Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 20:51

DreamUp Vision a été créée en juin 2016 à la suite d'un projet développé au cours d'un Hackaton organisé en mars 2015 par Novartis sur les problèmes des diabétiques.

Les deux fondateurs : Ekaterina Retinskaya Besse, diplômée de l'université Lomonosov de Moscou et docteur en physique théorique du CEA Saclay, et Nicolas Meric, docteur en physique des particules du CERN viennent de DreamQuark, une société fondée en 2014 par ce dernier ; DreamQuark a pour vocation d'aider les sociétés d'assurance et du domaine de la santé à mieux utiliser leurs données afin d'améliorer leurs modèles de prévision.

DreamUp Vision est hébergée par l'incubateur de l'Institut de la Vision, au sein de l'hôpital des Quinze-Vingt, à Paris.

 

Nos fondateurs ont rassemblé une équipe de haut niveau spécialisée en intelligence artificielle, notamment en apprentissage automatique ("deep learning"), et passionnée pour son application au domaine médical. Dans ce domaine, l'accès aux données est primordial pour permettre aux algorithmes de devenir "intelligents", c'est-à-dire savoir identifier la présence d'une pathologie lors d'une analyse en la comparant à des milliers d'analyses de patients atteints de la même pathologie.

Au départ, l'équipe de DreamUp Vision s'est intéressée à la rétinopathie diabétique « parce qu’elle est très fréquente, mais aussi parce qu’il y a une grande quantité d’images disponibles. Pour d’autres problèmes ophtalmologiques, comme la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), nous sommes freinés par le manque de données » comme l'a déclaré Johan Ferret, l’un des analystes de DreamUp Vision. Ils ont pu ainsi poursuivre l'apprentissage de leur programme avec 90 000 images de fond d’œil de patients atteints de la pathologie. Les résultats paraissent particulièrement probants : selon Ekaterina Besse, la maladie est dépistée dans 97,5 % des cas, contre 96 à 98 % par les ophtalmologues. Les essais cliniques sont en cours et la commercialisation est attendue pour fin 2017.

 

Selon DreamUp Vision, il y aurait 39 millions de non voyants dans le monde, soit environ 5‰ de la population mondiale – cette évaluation semble excessive considérant que la proportion de non voyants dans les pays développés est d'environ 1‰ ; celle des malvoyants serait d'environ 285 millions. Les principales causes de déficience visuelle sont la cataracte, le glaucome, la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), les opacités cornéennes, la rétinopathie diabétique et les affections oculaires chez les enfants. Dans des pays comme l'Inde ou l'Afrique centrale, le mauvais état sanitaire et l'absence de prévention et de soins engendrent une fréquence très importante des problèmes oculaires. Mais en parallèle, le surpoids et l'obésité dans les autres pays augmentent la proportion de diabétiques, une situation qui empire depuis des décennies – le nombre de diabétiques serait susceptible d'augmenter de 53% d'ici à 2030. Statistiquement, 75% des personnes diabétiques depuis plus de 20 ans sont atteintes de rétinopathie diabétique (RD). Et comme pour beaucoup de pathologies, un diagnostic précoce, permet de freiner et même de stopper le développement de la maladie.

 

Un diagnostic efficace pour le plus grand nombre !

 

Il y a une pénurie mondiale de spécialistes ophtalmologues, non seulement dans notre pays, en Europe, mais encore plus dans les pays où il y en aurait le plus besoin : l'Inde, l'Afrique,... On peut imaginer que la technique de diagnostic développée par DreamUpVision puisse être mise en oeuvre par des généralistes au cours d'examens qui, idéalement, devraient avoir lieu au moins tous les ans ...

Peut-être les camions d'Essilor qui circulent dans les campagnes des pays tropicaux pour réaliser sur place des lunettes à un dollar, traiter les cataractes, ... pourront-elles dans un futur proche, diagnostiquer la rétinopathie diabétique et pourquoi pas la DMLA (qui elle aussi peut être traitée efficacement si le diagnostic est précoce) ?

Ou cela pourrait faire partie du programme Eye Mitra qu'Essilor a récemment lancé en Inde pour former et accompagner de jeunes entrepreneurs dans la création de centres de soins ophtalmiques ? A ce jour 3 000 start-ups ont été ainsi créées et selon Hubert Sagnières, PDG d'Essilor, 10 000 le seront avant 2020, surtout dans les campagnes indiennes.

 

Repost 0
Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
commenter cet article
28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 21:33

Dans un article récent des Echos, Jean-Baptiste Rudelle, PDG cofondateur de Criteo et président du club de jeunes entreprises The Galion (*), aborde une question rarement évoquée par les créateurs d'entreprise : comment répartir le capital initial d'une entreprise ? Dans un dossier publié sur le site du club, https://thegalionproject.com/blog/story/1178/comment-repartir-le-capital-de-depart-entre-fondateurs, JB Rudelle détaille une méthodologie complète pour guider les équipes et prendre la meilleure décision de répartition du capital.

 

Une enquête auprès de 70 entrepreneurs membres du Galion (le club en comprend maintenant plus de 120), a montré qu'un courte majorité d'entre eux ont décidé d'une répartition inégalitaire, où certains ont plus de capital que d'autres. Pourtant, les indices mentionnés par JB Rudelle – montant des levées de fonds, valorisations de sortie, donnent largement l'avantage à ce mode de répartition. En particulier, les montants des fonds levés sont en moyenne deux fois plus importants dans le cas d'une répartition inégalitaire. Naturellement JB Rudelle modère ces résultats en indiquant qu'on ne peut "affirmer qu'une répartition égale conduit forcément à l'échec" (sic).

 

A l'évidence, JB Rudelle fait pencher largement la balance en faveur d'une répartition inégalitaire. Sa méthodologie met l'accent sur des éléments mesurables qui conduiront à des évaluations chiffrées des parts de capital détenues par chaque fondateur ; il y a cependant d'autres éléments qui à mon sens, auront en fait plus de poids.

 

L'ambition du projet

 

Plutôt que de s'arrêter aux chiffres, il me parait important de voir ce qui se profile derrière eux : pour appuyer une levée de fonds, il faut un projet de développement motivé, structuré et crédible. Plus le projet est ambitieux, plus le montant à lever sera important. La crédibilité repose certainement sur la qualité de l'équipe qui le porte et sur l'expérience du CEO mais aussi sur la clarté de sa vision, sa personnalité et son charisme et sa capacité d'entrainement et de prise de décision, son envie et son audace, qui seront perçues et appréciées par les investisseurs. Si le projet entrepreneurial est ambitieux, c'est qu'un héros en est le premier porteur.

 

JB Rudelle nous indique bien qu'"une équipe qui n’a pas clarifié dès le départ qui est censé trancher en dernier ressort fait fuir les investisseurs. Le choix de celui qui sera le CEO de la jeune pousse, est un élément très structurant du projet".

 

Dans la mesure où ce choix s'imposera aux autres fondateurs, le fait que le CEO détiendra une part plus importante du capital devrait s'imposer de lui-même.

 

Une situation particulièrement risquée : 50/50

 

J'irai plus loin que JB Rudelle : la répartition 50/50 du capital entre deux fondateurs est à éviter, c'est une situation très risquée. Il se peut qu'il y ait au démarrage de l'entreprise une parfaite entente entre deux fondateurs, une vision et des valeurs partagées ; dans ces conditions, ils sont souvent tentés de ne pas différencier leur part du capital, craignant que cela affecte leur belle entente et déséquilibre leurs rapports. Mais c'est l'inverse qui peut se produire : c'est la répartition 50/50 qui risque de conduire à un blocage et une incapacité à prendre les décisions. Aucun des deux ne détient la majorité et toute décision requiert l'accord conjoint. Ce qui parfois débouche sur de graves dommages, y compris la dissolution de l'entreprise.

C'est un peu comparable à la situation des héritiers d'une propriété qui se trouvent en indivision : si il n'y a pas d'accord possible, le juge décidera de la vente de la propriété.

 

Les risques associés à la répartition égalitaire sont certainement perçus négativement par les investisseurs lors d'une levée de fonds ; ce qui explique en partie sans doute la constatation de JB Rudelle que dans ce cas, les fonds levés et les valorisations sont moins importants.

 

(*) Qu'est-ce-que The Galion ?

Il se définit ainsi : The Galion Project est un think tank qui réunit les entrepreneurs dont l'ambition est de changer le monde grâce à l'innovation de rupture. Le but est d'échanger ensemble pour construire les champions numériques de demain.

Nous partageons des expériences hors du commun grâce au kitesurf et aux sports de glisse.

Notre leitmotiv: « think and play ».

 

Repost 0
Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
commenter cet article
27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 22:05

L'Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) vient de publier son "palmarès" des déposants de brevets français pour 2016. Très naturellement, ce palmarès est un outil de communication et de promotion pour cet établissement public, dont le logiciel repose sur le principe que la propriété industrielle et la politique d'innovation doivent être alignés par les entreprises comme par les organismes de recherche.

Toute la sphère publique, et notamment la BPI mettent en avant le même logiciel. Ainsi, lorsque l'on répond à un appel à projets innovants visant à obtenir des financements publics, il est important d'inclure dans le dossier un plan de dépôt de brevets. Sinon, on est quasi certain de ne pas être retenu par le jury.

 

En préambule de son palmarès, l'INPI décerne des lauriers aux premiers du classement en précisant qu'ils représentent les "secteurs industriels où la France est en pointe".

On sera peut-être tenté d'en déduire que les autres secteurs, peu représentés, ne sont pas en pointe et que ne sont pas innovantes, les entreprises absentes du classement alors que leurs confrères et concurrents y sont bien présents. On remarquera que la présence dans le palmarès desdits secteurs et entreprises est récurrente année après année. Mais dans la réalité, la politique de brevets des entreprises ne se traduit pas nécessairement par une réussite plus ou moins accentuée. Ainsi depuis plus de 10 ans, sur un marché automobile où l'innovation est un facteur majeur, PSA a été en tête du palmarès — sauf en 2016, et  a déposé près de deux fois plus de brevets que Renault, alors que cette dernière a rattrapé et dépassé PSA en termes de chiffre d'affaires et encore plus en profitabilité.

Dans le secteur très technologique des cartes à puces, Oberthur apparait à la 20ème place alors que le leader mondial Gemalto, n'est pas présent dans le Top50, avec un chiffre d'affaires près de 4 fois plus élevé que son concurrent. Dans le domaine pharmaceutique, où pourtant les brevets ont une grande importance, réputé par ses investissements en R&D, aucune société n'apparait dans le palmarès.

 

 

Plusieurs facteurs entrent en jeu dans une stratégie de dépôts de brevets

 

- déposer un brevet conduit l'entreprise à communiquer sur une activité de recherche dans un domaine déterminé ; les concurrents sont alors informés sur les centres d'intérêt et les axes de sa recherche. Par défaut, les concurrents peuvent en déduire que d'autres domaines où il n'y a pas de publication de brevets, ne sont couverts par les recherches en cours.

 

- déposer des brevets plus ou moins solides mais en grand nombre, permet de bâtir une sorte de mur de protection pour un produit dont le brevet initial est en train de tomber dans le domaine public. C'est une stratégie fréquemment utilisée dans le domaine pharmaceutique pour protéger une formule médicamenteuse ancienne.

 

déposer des brevets dans un secteur très concurrentiel est une décision chargée de risques, surtout si des concurrents plus gros que vous sont prêts à en découdre et à attaquer vos brevets ; on considère que la défense d'un brevet coûte typiquement $1 million. C'est bien sûr hors de portée d'une start-up ou d'une PME, c'est une affaire pour les grandes entreprises. En témoignent les procès récents entre des géants comme Apple et Samsung

 

- démarrer une activité ou une entreprise en s'appuyant sur des brevets dont un organisme de recherche sera heureux de vous accorder la licence, est une opération à lancer avec beaucoup de précautions : si ces brevets sont attaqués, l'organisme de recherche n'aura jamais les ressources pour les défendre et vous serez laissé à vous-même pour en assurer la défense.

 

 

Comment analyser la stratégie de Valeo ?

 

Entre 2012 et 2016, Valeo a pratiquement triplé le nombre des brevets déposés chaque année, en venant à devenir le leader du palmarès 2016 passant de 393 à 994 dépôts. La croissance du chiffre d'affaires de la société a été très dynamique pendant ces dernières années, passant de 7,5 milliards € en 2009 à 16,5 milliards en 2016 et visant maintenant 27 milliards en 2021.

Mon sentiment est que Valeo construit un mur de protection dans les domaines où elle vise le leadership mondial : la voiture électrique, la voiture autonome et connectée et les nouveaux services numériques. On constate que les autres équipementiers automobiles sont distancés dans le palmarès : Bosch au 12ème rang, Continental au 17è, Plastic Omnium au 25è ... mais la concurrence est sévère.

Valeo investit chaque année 10% de son chiffre d'affaires en R&D et cela semble être la bonne formule pour croître de 10% par an ... Et il est assez évident que la stratégie brevets de Valéo est cohérente avec sa stratégie de croissance mondiale qui recherche la clientèle de tous les constructeurs automobiles, dans tous les pays.

Repost 0
Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
commenter cet article
28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 22:35

Le croissance du marché des smartphones ralentit depuis quelque temps. Sauf pour Crosscall qui s'est bâti une solide réputation en réalisant des téléphones durcis qui résistent à l'eau, au sable, à la boue, au froid, aux chutes.

 

Fondée fin 2009 à Aix-en-Provence par Cyril Vidal, Crosscall doit son origine à la constatation qu'il n'existait aucun téléphone portable résistant à l'usage éprouvant des chantiers comme des sports de plein air. Les premiers téléphones sortent en 2011 et le chiffre d'affaires s'envole pour atteindre les 30 M€ en 2016 avec près de 80 employés. D'abord commercialisé par les points de vente d'équipements et fournitures pour le BTP, les téléphones de Crosscall ont été ensuite vendus par les grandes surfaces de l'électronique et du sport comme Decathlon et surtout le Vieux Campeur et maintenant par SFR, Orange et Bouygues.

 

Crosscall lève 4,5 M€ en avril 2016 auprès d'ACG Management suivi de 2 M€ auprès de BPI afin de financer son développement international, et signe un accord avec Xtreme Distribution lui donnant accès à 37 000 points de vente dans le monde.

 

La gamme des produits Crosscall comprend actuellement une dizaine de téléphone d'un petit téléphone étanche avec double carte SIM à 60 € au smartphone 4G à écran de 4,5 pouces à 400 €. Il semble que la concurrence internationale actuelle de Crosscall soit le fait d'un tout petit nombre d'acteurs de taille similaire. Si Crosscall continue de tenir ses promesses de performance, de qualité et d'innovation, elle pourrait acquérir rapidement une position de leader, un peu comme GoPro l'a réussi en peu d'années. Mais attention : plus la position est élevée, plus la clientèle est exigeante.

Repost 0
Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
commenter cet article
26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 20:53

Au dernier CES de Las Vegas, la jeune pousse lyonnaise Twinswheel fondée en 2016 par Vincent et Benjamin Talon, deux frères jumeaux, à Saint-Genis-Laval, près de Lyon, a présenté son robot de livraison en milieu urbain. Ce n'est encore qu'un prototype, mais il semble avoir eu un grand succès.

 

En développement depuis 3 ans, par une équipe aguerrie d'automaticiens, ce robot appelé droïde, serait mis sur le marché dès 2020. Il parait que de nombreux groupes dont Daimler, s'affairent sur des projets similaires. Le marché est effectivement gigantesque, plusieurs milliards de colis sont ainsi livrés par an et cela ne fait que s'amplifier ; en milieu urbain, les drones d'Amazon ne sont pas vraiment utilisables et depuis longtemps, on incite les clients à aller chercher leurs colis à un dépôt, ce qui ne leur plait pas forcément, surtout quand le colis est un peu lourd. Et chacun se doute que la livraison personnalisée sur le dernier kilomètre est très coûteuse.

 

Le robot est conçu pour transporter un seul colis de 40kg maximum. Le robot lui-même ne pèse que 35kg et est haut de 70cm. Il roule jusqu'à 30km sur route (plus vite qu'un vélo) et à 6km/h sur les trottoirs, ralentissant à 2km/h quand son parcours est encombré. Il est bardé de capteurs, d'une caméra 3D, 4 caméras 2D et d'un lidar, un laser dédié à la détection des obstacles.

 

La jeune pousse est accompagnée par des groupes comme le division GeoPost de La Poste et Boulanger. Elle est actuellement hébergée par l'incubateur de l'EMLyon.

Par contre, au-delà des annonces produit faites à l'occasion du CES, on ne sait pratiquement rien sur la stratégie de développement, ses ressources financières. Est-elle en fait déjà une filiale de La Poste ?

 

Et pourtant, l'enjeu est très important et l'implication d'investisseurs bien connectés mondialement, notamment sur le marché américain apparait nécessaire pour que cette jeune pousse ait un vrai futur.

 

Repost 0
Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
commenter cet article
31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 22:08

Au dernier CES de Las Vegas, la jeune pousse lyonnaise Twinswheel a présenté son robot de livraison en milieu urbain. Ce n'est encore qu'un prototype, mais il semble avoir eu un grand succès.

Repost 0
Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
commenter cet article
31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 10:57

Galileo a été mis en service le 15 décembre 2016 avec le démarrage de ses premières fonctions. Ce système européen de localisation doit être pleinement opérationnel dans 4 ans, en 2020, quand l'ensemble de ses 30 satellites aura été mis sur orbite.

 

Le programme Galileo a été lancé en 1999, piloté conjointement par la Commission Européenne et l'Agence Spatiale Européenne, donc sous une gestion civile. Jusqu'à maintenant, le GPS américain développé et contrôlé par le DOD, Département de la Défense, et lancé en 1995, s'était imposé sur le marché de la localisation et des aides à la navigation. Le GPS a été initié dans les années 70 afin de permettre aux sous-marins atomiques américains de se positionner avec précision après de longues navigations en plongée. Egalement contrôlés par les militaires, le Glonass russe lancé en 1996, est devenu opérationnel en 2011, après une interruption due à la baisse des budgets, et le BeiDou/Compass chinois, d'abord déployé en 2000 pour couvrir la Chine seule, est en cours de mise en place pour une couverture mondiale. Galileo arrive donc sur un marché certes en plein développement, mais face à des concurrents aux objectifs stratégiques certains et aux poches profondes.

 

Le GPS au départ limité à une précision de 100m pour les usages civils et gratuits, a été libéré par les américains en 2000 avec une précision de 10m. De nouveaux satellites GPS sont en cours de lancement, dotés des dernières technologies, notamment des horloges atomiques plus précises, améliorant à terme la précision de la localisation.

Ainsi dans les années 2020 très proches, nous allons nous trouver en présence de 4 systèmes de navigation mondiaux concurrents aux performances similaires.

 

Ce sera certainement pour le plus grand bénéfice des utilisateurs. En particulier, un accord a été conclu pour que le GPS et Galileo soient interopérables et dès maintenant, de nombreux smartphones sont équipés de puces hybrides compatibles avec les 2 systèmes. Et les fournisseurs de composants ne manqueront pas de proposer de nouvelles puces communiquant avec le 4 systèmes, le marché des smartphones, des véhicules autonomes et de l'Internet des objets – potentiellement grands utilisateurs, étant lui aussi mondial. Ainsi, si un système est défaillant, les autres seront là pour assurer la continuité de la navigation et de la localisation. Il est probable que la combinaison des localisations obtenues avec les différents systèmes permettra d'obtenir une meilleure précision et une plus grande fiabilité dans les environnements perturbés et dans les espaces encaissés ou entourés de murs élevés.

 

Les avantages de Galileo

 

Selon ses promoteurs, Galileo a certainement de nombreux avantages techniques et services : une précision de l'ordre du mètre pour le service gratuit, ouvert au public, contre 10m pour le GPS actuel ; une offre payante destinée aux industriels avec une précision de l'ordre du centimètre ; la fourniture de l'heure et date avec une très grande précision ; l'authentification des signaux garantissant que les signaux reçus sont d'origine Galileo ; la localisation des avions et navires en détresse en complément du réseau de satellites Cospas Sarsat.

 

Cependant, le principal avantage de Galileo, celui qui a conduit à la décision de lancer le programme, est d'ordre stratégique, non militaire comme le sont, au moins initialement les 3 concurrents, mais économique et industriel. Cela est cohérent avec la volonté européenne, entraînée surtout par la France, l'Allemagne et l'Italie, de développer ensemble des programmes aéronautiques et spatiaux depuis des décennies. Il a de remarquable que, lancé il y a près de 20 ans, il s'avère correspondre à des applications en plein développement et au potentiel extraordinaire que sont notamment la téléphonie mobile, l'Internet de objets, la voiture autonome. Et à l'évidence, il est très important pour améliorer la compétitivité et dynamiser l'innovation de l'industrie européenne dans ces domaines d'application, de pouvoir collaborer avec un ecosystème ouvert et intégré à l'Europe : l'agence de la navigation par satellite européenne (GSA), basée à Prague qui démarrera en 2017 l'exploitation de Galileo, les entreprises partenaires du projet : le constructeur des satellites OHB-System (Münich) associé au britannique SSTL, l'ingénierie système de Thalès Alenia Space (coentreprise franco-italienne), les horloges atomiques de SpectraTime, filiale suisse du groupe français Orolia, l'exploitation des 20 bases terrestres de surveillance du système par Spaceopal (coentreprise DLR-Telespazio), les lanceurs d'Arianespace. Selon la commission européenne, une mission majeure de l'agence GSA sera de faire évoluer Galileo en fonction des besoins du marché civil. On peut imaginer que cette offre ne s'adresse pas seulement au marché européen mais aussi au reste du monde.

 

Ce projet ambitieux a subi quelques retards, notamment parce qu'il est ambitieux et que les budgets européens civils sont certainement plus contraints. Mais il est maintenant "sur orbite", constituant une nouvelle preuve que les Européens ensemble forment une équipe très performante. Au lieu de prendre l'Europe comme bouc émissaire, nos politiques seraient bien venus de citer ce programme comme exemple de ce que l'Europe nous apporte.

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
commenter cet article
29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 17:38

Après 15 ans de recherche, l'Institut de la vision de l'Université Pierre et Marie Curie (UPMC, dite aussi Paris 6) et d'autres centres en Europe, notamment l’Austrian Institute of Technology (AIT), ont conçu des capteurs imitant l'oeil humain ; ces capteurs constituent une des briques essentielles de la technologie de Pixium Vision, qui ambitionne de rendre la vue aux non-voyants souffrant de certaines pathologies (notamment DMLA) ; et en 2014, les chercheurs de l'Institut, Christoph Posch et Ryad Benosman associés avec Luca Verre, ingénieur de Centrale Lyon et MS du Politecnico di Milano, ont fondé Chronocam avec pour objectif de poursuivre le développement de ces capteurs en vue d'autres applications avec un capital initial de 750 000 euros auprès de business angels. Une nouvelle levée de 750 000 € a été réalisée en 2015 auprès de Robert Bosch Venture Capital et CEA Investissement.

 

La technologie – dénommée CCAM (Eye)oT, devenant opérationnelle, Chronocam a su intéresser un panel d'investisseurs de premier ordre en octobre 2016 et lever 15M$ auprès d'Intel Capital (pilote de la levée de fonds), Robert Bosch Venture Capital, iBionex GmbH, 360 Capital, CEA Investissement et le Groupe Renault. Cette levée de fonds a pour but premier d'accélérer le développement de la technologie. En plus d'investir dans la jeune pousse, Renault-Nissan vient de signer un accord de partenariat avec Chronocam ayant en ligne de mire : la mise au point de la voiture autonome et de systèmes très performants d'assistance à la conduite.

 

En quoi les capteurs de Chronocam sont-ils différents ?

 

Depuis son origine, la photographie s'attache à la reproduction de tous les événements dans le champ d'un objectif, et toutes les technologies qui en sont issues, films, video, caméras numériques, systèmes de traitement d'images, etc. procèdent du même principe : tous les points (pixels) d'une image sont enregistrés de la même manière. Malgré des performances en hausse permanente, les résultats sont imparfaits et les enregistrements sont loin d'être optimisés. En effet, on comprendra par exemple, qu'une caméra classique enregistrant ce qui défile devant un véhicule en marche captera de la même manière le ciel, le paysage et le revêtement de la route qui varient très peu et les véhicules que l'on croise, les obstacles qui peuvent surgir, les panneaux de signalisation, etc. dont l'image change rapidement. On obtiendra souvent une image floue et imprécise des éléments changeant rapidement alors que le ciel, le paysage et le revêtement sont clairs et bien définis. Ce résultat est à l'opposé de ce qui serait souhaitable : les éléments changeant rapidement sont évidemment de première importance pour la conduite du véhicule, les éléments variant peu demandant eux une surveillance réduite.

 

Au contraire, les capteurs de Chronocam sont conçus de sorte que chaque pixel réagit de façon indépendante aux variations de lumière et de couleur reçues et transmet un flux d'information correspondant à ces variations : ainsi un pixel face au ciel ou au paysage ne transmettra que très peu d'information alors qu'un pixel face à un obstacle enverra un flux important. Le traitement de ces données par les algorithmes développés par Chronocam permet de réaliser des images où les éléments fugitifs seront aussi clairs et précis que les éléments figés.

Ceci se combine avec plusieurs avantages majeurs : le flux global d'informations provenant d'un capteur Chronocam sera bien inférieur à celui d'un capteur classique, ce qui économisera de la puissance processeur et de la mémoire et la consommation d'énergie sera elle aussi plus faible. A l'opposé des systèmes de traitement d'image classique qui analysent des images entières – donc d'énormes volumes de données, pour en retirer des événements isolés et dynamiques, le capteur Chronocam fournira directement des informations précises sur ces événements isolés et dynamiques, sans noyer le système de traitement avec des informations redondantes sur les événements statiques.

 

En fait, l'oeil humain et par extension de tout animal, fonctionne de la même manière que le capteur de Chronocam : chacun observera que son oeil est d'abord attiré par ce qui bouge, ce qui change, laissant de côté ce qui n'est pas modifié dans son champ de vision. C'est particulièrement important et ressenti lorsque l'on conduit un véhicule : nous sommes toujours aux aguets pour détecter ce qui pourrait être un obstacle, notre attention laissant de côté le ciel et le paysage qui défilent.

Ce type de capteur imitant l'oeil humain et le système nerveux a été appelé neuromorphique.

 

Des performances inégalées

 

Selon Chronocam, son capteur présente des caractéristiques de son capteur dépassent très largement celles qu'on peut trouver associées dans un seul produit : une vitesse d’acquisition équivalente à 100 000 images/s), une gamme dynamique >120 dB, un fort taux de compression au niveau du capteur lui-même (100x) et une faible consommation (<10 mW).

Cela devrait lui ouvrir un boulevard dans une multitude d'applications où les performances combinées à la faible consommation seront très appréciées : bien sûr les véhicules autonomes comme Renault-Nissan et Bosch l'ont identifié, tout système de navigation automatique – que cela soit dans l'air, sur mer ou sur terre, la robotique industrielle et domestique, tous les domaines du contrôle et de la surveillance. On peut certainement imaginer que les pixels soient sélectifs en termes des gammes d'ondes électromagnétiques reçues : infrarouge, lumière visible, ultraviolet, etc.

 

Quelle ambition ?

 

Chronocam prévoit de passer de 25 employés à 50 d'ici un an, et de s'installer en 2017 en Californie. L'objectif serait d'atteindre en 2020 un chiffre d'affaires de plusieurs millions d'euros avec 150-200 personnes.

On aimerait en savoir plus, cette technologie offrant une telle rupture. Ce qui est très positif est que lors de la levée de fonds, elle a su s'appuyer sur des acteurs solides : Bosch, Renault-Nissan et Intel qui sont capables d'investir avec une vision long terme. Ils ne seront pas tenus de revendre leur participation à brève échéance. Et ils auront la capacité de poursuivre les investissements nécessaires pour un développement plus ambitieux que ce qui a été annoncé à ce jour.

 

 

Repost 0
Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
commenter cet article
30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 22:39

Nokia est une vieille compagnie finlandaise qui a su se métamorphoser il y a 20 ans en quittant l'industrie ancestrale du bois pour les nouvelles technologies

Repost 0
Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
commenter cet article
31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 21:43

Depuis plus d'un an, Navya a lancé l'Arma, un petit bus sans chauffeur pour 15 passagers, conçu pour circuler à 45km/h sur des sites privés. Créée en juin 2014 à Villeurbanne par Christophe Sapet, Navya bénéficie de plus de 10 ans de recherche en robotique, effectués par la société Induct.

 

Christophe Sapet diplômé de l'EMLyon et de Sup Chimie de Paris, est un entrepreneur expérimenté, qui a fondé l'éditeur de jeu video Infogrames en 1983 avec Bruno Bonnell, et le fournisseur d'accès Internet Infonie en 1995. Il a constitué une équipe d'une vingtaine d'ingénieurs et d'informaticiens qui développent les logiciels qui pilotent les navettes autonomes. Les systèmes de guidage des navettes font appel à plusieurs technologies : Lidars, caméras stéréovision, GPS RTK, IMU et odométrie. Un contrôle centralisé de ses déplacements est assuré à distance.

 

Navya fonde sa stratégie sur la vision d'infrastructures de transport non polluants dont le coût opérationnel serait réduit grâce à l'absence de chauffeur. Ainsi, ils pourraient accéder à des zones actuellement mal desservies et être disponibles 24h/24.

 

A son lancement, Navya était accompagnée par le fond d’investissement Robolution Capital, dont l'initiateur est Bruno Bonnell, CapDecisif Management avec le Fonds FRCI (Fonds Régional de Co-investissement de la Région Ile de France), le holding d’investissement Gravitation, un groupement de Business Angels ainsi que les salariés de l’entreprise.

Repost 0
Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
commenter cet article