain Stock en 1995, les vêtements techniques de protection de Bermudes à Nancy en 2002, Cam (Compagnie angevine de la maille) et Diftex en 2004 (marques Chairman, Lepoutre et Tricomer). En parallèle, des gammes associées à de nouvelles marques sont lancées : Terre et Mer s'adressant aux femmes en 1994, Armor-Kids pour les 3-14 ans en 1997, Armor-Baby pour les 3-24 mois en 1999, puis en 2005 des produits en coton équitable

labellisés Fairtrade / Max Havelaar.

L'accent est mis sur la créativité et l'innovation-produit, passant de 300 à 400 nouveaux modèles par an au milieu des années 90, à 1500 par an aujourd'hui, grâce à un bureau d'études de 30 personnes et la collaboration de stylistes extérieurs.

 

Une nouvelle diversification a été introduite en 2004 avec les vêtements d'image pour les grandes entreprises et les services publics : La Poste confie à Armor-Lux l'habillement de ses 130.000 agents en contact avec la clientèle ; puis en 2007, ce sont les nouvelles tenues des personnels de la SNCF et Aéroports de Paris et en 2008, celles de la Police nationale. Armor-Lux a eu aussi pour clients la compagnie aérienne Bretonne Brit Air ou encore EDF. Et derniers en date, pour la campagne présidentielle, les parties politiques, le Modem, l'UMP et le PS ont commandé les tee-shirts en coton de leurs militants, qui ont été tricotés, teints et confectionnés à Quimper.

 

En aval, Armor-Lux a cherché à renforcer son image auprès du grand public et la promotion de ses produits en multipliant les ouvertures de magasins en propre dans toute la France. Ces boutiques sont maintenant au nombre de 40 dont la moitié en Bretagne, réalisant des ventes de 25 M€. La montée en gamme et l'identification forte avec le monde marin et de la voile, permet le développement de l'exportation en Belgique, Allemagne, Amérique du Nord et au Japon (5M€ en 2011).

 

Un effort particulier est mis sur la qualité, en particulier en pratiquant un audit permanent des fournisseurs et sous-traitants dans les pays émergents : Inde, Maghreb, Europe de l'Est. Des investissements importants ont été réalisés, notamment la nouvelle usine de production et de logistique à Quimper qui assure les livraisons directes de vêtements d'image sur les sites de travail des clients.

 

Il y a maintenant 550 salariés dans le groupe et le chiffre d'affaires 2011 a été de 82 millions € (comparé à 19 millions € en 1993) avec 5 millions € de résultat net : une multiplication par 4,3 des ventes en 18 ans de marche forcée, dans un secteur « sinistré » ; tout ceci grâce à un cocktail stratégique composé de : l'élargissement et la montée en gamme de produits sans cesse renouvelés, l'investissement dans l'image et la distribution, l'amélioration des capacités de production en France et le recours sélectif à des sous-traitants dans les pays à bas coûts.

 

Il est certain que, pour Armor-Lux, le gros potentiel réside maintenant à l'international. Une toute nouvelle ligne haut de gamme « héritage » vient d'être lancée, destinée à ces marchés. J-G. Le Floc'h n'a pas dévoilé ses objectifs lors de la remise du prix des « Echos ». Mais on peut imaginer qu'il vise un doublement des ventes en dix ans grâce à l'international. A quand l'ouverture d'un magasin à New York, à Newport (Rhode Island), à San Diego, …. à Tokyo et pourquoi pas à Shanghaï et à Pékin ?

 

Et pour conclure, les deux associés J-G. Le Floc'h et Michel Gueguen qui détiennent 74% du capital, ont récemment annoncé qu'ils n'avaient pas l'intention de céder leur affaire, que deux de leurs enfants sont impliqués dans Armor-Lux, et qu'ils feraient en sorte que le groupe reste familial.

 

* ETI : entreprise de taille intermédiaire entre PME et grande entreprise, 250 à 4999 salariés.

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 20:39
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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 19:23

Goalmari, au Bangladesh,

 

La question de l'accès à l'eau potable est particulièrement dramatique au Bangladesh : environ 50% des 150 millions d'habitants du pays boivent de l'eau polluée à l'arsenic. En effet, sur une grande partie du pays, les terres sont constituées d'alluvions chargés d'arsenic, provenant de l'Himalaya. A partir des années 70, de nombreux puits ont été creusés pour accéder aux nappes phréatiques alimentées par les pluies qui sont abondantes. L'eau de pluie s'infiltre dans ces terrains arseniqués et se pollue. L'arsenic dans l'eau est surtout un cancérogène entrainant des cancers de la peau et des cancers internes (poumon, rein, vessie). 

 

Il y a 5 ans, les dirigeants de Veolia en Inde ont proposé à Muhammad Yunus, fondateur de la Grameen Bank et prix Nobel de la Paix 2006, de lancer ensemble un projet d'alimentation en eau potable pour les populations affectées par ce problème. La Grameen Bank et Veolia Eau ont constitué une co entreprise Grameen Veolia Water Ltd en mars 2008 pour construire et exploiter une usine de production d'eau potable et la distribuer à 100 000 clients. A 50km au sud-est de Dhaka, la capitale, le site de Goalmari, qui est un des plus touchés par la pollution à l'arsenic, a été choisi.

Le principe de cette entreprise est celui d'un « social business » tel que Muhammad Yunus l'a développé avec succès depuis plus de 30 ans : une entreprise pérenne, qui gagne de l'argent et réinvestit la totalité de ses gains sans verser aucun dividende et qui a pour vocation de servir l'ensemble de la population cible, en adaptant ses coûts et ses prix afin que même les plus pauvres puissent acheter ses produits. Les capitaux sont privés et les aides et subventions sont évitées car non pérennes.

Il a fallu bien sûr convaincre les villageois de l'intérêt de projet – en les sensibilisant aux risques de l'arsenic, et de sa faisabilité économique, qu'ils seraient capables de payer l'eau produite. Comme souvent, seuls les plus aisés pouvaient acheter sur les marchés, de l'eau potable en bouteille à 10 takas le litre (environ 0,10 € /l).

 

Malgré l'isolement de Goalmari et les difficultés d'accès pour le matériel, l'usine a été construite en moins d'un an et a démarré en juin 2009, en ayant recours au maximum à la main d'oeuvre locale. La solution technique choisie est simple et classique : traitement de l'eau de surface (sans arsenic) par filtration avec gravier, sable et charbon actif. Le traitement d'une eau arseniquée aurait été plus coûteux et aurait généré des déchets difficiles à traiter.

Avec l'aide de l'Institut de l'Innovation et de l'Entrepreneuriat Social de l'ESSEC, le projet s'est poursuivi en s'adaptant aux réalités du terrain, C'est ainsi qu'après quelques tâtonnements, le prix de l'eau a été fixé à 2,5 takas /10 l à l'usine et aux bornes-fontaines proches et à 3 takas /10 l aux bornes-fontaines éloignées. Depuis l'ouverture de l'usine, le réseau des bornes-fontaines s'est développé jusqu'au village voisin de Padua avec des points d'eau à moins de 50 m des habitations ; une nouvelle usine a été construite pour produire de l'eau en bonbonnes qui seront vendues à Dhaka, la capitale du pays.

 

Sur la base de cette expérience, Veolia projette de construire d'autres usines de production avec d'autres partenaires susceptibles d'investir dans des co entreprises sociales sur le modèle de Muhammad Yunus. Le chantier est certainement immense pour couvrir toute la population ayant besoin d'eau vraiment potable.

On ne peut guère contester la réussite du projet de Goalmari. Et je ne doute pas que Veolia saura intéresser d'autres investisseurs pour de nombreux projets similaires, au Bangladesh et pourquoi pas ailleurs.

 

Nagpur, en Inde

 

Veolia Eau vient d'annoncer que le consortium, Orange City Water qu'elle a créé avec le groupe indien Vishvaraj Environment Ltd, avait remporté le contrat de gestion de l'eau de Nagpur, une ville de 2,7 millions d'habitants du centre de l'Inde, à environ 700 km au sud-est de New Delhi. Comme partout ailleurs en Inde, l'eau n'est actuellement distribuée que quelques heures par jour. Ce qui conduit à un inconfort certain, beaucoup de pertes de temps et la mise en place de pompes et de réservoirs que seuls les habitants aisés peuvent se payer. Et pire, les canalisations étant vides la plupart du temps, les germes et la pollution s'y développe, rendant l'eau non potable … Veolia garantit bien sûr une distribution d'eau buvable aux normes de l'OMS, 24h/24 et 7 j sur 7, pour l'ensemble de la population y compris les bidonvilles.

 

Des travaux vont être entrepris pour rénover le système de distribution, avec 60 millions € d'investissement sur 5 ans. Le groupe espère en retirer un chiffre d'affaires de 387 millions € sur 25 ans, un montant finalement assez modeste : un rapide calcul donne un prix pour le service de distribution d'eau de moins de 6 € par an et par habitant ! Les objectifs sont ambitieux : réduction du taux de fuite de 60% à 15-20%, pose de compteurs dans les 450 000 foyers de la ville, croissance de 50% de la quantité d'eau disponible sur 5 ans.

 

Ce contrat étant une première pour l'Inde, il sera sûrement suivi avec attention par les autres grandes métropoles du pays. On notera au passage que la Chine est déjà le second marché après l'Europe pour Veolia, avec plus 25 métropoles sous gestion.

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 21:29

La déconfiture de SeaFrance a fait la une des médias ; après une longue agonie, cette filiale de la SNCF a été mise en liquidation le 9 janvier 2012. On remarquera que LD Lines qui a candidaté sans succès à la reprise de SeaFrance, a démarré une nouvelle ligne Calais-Douvres le 17 février. Le vide laissé par SeaFrance, a été vite comblé. LD Lines qui est une compagnie bien gérée, a sûrement étudié cette ouverture avec soin et saura, mes lecteurs peuvent en être certain, la maintenir rentable. Le désastre SeaFrance est à l'évidence due à une gestion calamiteuse qui a été mis en exergue il y a quelque temps sur ce blog.

 

Le dossier SeaFrance à peine sorti, voilà que s'est pointé le 31 janvier, le dépôt de bilan d'une autre (ancienne) filiale de la SNCF : Sernam, spécialisée dans le transport de colis, avec 1600 salariés et un chiffre d'affaires de 298 millions € en 2011. Cette semaine, le sursis avant la liquidation a été prolongé jusqu'au 10 avril par le tribunal de commerce de Nanterre, dans l'attente improbable que Bruxelles autorise Geodis, une autre filiale de la SNCF, à reprendre Sernam sans avoir à payer les 642 millions € que cette dernière doit à la SNCF.

En effet en 2005, la SNCF a « privatisé » Sernam en la cédant aux cadres dirigeants. Butler Capital Partners est venu en 2006 renforcer l'attelage (Butler joue vraiment les pompiers pour les entreprises publiques en déshérence, puisqu'on se rappellera qu'en 2006, avec Veolia, elle a repris la SNCM, elle aussi ancienne filiale de la SNCF).

Avant la cession, la SNCF a versé 642 millions € à Sernam. Maintenant, la commission européenne demande que Sernam rembourse cette somme, qui est considérée comme une aide d'Etat, donc une infraction à la concurrence. Geodis, si elle reprend Sernam, risque d'avoir à payer cette amende … Sernam ne disposant maintenant d'aucune trésorerie, on constatera que les 642 millions se sont évaporés en six ans ; on peut se demander comment ?

Bien sûr, on sait qu'avec le commerce électronique en croissance exponentielle, le transport de colis explose. Et pourtant Sernam semble incapable d'en profiter ...

 

Et de trois ! Novatrans, une autre filiale de la SNCF, spécialisée dans le ferroutage ou transport combiné rail-route – c'est-à-dire l'acheminement de remorques de poids lourds sur les trains, est elle aussi en grandes difficultés. Selon Les Echos, elle a perdu 35 millions € en 2010, et à nouveau 22 millions en 2011. La SNCF a dû augmenter son capital de 60 millions €. Deux solutions seraient envisagées : céder cette filiale (peut–être à un fonds comme Butler ? Qui exigera bien sûr une importante recapitalisation) ou recapitaliser à nouveau à hauteur de 50 millions € d'ici fin 2012. Jusqu'à quand cette hémorragie va-t'elle continuer ?

 

En parallèle, il ne faut pas oublier que la filiale fret de la SNCF n'en finit pas de se redresser face à une concurrence dont les coûts sont bien moins élevés et … continue à perdre de l'argent.

 

Heureusement, tout n'est pas noir ! Il paraît que Keolis, la filiale de transport urbain dont la SNCF possède 56,7%, va bien. Les résultats 2011 sont bons : chiffre d'affaires de 4,44 milliards € en hausse de 8% avec 2 milliards à l'international et un (petit) résultat net de 37 millions €. Elle a gagné plusieurs appels d'offre de DSP (délégation de service public) de transport en 2011 : Aix-en-Provence, Orléans, Metz, Epinal, et d'autres en Australie et en Angleterre ! Il est très probable que les autres actionnaires de Keolis, AXA Private Equity et la Caisse de dépôt et placement du Québec, veillent à ce que sa culture compétitive soit préservée.

 

On peut être certain que les dirigeants de la SNCF surveillent avec attention ce que fait la Deutsche Bahn dont le patron actuel, Rüdiger Grube affiche de grandes ambitions : doubler son chiffre d'affaires d'ici à 2020. Avec un résultat net de 1 milliard € en 2010 et 1,3 milliards € en 2011, un chiffre d'affaires en croissance de 10%, à 38 milliards €, la Deutsche Bahn a probablement des moyens solides. Le chiffre d'affaires de la SNCF a lui progressé de 7% à 33 milliards € en 2011, avec un résultat net de 125 millions €.

Mais les deux entreprises souffrent d'une dette élevée : 8,3 milliards € pour SNCF et 16,6 milliards € pour Deutsche Bahn, qu'elles ont grand mal à contrôler ; heureusement que les taux d'intérêt sont bas ! Cette dette élevée va sûrement être un frein à leurs ambitions. Tout ce qu'on peut espérer, c'est que ces entreprises poursuivent leurs efforts de compétitivité tout en améliorant le service, parce que la concurrence dans le transport en Europe ne va pas disparaître demain.

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 14:26

L'étude des cessions-transmissions d'entreprises publiée par la BPCE (groupe Banques Populaires - Caisses d'Epargne) en décembre 2011, s'est fixée pour objectif une analyse exhaustive et précise des opérations réelles effectuées en France en 2010.

Elle a ainsi identifié un total de 12 315 opérations dans lesquelles l'actionnariat principal d'une entreprise aurait changé. Il s'agit de 5,9% du total des 202 755 PME de 10 à 249 employés et des 4 888 ETI (250 à 4 999 employés) du « secteur marchand » (non agricole et non financier) soit de 207 643 entreprises – pour en savoir plus sur la classification des entreprises.

 

Ce résultat diffère largement des chiffres fréquemment cités de l'ordre de 4 000 à 6 500 selon les auteurs. La BPCE fait remarquer avec raison que ces derniers chiffres ne sont que des estimations fondées sur des échantillons peu représentatifs et des hypothèses comme l'idée que la majorité des cessions serait motivée par l'âge du dirigeant ou encore que les entreprises en difficulté seraient toutes vouées à disparaître. Or il s'avère que les modalités de cession sont d'une très grande variété, ce qui rend les extrapolations très imprécises.

 

L'étude a exploité plusieurs bases de données : Infolégale, Corpfin, INSEE, « Associés » d'Altarès, Fiben de la Banque de France et en a croisé les informations pour obtenir la répartition suivante : 

  • 6 469 cessions de société opérationnelle

  • 583 cessions de holding

  • 417 changement d’actionnaire principal du holding

  • 1596 changement d'actionnaire principal

soit un total de 9 065 cessions ; à ce total, il faut ajouter :

  • 1 635 changements de dirigeant intrafamilial soit 0,8% de l'ensemble des PME et ETI et 14% de l'ensemble des cessions-transmissions

  • 1 615 changements de dirigeant actionnaire

Un total de 6 200 disparitions d'entreprise ont été répertoriées dont 2 694 par la voie judiciaire et 3 506 par « mort naturelle » soit 3% de l'ensemble des PME et ETI.

 

Plus l'entreprise est importante, plus elle change souvent de main

 

Selon l'étude, les cessions affectent plus souvent les entreprises de tailles plus importantes. Ainsi en 2010, 18% des ETI ont changé de main alors que la proportion est de 4,3% seulement pour les PME de 10 à 19 salariés. Cela signifierait un changement d'actionnaire principal tous les 6 ans pour les ETI et tous les 23 ans pour les petites PME. C'est bien sûr compréhensible pour les ETI, l'actionnariat étant plus dispersé avec une présence notable des fonds d'investissement ; ne doit-on pas s'en inquiéter : un changement d'actionnaire principal ne conduit-il pas généralement à un changement de stratégie ? La clef d'une croissance à long terme ne réside-t'elle pas dans la poursuite et le maintien de stratégies cohérentes et stables ? Ne voit-on pas là une des raisons du déficit de la France par rapport à l'Allemagne dans cette catégorie d'entreprise (le Mittelstand) ; en Allemagne, les ETI sont très souvent détenues par une famille, ce qui constitue un actionnariat stable et de long terme et conduit à la poursuite durable de stratégies de développement et d'investissement, en particulier à l'international ?

Les petites PME, elles sont souvent détenues par leur(s) fondateur(s) qui en poursuit le développement pendant de nombreuses années, ce qui se traduit naturellement à une bonne stabilité de l'actionnariat.

Il est observé également qu'une entreprise détenue par une personne morale a 2 fois plus de chance d'être cédée que si elle est détenue par une personne physique (11,2% contre 6,1%). Ceci est évidemment cohérent avec le phénomène de taille, les grosses PME et ETI étant plus souvent détenues par des personnes morales.

 

Près de 60% des cessions interviennent avant 55 ans !

 

Cet étude met à mal une hypothèse qui circule depuis longtemps dans les ministères, l'administration et dans les media : que les cessions seraient liées au départ à la retraite des dirigeants.

Selon l'étude, le rôle de la cession dans le cycle de vie des PME s’est profondément transformé ces dernières années. D’une opération intervenant pour l’essentiel en fin d’activité professionnelle, elle est devenue tout autant une opération technique d’ajustement du portefeuille d’activités ou de la gouvernance de l’entreprise ou bien une décision de modifier le type d’activité professionnelle du cédant ; la transmission en fin de vie active ne joue pas un rôle plus important que la réorientation de l’activité.

Il est remarquable de constater que le taux des transmissions est de 2,9%, 3,3% et 3,4% pour les dirigeants âgés respectivement de 35-40 ans, 55-59 ans et plus de 60 ans ! On doutera au passage de l'intérêt et de l'efficacité de la mesure fiscale qui réduit l'impôt sur les plus-values de cession dans les 2 ans précédant et suivant le départ à la retraite. Manifestement, elle n'a que très peu d'impact sur le comportement des dirigeants ou, vu sous l'angle inverse, très peu de dirigeants en bénéficient. Comme pour de nombreuses mesures, cela ressemble à un coup d'épée dans l'eau qui manque son but, sans qu'on sache même vraiment quel est ce but.

Par contre, ce qui est certain, est qu'un dirigeant qui cède entre 35 et 50 ans et se retrouve imposé à l'ISF (tant qu'il détenait plus de 25% de son entreprise, il était exonéré) sera souvent tenté d'aller ailleurs qu'en France pour démarrer une nouvelle activité, créer une autre entreprise ou établir son fond d'investissement familial ou personnel. Naturellement, le rapport se garde bien d'identifier la proportion de dirigeants qui ont pu faire ce choix en 2010.

 

La BPCE enquête sur l'intention de céder

 

L'institut CSA a effectué une enquête pour BPCE en juillet et septembre 2011 auprès de 1480 dirigeants de PME de 10 à 249 salariés sur leurs intentions de céder dans les deux ans et en a comparé les résultats avec une enquête semblable réalisée en décembre 2006. Sachant par expérience qu'il y a souvent un très grand pas entre l'intention de céder et la cession effective, c'est l'évolution des intentions qui paraît le plus intéressante. La proportion de dirigeants ayant l'intention de céder sous deux ans est passée de 18% à 24% en 5 ans et ceci est constaté dans toutes le tranches d'âge. Dans la plupart des tranches d'âge jusqu'à 60 ans, la progression est de 2 à 5 points. Au-delà de 60 ans, le taux est passé de 36% à 49%. En parallèle on constate une baisse de la proportion de dirigeants de moins de 40 ans, de 20% en 2004 à 15% en 2011. Le rapport indique que cela peut résulter d'un environnement économique et de perspectives de pérennité de l’affaire beaucoup plus tendus dans le contexte actuel qu’en 2006.

En fait, c'est probablement plus que le simple environnement économique qui pousse plus de dirigeants à céder ; ne serait-ce pas aussi un environnement règlementaire de plus en plus contraignant, un environnement fiscal toujours plus instable et, un certain découragement qui en résulte pour beaucoup d'entrepreneurs.

 

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 19:40

Par bien des aspects, Eurofins est une entreprise de croissance idéale, telle qu'on en aimerait voir se multiplier dans le paysage industriel français.

 

Son fondateur, Gilles Martin a à son actif, la création d'Objectifs Maths avec Hervé Lecat dès sa première année à l'Ecole Centrale Paris. Cette société proposait un soutien scolaire aux élèves en difficulté par des étudiants en Grandes Ecoles. Aux Etats-Unis où il effectue un service VSNE, il travaille au sein d'une start-up qui développe des logiciels d'imagerie médicale en résonance magnétique nucléaire (RMN). A son retour en 1987, il fonde Eurofins en rachetant les droits d'un procédé d'analyse RMN des produits, découvert dans les labos de l'université de Nantes par ses parents. Ce procédé permettait de déterminer les composants avec lesquels les vins ont été fabriqués puis a été étendu aux jus de fruit et autres boissons non alcoolisées.

 

A partir de 1997, Eurofins a fait l'acquisition de laboratoires d'analyse, dotés de technologies et d'un savoir-faire uniques tout en s'implantant dans de nouveaux pays. Ce développement a été financé notamment par une introduction au Nouveau Marché en 1997 et au Neuer Markt en 2000, Gilles Martin et sa famille conservant le contrôle. En 2000, Eurofins avait 1000 employés, 30 laboratoires dont 2/3 en Europe et un chiffre d'affaires de 60 millions €. L'offre s'est considérablement élargie dans trois métiers : analyses alimentaires, pharmaceutiques et environnementales et sur des niches clés comme l’information génomique et l’analyse des contaminants.

 

Dans les années 2000, Eurofins a poursuivi une stratégie d'intégration des laboratoires, visant à améliorer sa compétitivité, tout en combinant croissance organique et acquisitions ciblées. Avec plus de 10 000 employés, 150 laboratoires dans 30 pays en Europe, en Amérique et en Asie, Eurofins a réalisé en 2011 un chiffre d'affaires consolidé de 829 millions € et un bénéfice net de 57 millions €. Le portefeuille du groupe est riche de plus de 100 000 méthodes d'analyse.

 

Le projet est de poursuivre la croissance en s'appuyant sur ce portefeuille, en l'élargissant, sur l’accroissement des ventes croisées entre laboratoires à l’intérieur du groupe et sur l'ouverture de nouveaux laboratoires en Chine et en Asie. Le groupe souhaite devenir le numéro un mondial des services bio-analytiques.

 

Le déménagement du siège à Luxembourg

 

Le 2 mai 2007, la société holding du groupe Eurofins Scientific dont le siège est à Nantes, s'est transformée de société anonyme en société européenne. Le groupe est déjà organisé en sociétés holding par branche d'activité, avec siège au Luxembourg. Lors de l'assemblée générale des actionnaires du 11 janvier 2012, une majorité de près de 85% s'est prononcée pour le transfert du siège à Luxembourg. Un seul actionnaire minoritaire ayant demandé le rachat de 316 actions à 63 €, le conseil d'administration du 2 mars 2012 a donné le feu vert à l'opération.

 

Pourquoi ce déménagement ? Le groupe souhaite tranquilliser tout le monde en indiquant que les laboratoires situés à Nantes qui emploient plus de 500 personnes, vont y rester et que Nantes reste le siège des activités françaises. Eurofins reste cotée sur le marché boursier de Paris. Le communiqué de la société du 17 janvier 2012, souligne que les objectifs sont de renforcer l'intégration juridique et financière du Groupe et d'améliorer son organisation et sa compétitivité. Selon Les Echos, Gilles Martin aurait déclaré que le déménagement est prévu parce que « le centre de gravité économique du groupe s'est déplacé progressivement vers l'Europe du Nord. » Ce que dit Gilles Martin est bien sûr vrai avec des ventes 2011 réparties entre France : 18%, Allemagne : 21%, Europe du Nord : 18%, Benelux : 9% et UK+ Irlande : 6% du total. Il ne serait pas « motivé par des raisons fiscales ou de droit des sociétés plus favorables aux actionnaires majoritaires au Luxembourg. » En fait, l'intégration des holdings de branches d'activité avec la holding de tête dans le même pays, permet sûrement de simplifier les obligations de l'ensemble vis à vis des services fiscaux. Déjà au départ, Eurofins a choisi de longue date d'établir ses holdings de branche à Luxembourg, visant une réduction des coûts administratifs et juridiques. La cerise sur le gâteau sera une diminution des charges patronales pour les employés du siège et une réduction du taux de TVA ; mais ce sont a priori des économies marginales. Ce transfert permet au groupe de s'affranchir de l'instabilité fiscale qui est une maladie française chronique, avec des instructions de plusieurs centaines de pages chaque fois qu'une nouvelle mesure est mise en place par les technocrates de Bercy, qu'il est vraiment très coûteux de maîtriser quand on est une ETI de forte croissance comme Eurofins.

 

Eurofins est assurément un petit groupe comparé aux mastodontes du CAC40, mais je suis prêt à parier que cela va donner des idées aux grands groupes, surtout lorsque les candidats à la présidentielle annoncent qu'un impôt sur le chiffre d'affaires sera institué. Et il faudra envisager le doublement de l'autoroute Metz – Luxembourg pour permettre aux français d'aller travailler là-bas chaque jour sans difficulté.

 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 17:07

Le 26/02/2012 à 23h37, la terre a tremblé dans la vallée de l'Ubaye : une petite secousse qui a secoué les bibelots et les lampes, fait vibrer les cloisons de notre maison et nous a réveillé en sursaut. Heureusement aucun dégât n'a été recensé dans toute la vallée, seulement un peu d'émotion parmi les valleyants qui sont vite sortis dans les rues de Barcelonnette. La secousse a été ressentie dans un rayon de 200 km autour de l'épicentre, jusqu'à Grenoble et Nice.

 

Selon le réseau Sismalp de l'Institut des Sciences de la Terre, la magnitude de ce séisme a été de 4,4 sur l'échelle de Richter (d'autres rapports donnent 4,9). L'épicentre était situé à 6 km de profondeur, à 12 km de Barcelonnette et 3 km de Saint Paul, un village de la haute vallée de l'Ubaye. Une réplique de magnitude 3,7 a été ressentie une heure après.

 

Selon le BRGM (Bureau de Recherche Géologique et Minière), ce séisme correspond au mouvement normal d’une des failles actives du système de failles de Serenne, orienté NO-SE, qui est visible depuis le sud de Briançon jusqu’à la vallée de l’Ubaye. Plus au sud, il s’agit du système de failles NO-SE du Mercantour, lui aussi actif. A ce jour, le plus fort séisme lié au système de failles de Serenne, demeure celui du 5 avril 1959, de magnitude 5,6 et d'intensité VII-VIII (*), à proximité de Saint-Paul et qui a provoqué des dégâts importants. Une partie de la voute de l'église du XVIIè siècle, s'est effondrée. Grâce à un mexicain originaire du village, les dégâts ont été réparés.

Un autre séisme le 19 mars 1935, d’intensité VII s'est produit également au voisinage de l’épicentre du séisme ressenti le 26 février 2012.

 

Outre les évènements historiques connus le long du système de failles de Serenne, la vallée de l’Ubaye est marquée régulièrement par des petites crises sismiques, dont celles de 1976-1977, de 1989 et de 2003-2004, qui durent seulement quelques semaines, avec des magnitudes oscillant entre 1 à 3. Le système de failles de Serenne se caractérise par un réseau de failles assez dense, mais dont les tracés restent peu visibles à la surface du sol. La longueur de ce système est d’environ 60 km. En profondeur, le système de failles attendrait une dizaine de kilomètres de largeur. 


Une étude d’aléa sismique réalisée par le BRGM en 2009 suggère des périodes de retour le long du système de failles de Serenne : de l’ordre de 130 ans (± 10) pour un séisme de magnitude 4,0 ; de l’ordre de 300 ans (± 20), pour un séisme de magnitude 5,0 ; de l’ordre de 1700 ans (± 50) pour un séisme de magnitude 6,0.

 

 

Il faut bien se dire que l'ensemble de la France, à l'exception des bassins parisien et aquitain, est sujet à une activité sismique, mais qui reste toujours de faible intensité, le séisme le plus intense des 100 dernières et quelques années ayant été enregistré à Lambesc de Provence en 1909 avec une magnitude de 6.


Ce qui est sans rapport avec ce qui se produit dans d'autres régions du globe, par exemple au Japon.


(*) Définition des intensités selon lʼEchelle " Européenne – EMS98 Intensité"

Effets et ressentis

I : Non ressenti

II : Rarement ressenti

III : Faiblement ressenti

IV : Largement ressenti

V : Fort

VI : Dégâts Léger

VII : Dégâts

VIII : Dégâts importants 

IX : Destructions

X : Destructions importantes

 XI : Catastrophe

 XII : Catastrophe généralisée

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 19:32

Le marché automobile américain semble en train de basculer : en 2011, les ventes de voitures hybrides sont tombées à 2,2% du marché, après avoir été à hauteur de 2,4% en 2010 et 2,8% en 2009.

 

Selon BusinessWeek, de plus en plus d'américains font la comparaison entre la Prius et des voitures comme la Ford Fiesta, la Chevrolet Cruze ou la Hyundai Elantra et cela tourne en faveur de ces voitures conventionnelles à essence. Leurs performances de consommation se sont tellement améliorées ces dernières années qu'elles se rapprochent de celles d'une Prius, autour de 5 à 6 litres/100 km et qu'il devient toujours plus difficile d'accepter de payer une voiture hybride $ 6 000 plus cher (différence entre une Prius et une Fiesta). Les observateurs du marché avancent que de nombreuses voitures conventionnelles vont être lancées aux Etats-Unis cette année avec des consommations encore améliorées de l'ordre de 20%. Ce qui va rendre la vie des hybrides plus compliquée, notamment celle de la Prius qui détient 50% de ce marché de niche.

 

 

Le marché auto américain réagit vigoureusement aux variations du prix du pétrole

 

Nous devons nous rappeler que l'essence est très peu taxée aux Etats-Unis, cela rend donc son prix très volatil, en fonction du prix du pétrole sur le marché. Actuellement, selon les Etats, les taxes sur l'essence varient de 20 ¢ / gallon à 50 ¢ / gallon alors que les prix à la pompe vont de $ 3 à plus de $ 5 ($ 0,8 à $ 1,32/litre ; un gallon = 3,78 litres) ; en moyenne, les taxes constituent donc environ 10% du prix.

A titre de comparaison, les carburants supportent en France la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques anciennement TIPP) qui est d'un montant fixe en euros / litre et la TVA à 19,6% sur le prix comprenant la TICPE. La TICPE est actuellement de 0,61 € / litre pour l'essence et de 0,43 € / litre pour le gazole. Sur un litre d'essence à 1,60 €, on trouvera qu'il y a 0,87 € de taxes soit 54% (pour le gazole à 1,45 €, il y a 0,67 € de taxes soit 46%).

Depuis les premiers chocs pétroliers, on constate que les américains réagissent très vite aux variations du prix à la pompe qui suivent de très près le prix du baril. Ils délaissent les grosses cylindrées et achètent en masse les petites voitures. De ce côté-ci de l'Atlantique, le niveau élevé des taxes est une constante européenne et bien sûr française, qui a relativement isolé les automobilistes des variations du prix du pétrole mais qui a forcé les constructeurs à améliorer les consommations depuis des décennies.

 

On peut penser que les constructeurs automobiles américains – GM et Ford en tête, ont pris conscience que la hausse du prix du pétrole allait être suffisamment durable pour justifier des investissements importants dans l'amélioration des consommations de leur produits. Ils proposent maintenant sur les voitures les plus standards : des boîtes à 8 vitesses, l'injection directe, un turbo et tout un florilège de contrôles électroniques. Sur les voitures les plus puissantes, les V6 et les moteurs à 4 cylindres remplacent les gros V8, sans vraiment compromettre les performances mais en améliorant les consommations de manière spectaculaire.

 

 

Une innovation de rupture : la Chevrolet Volt

 

Un consensus se dégage aux Etats-Unis, considérant que les hybrides devront améliorer considérablement leurs consommations pour redresser la situation. D'autant plus que dans le même temps, General Motors s'est réveillé et a lancé début 2011, un nouveau véhicule que l'on peut considérer comme une innovation de rupture : la Chevrolet Volt. Au lieu du système compliqué de l'hybride popularisé par Toyota, qui attèle simultanément le moteur thermique et le moteur électrique, la Volt est uniquement propulsée par un moteur électrique, un petit moteur thermique de 84 ch servant à recharger la batterie quand cela devient nécessaire. La recharge sur le secteur à 220V prend environ 6 heures.

Ce nouveau concept a soulevé un grand enthousiasme, qui reste coûteux puisque la Volt est vendue 42 000 € en Europe sous le nom Opel Ampera (mais n'est pas encore vendue en France). L'autonomie électrique est de 40 à 80 km ; avec l'appoint du moteur thermique, elle est supérieure à 500km.

Un point noir cependant : la consommation monte à 6 litres /100 km quand la batterie est déchargée. Mais d'après Opel, la consommation est de 1,2 litre /100km et l'émission de CO2 de 27 g/km selon les normes européennes, soit bien moins que tout autre voiture ayant une autonomie similaire.

 

Le concept de la Volt est certainement doté d'un grand avenir car il est relativement simple, il produit zero émission dans les conditions d'utilisation les plus fréquents (les petits parcours) comme les voitures 100% électriques, mais avantage imparable sur ces dernières : il garantit une autonomie suffisante pour atteindre la prochaine station service dans toutes les conditions et permet ainsi d'effectuer de longs parcours. GM devrait travailler d'arrache-pied à la Volt 2 qui sera on l'espère, mieux finie, plus abordable et avec une plus faible consommation sur autoroute.

On peut penser que Nissan qui a énormément investi dans la voiture électrique, a un projet similaire dans ses cartons. Le potentiel en sera bien plus important que celui des voitures uniquement mues par une batterie comme la Leaf, la Zoe ou la Fluence de Renault.

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