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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 17:26

Depuis des mois, les media répètent en boucle ce que des gurus sans doute bien intentionnés leur ont inculqué : que les produits français ont une image de milieu de gamme, similaire aux produits espagnols alors que les coûts français sont au niveau allemand, alors que les produits allemands ont une image haut de gamme qui justifie sans difficulté des prix plus élevés. Ce positionnement défavorable des produits français serait un élément majeur empêchant la croissance et la baisse durable du chômage. En filigrane, il y a une critique des entrepreneurs français : ces derniers seraient incapables de réaliser et de positionner leurs produits en haut de gamme. Cette vision simpliste semble plaire aux media et peut-être implicitement aux politiques, et on n'entend guère de voix qui la remettent en question.

 

L'étude Made-In-Country 2017 de Statista

 

Une étude annuelle de Statista tend à prouver largement le contraire – Statista fondée en 2007, est un des leaders mondiaux en statistiques et études sur Internet avec plus de 250 experts, statisticiens et analystes. A l'origine de Statista, deux jeunes pousses allemandes situées à Hambourg, qui ont su s'imposer auprès de plate-formes Internet qui reprennent leurs analyses en tant que partenaires : Mashable.com, Business Insider, Wall Street Journal, The Independent et Forbes. On observera la forte présence de partenaires américains, ce qui fait supposer qu'une grande partie de l'activité de Statista provient de l'Amérique du Nord.

 

L'étude réalisée début 2017 auprès de 43 000 consommateurs de 52 pays, correspondant à 90% de la population mondiale, a porté sur les propriétés que ces consommateurs associent aux produits de chacun des pays et sur les réponses à une question plus globale : "Sur de nombreux produits, vous trouvez une indication sur le pays où chaque produit est fabriqué ; quel est votre opinion sur les produits "Made in ...?"

 

Le meilleur score a été obtenu par les produits allemands (100/100), suivis de très près par les produits suisses (98/100), puis par un concept introduit par l'UE et qu'a repris Statista : les produits fabriqués en Europe (92/100). Ensuite : Royaume-Uni (91), Suède (90), Canada (85), Italie (84) et groupés au 8è rang avec le même score : Japon, France et Etats-Unis (81). L'Espagne se trouve au 20ème rang avec un score de 64 derrière la Finlande, la Norvège, les Pays-Bas, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Danemark, l'Autriche, la Belgique et l'Irlande ... mais devant la Corée du Sud et Singapour. Curieusement, la Chine se trouve au 51ème et avant-dernier rang avec un score de 28, derrière le Bangladesh et suivie par l'Iran ! Autre anomalie, Israël est 44 ème (36) au même niveau que l'Inde.

 

Que penser de l'étude de Statista ?

 

On peut se demander – sans mauvaise foi, si Statista étant une société allemande, cela n'explique pas en partie l'excellent score de l'Allemagne ... N'oublions pas l'un des atouts des entreprises allemandes à l'international : elles savent chasser en meute !

Le bon score obtenu par les produits fabriqués en Europe s'explique à mon sens par le poids important de l'Allemagne dans le commerce mondial : les produits allemands sont les plus connus dans le monde entier et leur excellente image s'étend aux autres produits européens, appuyée par la très bonne image d'autres origines comme la Suisse, le Royaume-Uni, la Suède et l'Italie. Et la France n'est pas loin, ce qui au total doit dépasser les 80% du commerce des pays d'Europe avec le reste du monde.

On peut également penser qu'une forte proportion de consommateurs interrogés sont des européens, Statista se gardant bien d'indiquer leur répartition par pays. Il en résulte que les pays européens sont globalement bien classés, parce que leurs produits circulent d'abord au sein de l'Europe et sont mieux connus des Européens que ceux venant du reste du Monde.

On ne peut s'empêcher de juger qu'il y ait un biais négatif dans l'étude à l'égard de certaines origines comme la Chine et Israël. Pourtant la Chine se détache dans l'étude avec une très bonne image de rapport qualité-prix ... Le faible score signifie sans doute qu'à part cet attribut, la Chine ressort avec de faibles scores : malgré le fort courant d'achat de produits chinois dans de nombreux pays comme la France, ils ont probablement de faibles scores sur des propriétés comme le design d'excellence, l'originalité, le symbole de prestige, l'authenticité et la durabilité.

Quant à Israël, il souffre sans doute d'une connotation politique, notamment vis-à-vis des européens, ce qui pénalise l'image de ses produits auprès des consommateurs.

 

Et le Made In France ?

 

D'après l'étude, on voit que la France se détache nettement par rapport à l'Espagne sur le plan de l'image des produits, avec un score nettement supérieur, ce qui contredit les déclarations des media.

Sur le plan des échanges avec l'Espagne, la France est un exportateur net (à hauteur de 1 milliard € en 2015), ce qui démontre que, malgré la faible compétitivité supposée de la France, cette dernière réussit à vendre plus qu'elle n'achète ...

Je suis tenté d'affirmer que les media perdent toute crédibilité, en citant l'Espagne comme un concurrent direct proposant des produits comparables à la France, avec lequel elle serait en position de faiblesse.

Ce qui est certain, c'est que la France est en position de faiblesse avec son premier partenaire commercial : l'Allemagne. Avec un niveau des ventes et des achats entre les deux pays largement supérieur à ce qu'il est avec n'importe quel autre pays : exportations 71,4 Md€, importations 86,7 Md€ en 2015 (nº2 export Etats-Unis 32,6 Md€, nº2 import Chine 46,8 Md€), le solde est négatif à hauteur de 15,3 Md€, soit la moitié du déficit de la balance commerciale française.

Les propriétés associées aux produits français qui se détachent le plus, sont les suivantes : la haute qualité, le design d'excellence et le symbole de prestige ; pour ces propriétés, les scores de la France sont égaux ou supérieurs au double du score moyen. Il est très probable que les produits soient considérés comme chers puisqu'associé à un score élevé en haute qualité, on observe un rapport qualité-prix inférieur à la moyenne.

 

 

 

 

 

L'intérêt de ce diagramme est de permettre d'identifier des domaines où les producteurs français pourraient investir afin d'améliorer leur image et leur potentiel dans d'autres pays : notamment en termes de durabilité qui apparait comme rarement citée, et rapport qualité prix.

 

On notera au passage que les produits allemands obtiennent leurs meilleurs scores en haute qualité (1,5 fois le score français) et normes de sécurité élevées (double du score français), les japonais en technologie de pointe (+165% du score français), les suisses en symbole de prestige et authenticité (quasiment à parité avec les produits français sur ces propriétés : 22/20 et 21/19) et les italiens en originalité (les produits français ne sont pas loin) et design d'excellence. Cela ne vous étonnera certainement pas !

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 22:23

La France se trouve dans le trio de tête des nations les plus innovantes mais que cela signifie t'il ? En effet, depuis quelques années, Clarivate Analytics classe la France sur le podium des nations les plus innovantes. Naturellement tout le monde, media et politiques notamment se réjouit de ce beau résultat. Mais on peut se demander à quoi cela correspond quand la croissance se traîne à 1,1% comme cela vient d'être annoncé par l'INSEE pour 2016.

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 22:14

Ces dernières temps, les économistes français se sont penchés sur la compétitivité de la France, pour tenter de la caractériser et éventuellement proposer des solutions pour l'améliorer.

On trouve notamment chez Natixis des analyses comparatives avec d'autres pays sur les 10 dernières années.  

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 16:52

Juste un petit regard derrière nous : l'entrepreneur existait bien avant le salarié, c'est véritablement le plus ancien métier de l'homme ; au cours des âges, les éleveurs, les agriculteurs, les commerçants, les artisans puis les premiers industriels furent d'abord des entrepreneurs. Et ce n'est que lorsque leur réussite a conduit au développement de leur entreprise, qu'ils ont été amenés à engager du personnel pour les aider, et que le salariat a été créé.

 

Ce que nous constatons aujourd'hui avec la magnifique dynamique en faveur de l'entrepreneuriat, est un juste retour aux sources. Et ne devons-nous pas considérer que le salariat qui s'est considérablement développé lors de la "révolution industrielle" a commencé sa décroissance ? Une enquête récente de l'Agence France Entrepreneurs auprès de 1700 personnes de 18 ans et plus selon la méthode des quotas, montre que 46% d'entre elles jugent que la carrière d'entrepreneur(e) est la plus intéressante et parmi elles, 32% ont été placées à un moment ou un autre de leur existence dans une dynamique entrepreneuriale. Alors se lancer, n'est-il pas seulement pour beaucoup une question de prise de risque, de définition de projet, d'opportunité à saisir, tout en surmontant la peur de l'échec.

 

Pourquoi cet engouement pour l'entrepreneuriat ?

 

L'entrepreneuriat a beaucoup d'attraits : autonomie dans le travail, relever des défis, créativité, réalisation de rêves. Mais ce que nous voyons sous nos yeux depuis les dernières décennies, c'est qu'il est devenu bien plus facile d'entreprendre ; tout particulièrement, les nouvelles technologies ont ouvert d'innombrables possibilités demandant moins de capital qu'autrefois tout en ouvrant très vite le monde entier comme marché, alors qu'autrefois il fallait des années pour s'étendre dans d'autres pays. La concurrence est naturellement très vive, donc le risque toujours là, mais les opportunités de créer des produits différents pour satisfaire de nouveaux besoins sont devenues innombrables.

 

L'ingénieur Centralien créateur d'entreprise(s)

 

Depuis toujours, les ingénieurs Centraliens ont été nombreux à créer des entreprises, bien que l'entrepreneuriat était loin d'être une valeur enseignée dans les Ecole. Mais la formation et la culture généralistes acquises dans les Ecoles comme Centrale, ont toujours été un terreau particulièrement fertile pour développer une activité notamment industrielle. Ceux qui ont créé alors avaient certainement une envie forte, ce qui leur a permis de mener à bien leurs projets.

 

Aujourd'hui l'entrepreneuriat est une valeur pleinement intégrée et assumée par les Ecoles Centrale. En phase avec l'évolution récente, la création d'entreprise est encouragée et facilitée. En particulier, les partenariats stratégiques avec les Ecoles de Commerce et les incubateurs internes apportent des éléments complémentaires et importants qui rendent la création plus aisée.

 

La création d'entreprise à la portée de tous

 

L'enquête le montre bien, le courant actuel le confirme : la création d'entreprise est devenue plus que jamais à la portée de tous. Et plus tôt vous le faites, plus ce sera facile de rebondir, d'adapter votre projet et d'en lancer d'autres par la suite. Car il y a de bonnes chances que vous créiez plusieurs entreprises dans votre vie, comme d'autres auront plusieurs métiers.

Comme l'indique l'enquête, au moins un tiers d'entre vous lecteurs, sera entrepreneur un jour, pourquoi pas demain ?

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 21:27

Le Forum économique mondial sort chaque année une étude où il tente de mesurer la capacité de chaque pays à s'adapter au monde qui change

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 14:07

Le souffle de l'entrepreneuriat que l'on ressent en France depuis quelque temps, prendrait-il une belle ampleur : selon le récent baromètre du cabinet EY, les levées de fonds en capital-risque ont doublé en 2015 par rapport à 2014 pour atteindre 1,8 milliards €. Cela signifie que de plus en plus de projets d'entreprise ambitieux ont la faveur d'investisseurs qui sont prêts à mettre sur la table des fonds plus importants. L'auteur du baromètre est effectivement très enthousiaste, mais il note cependant que la France ne fait que combler son retard au niveau européen, face notamment à la Grande Bretagne et à l'Allemagne où 4.6 et 2,8 milliards € ont été respectivement levés soit 33% et 20% des fonds levés en Europe (13% pour la France). On constate en passant que ces 3 pays constituent les 2/3 des fonds levés en Europe, alors qu'ils ne représentent que 42% de la population. Les autres pays sont donc encore plus en retard ...

 

Comme dans beaucoup de domaines, personne ne nous attend et tout le monde progresse, bénéficiant du même environnement porteur.

Qu'est-ce qui contribue à cette dynamique ? les taux d'intérêt très bas et la faible rentabilité de beaucoup d'investissements, poussent sûrement les particuliers et les fonds vers des participations dans les jeunes entreprises aux belles perspectives de croissance ; l'accès aux marchés hors des frontières est de plus en plus facilité par les réseaux, par l'accélération des communications, par un commerce international en croissance, ce qui motive de nombreuses jeunes pousses vers un développement export, ce qui à son tour suscite des besoins importants en financement ; en parallèle, les outils à disposition des entrepreneurs deviennent moins coûteux et plus performants, notamment pour la réalisation de plate-formes Internet, ce qui permet d'envisager et de réaliser une croissance rapide quand l'exécution d'une vision ambitieuse est au rendez-vous.

 

Deux indicateurs importants sont le nombre d'opérations de levées de fonds et le montant moyen : de 2014 à 2015, on est passé en France de 372 à 484 opérations soit +30%, et de 3,1 à 3,7 millions € par opération. Il faut toutefois prendre en compte les deux levées très importantes de BlaBlaCar (177 millions €) et de Sigfox (100 millions €) qui biaisent la moyenne.

Avec 484 opérations, c'est 21% des opérations européennes qui ont été réalisées en France (contre 25% en Grande Bretagne et 17% en Allemagne), un pourcentage bien supérieur au pourcentage des fonds levés.

Cela confirme le rattrapage en cours : des levées de fonds en plus grand nombre qu'ailleurs et pour des montants plus faibles ont eu lieu en France. Cela signifie-t'il que les jeunes pousses françaises se trouvent dans une phase plus "early stage" et qu'il y a un très fort potentiel de croissance à venir et des opérations nettement plus importantes à prévoir en 2016.

Simultanément, il n'y a en France qu'une seule "licorne" – jeune pousse valorisée à plus de 1 Md$ (Blablacar) alors qu'il y en a 6 en Grande Bretagne et 4 en Allemagne.

A suivre avec attention, car l'évolution combinée de tous ces indicateurs témoignera ou non d'une vraie croissance en provenance de toutes ces jeunes pousses. La clef est bien sûr de dépasser le stade des incubateurs et autres levées de fonds "early stage", de renouveler des taux de croissance annuels à 2 chiffres de l'activité via un développement accéléré sur les marchés cibles à l'international.

 

Le dynamisme de l'entrepreneuriat féminin

 

Un autre indice du dynamisme entrepreneurial qui s'est installé en France, ce sont les chiffres dévoilés par la branche française du réseau Girls in Tech qui lui aussi communique avec son propre baromètre : les femmes qui entreprennent en technologie ont levé 90 millions € en 2015, soit 3,5 fois plus qu'en 2014 ; et 50% des femmes créatrices d'entreprise on levé des fonds en amorçage (32% des hommes), ce qui indique qu'encore plus pour les entrepreneuses françaises, on se trouve en début de croissance de leurs projets.

Les opérations les plus importantes sont VestiaireCollective (33 M€), Connecthings (9,5 M€) et 1001Pharmacies (6,5 M€).

A noter que plus de la moitié des entrepreneuses se lancent associées avec des hommes : je suis prêt à parier que c'est un facteur qui contribue au succès des projets.

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 16:05

Entendons-nous sur ce qu'est réellement l'innovation ? Un vieux proverbe d'entrepreneur proclame que "l'innovation c'est transformer des idées en factures".

Le processus idée –> développement –> mise en oeuvre et exécution –> résultats ne s'appelle vraiment innovation que si les résultats sont positifs, que si la valeur ajoutée est significative.

En pratique, pour une entreprise, on peut par exemple mesurer la capacité d'innovation par la proportion du chiffre d'affaires ou des bénéfices réalisée avec des produits ou des services ou encore un canal de distribution (par exemple un nouveau réseau de boutiques) qui ont été lancés il y a moins de x années, le nombre x étant déterminé selon la vitesse d'évolution du domaine d'activité ou une proportion de la durée de vie des produits.

 

Contrairement à une idée fort répandue, l'investissement est loin de créer nécessairement de l'innovation. Un exemple remarquable est celui des grands groupes pharmaceutiques qui investissent chaque année des sommes considérables en recherche et développement  (R&D) sans nécessairement découvrir ou créer de nouveaux médicaments. Un autre exemple est le cas de Kodak dont les investissements gigantesques en R&D n'ont pas empêché la déconfiture. De même, ce n'est pas parce qu'une jeune pousse lève des fonds importants auprès d'investisseurs, que ses ventes vont se développer en proportion. Dans chacun de ces cas, l'innovation – qui se traduit en ventes croissantes rentables, n'est pas nécessairement au rendez-vous.

 

De même, dans notre pays, la plupart du temps, l'innovation dont on parle est en fait uniquement de l'innovation qui aurait sa source dans la R&D. Alors qu'à l'évidence, l'innovation peut se développer dans tous les domaines : commercial, marketing, design, ergonomie, service, production, logistique, comptable,... On considère trop souvent que cette innovation générée par la R&D est le facteur essentiel à l'origine de la croissance des entreprises et de la croissance des emplois.

En fait, l'histoire des entreprises montre que l'innovation dans d'autres domaines que la R&D, est à l'origine de développements tout aussi importants.

 

Une étude récente du Boston Consulting Group met en avant les éléments clefs qui permettent de transformer avec succès des idées en innovation et propose un classement mondial de 50 entreprises les plus innovantes. On ne sera pas surpris d'y voir 29 américaines sur les 50, 11 européennes et 10 asiatiques. Seules 2 entreprises françaises sont présentes, AXA (22ème) et Renault (33ème).

Sans surprise, l'on voit en tête du classement : 1-Apple, 2-Google, 3-Tesla Motors, 4-Microsoft et 5-Samsung. Sur les 11 européennes, il y a 7 allemandes : 7-BMW, 10-Daimler, 11-Bayer, 25-Allianz, 29-BASF, 30-Siemens, 35-Volkswagen ! A part les 2 françaises, il y a une suisse (Roche) et une anglaise (BT Group).

 

La vitesse prend de plus en plus d'importance

L'obstacle le plus fréquemment cité qui s'oppose à l'obtention de bons résultats à partir de l'innovation et du développement de produits, est la durée excessive du développement. De plus les innovateurs rapides sont aussi les plus forts et les plus perturbateurs, ceux qui bouleversent le plus le marché. Lancer rapidement de nouveaux produits conduit à générer plus de ventes.

Par exemple, Zara a construit son succès en créant et en lançant ses nouvelles collections en 2 à 4 semaines. Alors que traditionnellement, la création et le lancement de nouvelles collections de mode prenaient plusieurs mois.

Les entreprises qui sont organisées pour réaliser rapidement de l'innovation présentent de nombreux avantages compétitifs : elles peuvent réagir plus vite face aux actions de la concurrence et aux évolutions du marché ; leurs coûts de développement sont plus réduits ; elles parviennent à construire une part plus élevée du marché avant que les produits ne deviennent matures ; leurs prévisions sont plus précises.

La clef du succès est bien sûr dans l'exécution, dans la capacité à la fois de développer rapidement les nouveaux produits ou services et de les livrer rapidement aux clients.

Il apparaît que c'est l'ensemble de l'entreprise qui doit se mobiliser : en simplifiant tous les processus, en rendant les équipes responsables d'un projet 100% engagées dans la réalisation dudit projet.

 

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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 09:45

Le crédit d'impôt recherche (CIR) est un dispositif considéré comme à l'origine de la compétitivité de la France dans le domaine de la recherche, de l'innovation et du fait que de nombreuses entreprises étrangères y installent des centres de recherche. C'est la plus grosse "niche fiscale" et selon des termes convenus, repris en coeur par de nombreux consultants et commentateurs, il s'agit d'une aide aux entreprises. Le Medef et les chefs d'entreprise interrogés par les media le considèrent comme essentiel : il ne faut surtout pas y toucher.

 

Acies, un cabinet de conseil spécialisé dans l'assistance des entreprises en matière de crédit impôt recherche, vient de sortir son Cahier nº4 de l'Observatoire du CIR qui chante les louanges de ce merveilleux dispositif. On peut les comprendre : c'est l'existence même de ce dispositif qui lui permet de vivre et de développer son activité comme de nombreux autres cabinets de conseil, dont le leader Alma Consulting Group.

 

Un dispositif au succès croissant depuis 2004

 

Le dispositif a été créé en 1983, avec pour objectif d'inciter les entreprises à investir en recherche et en développement ; longtemps, les montants déclarés et rétrocédés au titre du CIR sont restés très limités ; le frein principal était la quasi certitude que l'entreprise déposant une déclaration de CIR serait soumise à un contrôle fiscal à brève échéance. Cela a laissé pendant des années des traces dans l'univers des PME. Il y a une dizaine d'années, j'ai rencontré un chef d'entreprise qui m'a raconté qu'il trainait depuis le début des années 90 un litige avec l'administration fiscale suite à une déclaration de CIR ; naturellement il s'était bien juré de ne plus jamais y recourir.

Depuis des instructions ont été données, des réformes ont été menées en 2004 et en 2008, et peu à peu les entreprises n'ont plus hésité à effectuer des déclarations, le risque de contrôle fiscal s'étant considérablement atténué.

Les montants versés au titre du CIR qui plafonnaient jusque là autour de 500 millions d'€, ont commencé à décoller en 2004 (890 millions €) pour monter à 1,8 milliards € en 2007, avec un nouveau saut en 2008 à 4,45 milliards €. Depuis la progression est devenue marginale, les montants se situant à 5,33 milliards € pour 2012. En parallèle le nombre d'entreprises déclarantes a été multiplié par 4, autour de 20 400 en 2012. Cette dynamique semble avoir été stoppée par une recrudescence des contrôles fiscaux qui ont donné lieu à des rectifications qui ont progressé de 33 M€ en 2008 à 271 M€ en 2012. Depuis le nombre d'entreprises déclarantes diminue.

Bien que personne ne le dise, Bercy a sûrement donné des instructions pour que la progression des montants versés soit arrêtée, car ils commençaient à avoir un impact trop important et non prévu sur le budget de l'Etat !

 

Le crédit d'impôt innovation

 

Un nouveau dispositif, le crédit d'impôt innovation (CII) a été créé en 2013 pour les PME ; le taux est de 20% des montants déclarés au lieu de 30% pour le CIR. Présenté comme un élargissement des dispositifs d'aide aux entreprises, il est censé supporter la conception de prototypes ou d’installations pilotes de produits nouveaux. Pour mémoire un projet éligible au CIR doit faire progresser l’état de l’art, c’est à dire les connaissances scientifiques et techniques disponibles au début des travaux. En fait, la frontière entre les 2 crédits d'impôt étant assez floue et sujette à diverses interprétations, il apparait que le CII est un piège qui permet à l'administration fiscale de requalifier le CIR et de réduire le montant versé sans pour autant annuler l'éligibilité.

 

Le débat sur le CIR

 

Périodiquement, un débat nait au sein des politiques, du parlement et du gouvernement : beaucoup considèrent que le CIR provoque un effet d'aubaine et que les entreprises n'investiraient pas plus avec le CIR que sans. D'autres prétendent que l'aide fiscale a bien un effet stimulant.

En réalité, son effet est très probablement structurant depuis le début des années 2000 où l'industrie qui concentre comme dans la plupart des pays, 80% de la recherche privée, a vu sa part du PIB baisser aux alentours de 12/13% alors qu'elle s'est maintenue au-dessus de 20% en Allemagne. En parallèle, la R&D privée a augmenté de 22 Md€ en 2012 à 29 Md€ en 2011 (soit une croissance moyenne de 2,8% par an)

Trois secteurs ont connu un accroissement particulièrement élevé de l'intensité de leur R&D : les produits informatiques, électroniques et optiques, l'industrie automobile et l'industrie pharmaceutique.

Ce qui est certain est que le CIR a pour effet une baisse du coût moyen d'un chercheur en entreprise. Selon l'étude 2015 de l'ANRT (Association Nationale de la Recherche et de la Technologie qui rassemble plus de 300 entreprises privées et acteurs de la recherche publique), si le coût d'un chercheur français avec incitations (CIR et subventions) est de 100, il serait de 135 sans incitations ; aux Etats-Unis il est de 165, en Allemagne de 119, au Japon de 116, en Grande Bretagne, Belgique et Pays-Bas de 114, en Chine de 77, en Espagne de 73 et en Inde de 53 ! En quelque sorte, le CIR permet de ramener le coût d'un chercheur en France à un niveau très compétitif. Il compense en fait un niveau global de charges bien supérieur aux autres pays développés : selon une étude 2015 de PWC, ce niveau global de charges est de 67% en France, 48% dans les pays du G8 et 41% en moyenne dans l'OCDE.

Il semble jouer le même rôle pour le coût des chercheurs que le CICE pour les bas salaires.

Ceci explique notamment les nombreux projets d'implantation de centres de R&D en France, que de nombreuses grandes entreprises internationales maintiennent une grande partie de leurs effectifs de R&D en France (en tous cas très supérieur au poids de la France dans leur chiffre d'affaires global) et une croissance relativement rapide des dépenses de R&D.

 

Mais est-ce bien efficace ?

 

Le CIR comme le CICE reflète l'idéologie interventionniste qui domine la classe politique française et qui est certainement très incrustée à Bercy ; en particulier, la conviction qu'avec l'outil fiscal, on peut modeler les comportements des acteurs économiques – les entreprises comme les individus. Dans le cas du CIR, il s'agit de la croyance que la R&D et l'innovation technologique améliore la compétitivité des enterprises et est à la source de la croissance économique : en baissant le coût des chercheurs, les entreprises vont devenir plus compétitives et vont croître plus vite, entrainant toute l'économie. On est obligé de constater que cette stratégie industrielle qui ne dit pas son nom, est un échec : les dépenses de R&D augmentent à un rythme qu'on aimerait voir transférer à la croissance économique globale du pays. Mais il n'en est rien et l'économie stagne.

 

De nombreux effets contraires

 

En réalité, de nombreux effets contraires viennent limiter l'obtention de bons résultats économiques. Les grandes entreprises maintiennent ou même développent leur R&D en France mais dans le même temps, elles réduisent la production en France ; témoin l'industrie automobile qui a divisé par deux le nombre d'employés dans les usines en 10 ans : les salaires dans les usines sont au-dessus du niveau du CICE (2,5 x SMIC) qui n'a donc aucun effet sur leur compétitivité ; ils subissent de plein fouet un niveau des charges 20 à 30% plus élevé qu'ailleurs. Il en est de même des équipes commerciales notamment export, qui sont pourtant essentielles pour développer les ventes : à quoi sert de créer des produits innovants si les coûts commerciaux sont trop élevés et ne permettent pas d'être présent de manière compétitive sur tous les marchés cibles. 

Le CIR cible particulièrement l'aide aux PME, en se fondant sur la croyance que la croissance économique viendra d'elles. Mais pour elles, un bon spécialiste export coûtera 3 à 4 fois celui d'un chercheur subventionné par le CIR.

On notera au passage qu'il existe des aides à l'export (crédit d'impot export et assurance prospection de la Coface — qui est une aide remboursable), mais ces aides ne contribuent à compenser que les frais liés à l'activité export et les indemnités versées aux VIE (volontaires  internationaux en entreprise) et dans le cas du crédit d'impot, conditionnées par le recrutement d'un commercial et plafonnées à 40k€ ; il en résulte que leur impact est très limité, si nécessaire, la preuve en est qu'elles ne sont pratiquement jamais évoquées dans les débats ou les études. A l'opposé, le CIR n'est pas plafonné et compense directement les charges de personnel en R&D.

 

Un autre effet contraire : afin de se protéger contre les contrôles fiscaux et les rectifications pénalisantes, les PME ont recours aux services de sociétés de conseil qui les aident à préparer des dossiers de justification transmis à l'administration fiscale en réponse aux nombreuses questions posées après chaque déclaration avec demande de "restitution anticipée". Les honoraires de ces sociétés se montent typiquement à 15/20% du CIR, réduisant effectivement le CIR à 24% des charges de R&D après règlement de ces honoraires. C'est ainsi que toute une industrie s'est créée, parasitant le versement du CIR. En parallèle, l'administration fiscale a du recruter et former à grands frais toute une catégorie d'inspecteurs capable d'analyser la grande diversité des dossiers qui lui sont soumis. Le coût pour la collectivité de ces inspecteurs est bien sûr inconnu. Avec la création du CII, les choses ne se sont pas simplifiées.

 

L'inertie intrinsèque du CIR

 

Un dernier effet contraire : les déclarations de CIR sont remises en mai de chaque année avec la liasse fiscale, pour des charges de R&D étalées sur l'année précédente, donc datant en moyenne du 1er juillet de l'année précédente. La restitution s'effectue selon les aléas du contrôle, la disponibilité des contrôleurs et les demandes complémentaires, dans le courant du 4ème trimestre soit environ 16 mois après les dépenses réelles. Il en résulte qu'a minima, l'entreprise a dû avancer la trésorerie correspondante et en conséquence, différer d'autant les investissements ou autres dépenses telles que des recrutements, le lancement de nouveaux projets de R&D ou l'introduction des nouveaux produits issus de la R&D. Pour les ETI et grandes entreprises, l'effet retard est encore plus important puisque le CIR leur est versé 3 ans après chaque déclaration.

 

Le lecteur conviendra que la réduction des charges sur l'ensemble du personnel des entreprises serait une solution a) éliminant les parasites (sociétés de conseil), b) qui rétablirait l'équilibre des coûts avec les investissements commerciaux et de marketing, c) qui aurait un effet immédiat sur la compétitivité des entreprises.

En l'état, le CIR a un effet peu dynamisant et aide difficielement les entreprises françaises qui sont en concurrence avec les entreprises étrangères qui bénéficient d'un financement direct – donc soit préalable soit simultané aux charges de R&D, C'est le cas des entreprises espagnoles, allemandes ou américaines. Ce dernier facteur est sans aucun doute le plus important et explique en grande partie le faible impact du CIR sur la croissance.

Comme l'indique une étude récente du BCG sur les 50 entreprises les plus innovantes au Monde, la vitesse à laquelle les innovations sont mises en place et lancées sur le marché est un facteur incontournable de leur réussite. Dans ce classement, Apple et Google caracolent en tête, avec une vitesse d'exécution des innovations inégalée. Les seules entreprises francaises du lot sont Axa et Renault (qui bénéficie largement de son partenariat avec Nissan). Avec la lenteur et les aléas de la restitution du CIR, on peut affirmer que si les innovations issues de la R&D des entreprises débouchent sur une réussite commerciale, ce ne sera pas grâce au CIR.

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 19:43

Ludwik Leibler, fondateur et directeur du laboratoire Matière Molle et Chimie de l'ESPCI, a reçu en juin 2015, le prix de l'inventeur européen décerné par l'Office européen de Brevets pour la création d'une nouvelle classe de matériau : le vitrimère.

 

Le vitrimère : un matériau façonnable et "durable"

Comme le plastique,

il est très résistant, léger et insoluble, il peut être utilisé comme une résine thermodurcissable telle que l'époxy. Suivant sa conception, il peut être mou et flexible ou solide et résistant,

Comme le verre,

il est façonnable à chaud à volonté, recyclable et réparable sous l’action de la chaleur. Comme le verre, il passe progressivement de l'état liquide à l'état solide et vice versa. Il est possible de réaliser des soudures et des réparations par pression à chaud, ce qui est impossible pour un plastique : une fois cuites, on ne peut plus modifier la forme des résines plastiques.

 

Le vitrimère est constitué d'un réseau de molécules qui se réorganise lorsqu'il est chauffé sans changer le nombre de liaisons entre les atomes. Ce qui explique sa stabilité et la reversibilité de ses caractéristiques.

 

Les applications du vitrimère sont potentiellement innombrables, là où les résines régnaient jusqu'à maintenant : les planches à voile, les bateaux de plaisance, les skis, circuits imprimés, structures aéronautiques, etc. Conçus en vitrimère, ils seront désormais réparables et recyclables.

 

Ludwik Leibler, un chercheur et inventeur exceptionnel

 

Ludwik Leibler, né en Pologne, venu en France après un doctorat en physique de l'université de Varsovie, a effectué un stage post-doctoral au Collège de France et au CEA, sous la direction de Pierre-Gilles de Gennes.

Il a très vite développé ses travaux de recherche au CNRS en partenariat étroit avec le monde industriel, a créé en 1996 un laboratoire mixte CNRS/Elf-Atochem dans le domaine des polymères et des colloïdes, et fonde en 2001 le laboratoire Matière Molle et Chimie de l'ESPCI/CNRS. Ce laboratoire comprend sept chercheurs permanents et une vingtaine de thésards et post-docs.

Il invente des matériaux co-continus aux propriétés mécaniques exceptionnelles, puis en 2008 avec Arkema, un caoutchouc auto-cicatrisant, en 2011 le vitrimère et tout dernièrement en 2014, une technique révolutionnaire permettant de faire adhérer entre eux des gels et des tissus biologiques.

Il est notamment depuis 2004 membre de la National Academy of Engineering des Etats-Unis et a déposé plus de 50 brevets.

 

Un futur prix Nobel ?

 

On peut certainement rêver que Ludwik Leibler reçoive un jour pas très lointain le prix Nobel de Chimie. Ce qui constituerait le 7ème prix Nobel reçu par des chercheurs de l'ESPCI, après Pierre Curie (fondateur de l'Ecole), Marie Curie, Eve et Frédéric Jolliot Curie, Pierre-Gilles de Gennes, Georges Charpak.

Ce qui renforcera encore la preuve qu'un établissement de petite taille, à la culture de recherche fondamentale orientée vers les applications innovantes et créatives, peut réussir d'une manière récurrente.

Ce qui n'est pas le cas des grandes structures type mastodontes qui ont la faveur des politiques et des bureaucrates des ministères – à titre d'exemple la nouvelle COMUE de Lyon St Etienne avec 140 000 étudiants. Et tout cela pour essayer de monter dans le classement de Shanghaï !

Sans coup férir, l'ESPCI se place dans les 300ème à ce classement, non loin de Polytechnique et en tête de toutes les Ecoles françaises pour les dépôts de brevets.

 

Et c'est heureux que la Ville de Paris dont dépend l'ESPCI ait décidé enfin de réhabiliter et agrandir l'Ecole toujours située sur la Montagne Sainte Geneviève en investissant 176
millions € d'ici à 2022.

 

La rentrée 2015 à l'ESPCI

 

Et une dernière nouvelle, un très bonne nouvelle nous arrive de l'ESPCI : à la rentrée 2015, il y a stricte parité entre les nouveaux élèves ingénieurs, 45 filles et 45 garçons. A noter que 30 filles sur 45 viennent des prépas Physique-Chimie.

 

L'ESPCI : un modèle pour les autres Ecoles d'ingénieurs

 

On peut se demander pourquoi le modèle de l'ESPCI n'inspire pas plus d'autres Ecoles. On constate que les Ecoles des Mines sont aussi très performantes pour ce qui est de la recherche partenariale avec l'industrie et quelques autres comme l'Ecole Centrale de Lyon, qui a su développer un laboratoire de renommée mondiale : le LTDS (tribologie - science des contacts et des frottements, et dynamique des systèmes) qui collabore à une grande échelle avec l'industrie.

Clairement, l'ESPCI est un modèle en termes de formation à l'innovation et à la créativité et de relations enseignement-recherche-industrie.

C'est ce dont nous avons besoin pour redynamiser notre industrie, qui a tant perdu dans les 10 dernières années. Aux dernières nouvelles, l'industrie ne constitue plus que 11% du PIB français contre 27% en Allemagne. Et quand on sait que l'industrie est un facteur qui entraîne toute l'économie, les services, l'immobilier, les exportations ...

 

L'ESPCI n'accueille que 90 étudiants par promotion, dont la majorité poursuit ensuite une thèse de doctorat.

A l'opposé, des Ecoles comme Centrale Paris qui a fusionné avec Supelec (1000 élèves par promotion) pratiquent la course à la taille : pour quelle stratégie ? Former des ingénieurs qui vont aller dans les services, la distribution, la finance, les assurances, des ingénieurs qui très vite ambitionnent de devenir managers, loin de la création de produits, loin de l'innovation technologique. J'estime que l'on déraille et c'est grave car l'enseignement supérieur d'aujourd'hui c'est l'élite de la France de demain.

 

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 21:18

Selon des études récentes du FMI et de l'OCDE, à partir d'un certain niveau, les inégalités induisent une baisse de croissance. Au contraire, la réduction des inégalités autoriserait une augmentation de la croissance.

Est-ce bien certain ?

 

Le niveau des inégalités est mesuré par un indicateur appelé coefficient de Gini. Ce coefficient est égal à 0 quand l'égalité de revenu est parfaite et à 1 quand tout le revenu va à un seul individu. Selon l'OCDE, ce coefficient a fortement augmenté entre 1985 et 2011-2012 pour de nombreux pays développés : 5 points en Allemagne, 6 points aux États-Unis, en Israël et en Nouvelle-Zélande, 7 en Finlande, et 8 points en Suède. Par contre, il est pratiquement inchangé en France, aux Pays-Bas et en Belgique. Il a même baissé en Grèce et en Turquie de 4 points (on peut émettre des doutes sur la qualité des statistiques remontant à 1985 pour la Turquie).

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