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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 19:52

Fondée en juin 2013 par Hubert Thomas et Matthieu Kerhuel, ingénieur de Centrale Lyon, A2V (Advanced Aerodynamic Vessels) vient de dévoiler le 25 mars son premier prototype : un catamaran de 10,5m de long propulsé par 2 moteurs de 200 ch, embarquant 6 personnes. Il serait capable d'aller à 40 noeuds en consommant deux fois moins de carburant que les ferries rapides qui relient les iles au littoral.

 

Le principe permettant cette économie est l'utilisation de la portance aérodynamique du navire pour alléger la trainée dans l'eau. A mesure que le bateau accélère, la portance augmente et la coque se soulève lui permettant d'atteindre des vitesses élevées avec une consommation limitée.

 

Ce projet est soutenu par plusieurs "parrains" : l'Ecole Centrale de Nantes et l'incubateur Atlanpole, la start-up HydrOcean qui a validé la conception du prototype sans maquette de bassin, le chantier Fernand Hervé de La Rochelle qui l'a construit en composite, en 6 mois, des fonds privés qui ont apporté un million d'euros et des aides de la BPI à hauteur de 200 k€.

 

Photo : Yves Gaubert

 

HydrOcean

 

Créée en juillet 2007 par Erwan Jacquin, ingénieur et docteur de l'Ecole Centrale de Nantes, HydrOcean travaille en partenariat avec le Laboratoire de Mécanique des Fluides (ECN/CNRS) de l'Ecole. Avec des technologies de simulation numérique issues de ce laboratoire, elle développe et conçoit des navires, des bateaux de plaisance, des plates formes pétrolières, des éoliennes marines.

Comme dans beaucoup de domaines, la simulation permet de gagner du temps, de réduire les coûts de développement et notamment d'économiser les essais en bassin de carène.

Après 7 ans, HydrOcean est un bureau d'études en pleine croissance avec un chiffre d'affaires supérieur à 2,5 M€, un équipe de 21 personnes, dont 10 docteurs et 9 ingénieurs.

 

Les projets d'A2V

 

Cet été, le prototype bardé de capteurs va effectuer des essais en mer qui vont permettre de valider les prédictions de la simulation et de passer à la taille supérieure.

Plusieurs marchés sont envisagés : celui des travaux et forages en mer, avec des bateaux de service de 25m capables d’atteindre 60 noeuds et de transporter 60 personnes ; les navires à passagers classiques, avec une capacité allant jusqu’à 100 places ; la grande plaisance, où le nouveau concept pourrait séduire les propriétaires de yachts ; le domaine militaire et paramilitaire, dans la lutte contre le terrorisme, la piraterie et le narcotrafic.

 

On peut tout de même se demander comment un tel bateau se comportera par mauvais temps, avec une mer démontée et un vent soufflant en tempête. N'y a t'il pas de risque que la coque se désintègre sous l'effet des chocs et des efforts face à la houle et au vent ? Il faudra sûrement équiper les bateaux d'éléments de sécurité qui moduleront la vitesse en fonction des conditions de navigation.

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 21:40

Dans un récent article des Echos, Patrick Artus, économiste français de renom, s'inquiète du manque de productivité de la zone euro et du fait que, depuis la fin des années 90, la productivité du travail progresse pratiquement deux fois plus vite aux Etats-Unis que dans la zone euro. Et il conclut curieusement "qu'on ne sait pas exactement pourquoi la productivité recule dans la zone euro par rapport aux Etats-Unis."

Il observe cependant que l'investissement des entreprises en nouvelles technologies s'est établi autour de 4% du produit intérieur brut aux Etats-Unis à la fin des années 90 alors qu'il est resté en-dessous de 2% dans la zone euro. Et il indique que c'est "probablement l'absence de diffusion des nouvelles technologies" qui explique le retard de la zone euro.

 

Mais pourquoi n'est-il question que des entreprises ?

 

Je m'étonne que Patrick Artus ait oublié l'autre part de l'économie qui, dans un pays comme la France constitue plus de 50% de la production (56% en 2014) : le secteur public. On peut légitimement penser que les entreprises faisant face à la concurrence et aux contraintes du marché, investissent ce qui leur parait le mieux adapté en termes de nouvelles technologies. Par contre, le secteur public n'est nulle part soumis à la concurrence : quelles forces peuvent l'inciter à investir dans les nouvelles technologies et à augmenter sa productivité ? Il semble que seule une volonté politique affirmée et diffusée à tous les niveaux, notamment celui des collectivités locales, puisse l'inciter à investir dans les nouvelles technologies.

L'on ne cesse de nous parler de la compétitivité des entreprises qui serait la clef de la croissance, du retour du plein emploi et de la création de richesse. Mais quid de la compétitivité du secteur public, y compris des entreprises comme la SNCF qui détient un monopole protégé et est financée en grande partie par le contribuable ?

 

Les freins à l'adoption des nouvelles technologies par la sphère publique

 

Dans un pays comme la France, les fonctionnaires sont employés à vie, ce qui introduit à l'évidence un élément de rigidité phénoménal face à la mise en place au sein de la sphère publique, de nouvelles organisations et méthodes de travail que pourraient apporter les nouvelles technologies.

N'est-il pas vrai qu'avec l'évolution rapide du monde qui nous entoure, nous sommes et seront amenés à pratiquer successivement plusieurs métiers au long de notre vie ? Certains métiers disparaissent, de nouveaux émergent, les compétences requises pour un même métier changent. Les nouvelles technologies permettent de lancer de nouvelles activités et de créer des entreprises, à moindre coût avec bien moins de ressources. Avec un emploi à vie, la sphère publique n'est pas concernée !

 

L'histoire du logiciel Louvois de paie des armées qui a du être abandonné fin 2013 après 2 ans de dysfonctionnements, est certainement symptomatique des grandes difficultés de la sphère publique, pour mettre en place les nouvelles technologies. Non seulement plusieurs centaines de millions € ont été perdus, mais surtout, il y a eu une perte d'opportunités pour améliorer l'efficacité de la gestion de la paie des militaires. Ce qui est encore plus étonnant est que le ministre de la Défense a décidé de ne pas chercher de bouc émissaire pour "ne pas décapiter tout le monde". Voilà une belle garantie qu'aucun enseignement ne va être tiré de ce scandale, qu'aucune recherche d'amélioration ne va être entreprise et qu'on a tout lieu de penser que cette histoire pourra se reproduire dans l'avenir.

Une autre histoire de logiciel dysfonctionnant est apparue en 2013 : Chorus, le système comptable et financier de l'État, chargé de la facturation des prestataires privés et sous-traitants civils, qui a généré de nombreux impayés depuis son installation en 2009-2010. Les dysfonctionnements de ce système auraient mis en grandes difficultés de nombreuses PME clientes de l'Etat.

 

La Cours des Comptes épingle régulièrement les administrations et les entreprises publiques sur leurs dysfonctionnements et la gabegie qui en résulte. Mais ses recommandations ne sont pas contraignantes et peu d'entre elles sont suivies d'effet.

Dans son rapport public annuel 2015, elle a notamment indiqué que le 4 mars 2014, une réunion interministérielle a entériné l’abandon du projet de refonte du circuit de paie des agents de l’État, l’un des projets informatiques les plus ambitieux et les plus coûteux (346 M€) lancés par l’administration dans la période récente.

 

L'impact des difficultés d'adoption des nouvelles technologies par l'Etat va bien plus loin que le coût direct de ces projets ratés : il en résulte une perte d'amélioration de productivité qui pénalise l'économie dans sa globalité.

 

En supposant que la sphère publique américaine soit affectée des mêmes maux pour adopter les nouvelles technologies, on peut être assuré que l'impact négatif sur l'économie et sur l'amélioration de la productivité du pays serait deux fois moindre : la sphère publique est deux fois plus petite aux Etats Unis qu'en France.

 

La zone euro

 

Un autre facteur que Patrick Artus oublie de mentionner est le caractère unitaire du marché américain face à une zone euro fractionnée. On peut penser que les progrès de l'intégration européenne jusqu'à la fin des années 90, ont assuré une part de l'amélioration de la productivité et de la création de richesses : l'élimination des barrières douanières, un marché de plus en plus commun, soumis à des règles unitaires. La mise en place de l'euro a été le point d'orgue de ce processus. De bonnes intentions comme la déclaration de Lisbonne ont été exprimées, avec beaucoup d'optimisme. Mais elles n'ont pas été suivies d'effets et les pays de la zone euro ont poursuivi leurs politiques propres, notamment sur le plan budgétaire et fiscal et sur le plan du marché du travail. Depuis la création de l'euro, on n'arrête pas de faire des acrobaties pour maintenir la zone euro, alors qu'il faudrait poursuivre une intégration plus poussée. Seule la poursuite d'une intégration plus poussée procurera des éléments de productivité additionnels aux entreprises en Europe qui rendront le marché plus unitaire et plus proche du marché américain.

 

Mais à l'évidence, nous avons à la tête des grands pays de la zone euro des dirigeants dont la vision est surtout limitée à l'horizon des prochaines élections, et non orientée vers une intégration européenne susceptible de bénéficier à tous.

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 16:00

Un think tank anglais, le Center for Policy Studies, a publié en 2012 une étude tendant à montrer qu'il y a corrélation entre le taux de croissance de l'économie d'un pays et les prélèvements obligatoires en pourcentage du produit intérieur brut : plus les prélèvements sont élevés, plus le taux de croissance baisse. Certainement, ce genre d'étude apporte de l'eau au moulin de leaders comme Dave Cameron dont la philosophie est de réduire les impôts.

De ce côté-ci de la Manche, ce type de proposition est quasiment inaudible. Et pourtant, il est difficile de contester l'existence d'une corrélation.

 

L'IREF vient de réactualiser les données pour 7 pays dont les profils économiques sont similaires :

 

  Taux de croissance économique
(moyenne 2010-2014)
Prélèvements obligatoires (2013)
Danemark 0.6 % 48.6 %
France 1 % 45 %
Allemagne 2 % 36.7 %
Royaume-Uni 1.9 % 32.9 %
Canada 2.4 % 30.6 %
Suisse 2 % 27.1 %
Etats-Unis 2.2 % 25.4 %

 

Le lecteur jugera par lui-même et en tirera ses conclusions.

 

On peut s'interroger pourquoi, que les politiques soient de gauche ou de droite, ils ont laissé filer les prélèvements d'année en année. En parallèle, la croissance en France n'a fait que ralentir. Là aussi, la corrélation est saisissante.

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 12:18

Depuis plus de dix ans, les dirigeants et chefs d'entreprise expérimentés qui souhaitent investir dans des start-ups et participer à leur développement, s'associent dans des fonds d'investissement bien particuliers. A la différence des fonds traditionnels où les gestionnaires ne sont pas des investisseurs mais des financiers, les associés et investisseurs de ces fonds participent activement aux décisions d'investissement et ont effectivement un rôle opérationnel dans les entreprises où les fonds ont investi. Et certains institutionnels comme SCOR ou Aviva ainsi que des grandes familles, vont les rejoindre, faisant confiance à l'expérience opérationnelle d'anciens patrons.

Et ces anciens patrons sont là pour aider les créateurs d'entreprise à surmonter les obstacles lors des premières années de développement ou même à redresser une situation compromise.

 

La force de frappe de ces fonds est sans commune mesure avec celle des clubs de business angels. Ils peuvent accompagner les start-ups dans la durée, de l'amorçage au développement. Ce sont généralement des investisseurs de long terme, qui ne sont pas contraints par un calendrier de retour des fonds aux souscripteurs comme le sont de nombreux fonds à risque.

 

Parmi ces fonds on peut citer : Aurinvest, Agregator Capital, Pleiade Investissement, Fa Dièse.

 

 

Aurinvest

Agregator Capital

Pleiade Investissement

Fa Dièse

Création

2001

2002

2000

2001

Investisseurs

60 dirigeants

400 dirigeants et entrepreneurs

20

50

Montant géré

40 M€

400 M€

90 M€

40 M€

Secteurs cibles

NT et sciences de la vie

Tous secteurs excepté biotech, matières premières et industries lourdes

PME en développement, logiciels, services, industrie

Technologies industrielles et sciences de la vie

Tickets types

1 à 2 M€

2 à 5 M€

2 à 5 M€

1,5 M€

Nombre de participations

25

100

10

25

 

Note : les chiffres de ce tableau sont pour certains des estimations à partir d'informations obtenues via Internet.

 

Lorsque nos amis entrepreneurs sont à la recherche de partenaires pour financer leur croissance, ces fonds sont une option intéressante, un cran au-dessus de ce que peuvent apporter les business angels.

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 21:14

Depuis quelques années, l'impression 3D fait parler d'elle. En fait, elle existe depuis plus trente ans mais était cantonnée au domaine de la réalisation de prototypes et de pièces spéciales en très petites quantités destinées aux entreprises.

Eric Careel en lançant Sculpteo en 2009, un service en ligne de réalisation de pièces pour des particuliers, a commencé à populariser l'impression 3D auprès du grand public. Maintenant, c'est un sujet dont se sont emparés les politiques notamment dans les "34 plans de la nouvelle France industrielle".

 

Et depuis mai 2013, le Groupe Gorgé s'y intéresse en rachetant une toute jeune pousse : Phidias Technologies qu'il rebaptise Prodways. Cette jeune pousse a été créé par André-Luc Allanic qui est un des pionniers de l’impression 3D en Europe. Avant cela, il avait fondé Optoform en 1997 avec Philippe Schaeffer et l'avait vendu à 3D Systems en février 2001. Ce rachat a permis à 3D Systems d'intégrer la technologie d'impression 3D d'Optoform et de mettre en oeuvre de nouveaux matériaux d'impression : céramiques, métaux, composites.

Il semble que, grâce à ce rachat, 3D Systems a pris de l'avance sur ses concurrents.

 

André-Luc Allanic est resté quelque temps avec 3D Systems en tant que « Principal Scientist » avant de reprendre sa liberté et de créer Phidias Technologies.

Selon les déclarations lors du rachat par le Groupe Gorgé, A-L. Allanic souhaitait céder son entreprise et sa technologie à un groupe français capable de poursuivre le développement en France, d'un acteur important en impression 3D.

Prodways a ainsi développé des imprimantes de très haute résolution, capables pour les plus grandes de réaliser plus d’un demi-milliard de pixels par couche, sans augmenter le coût ou le temps de fabrication (technologie MOVINGLight®).

 

Le Groupe Gorgé manifeste une volonté claire d'investir et de développer rapidement Prodways, en recrutant des spécialistes, en ouvrant une filiale aux Etats-Unis en mars 2015 et en s'implantant en Corée via des distributeurs. Les ventes en 2014 ont atteint 5 millions € (dont 2,5 M€ au 4è trimestre) contre 100 000 € en 2013 ! Et sur les 2 premiers mois de 2015, les ventes seraient supérieures à celles du premier semestre 2014.

La chance de Prodways est qu'elle s'appuie sur un groupe ayant de solides ressources, un chiffre d'affaires de 223,3 M€ en 2014 (214,5 M€ en 2013)

 

L'histoire du Groupe Gorgé

 

L'aventure entrepreneuriale de ce groupe a débuté en 1990 par le rachat par Jean-Pierre Gorgé d'une petite société de robotique industrielle de 80 personnes qu'il a baptisée Finuchem. X et Sciences Po, J.-P. Gorgé a d'abord évolué à la DGA et au ministère de l'Industrie, puis au sein d'Alstom et Rhône Poulenc. Puis en 1992, il rachète ECA, un spécialiste des systèmes intelligents de sécurité, puis deux spécialistes de la robotique industrielle : Polymatic, en 1996 et Cimlec, en 1998. Finuchem puis ECA sont introduits en Bourse, respectivement en 1998 et 2004.

A ce moment, J.-P. Gorgé cède la direction opérationnelle à son fils Raphael, ingénieur de Centrale Marseille, et s'oriente vers une nouvelle aventure avec Auplata, un producteur d'or en Guyane française. Un holding familial, Pelican Venture coiffe tous ces investissements.

Avec l'arrivée de Raphael Gorgé, qui vient du monde du capital investissement, le groupe amorce son désengagement de la robotique pour l'automobile, qui est achevé en 2008. En dix ans, le groupe multiplie sa taille par 4 en se concentrant sur 3 segments et change de nom en Groupe Gorgé : la robotique de déminage sous-marin, le leadership mondial des portes de haute sécurité pour le nucléaire (après le rachat de Balisco en 2009) et le leadership européen des drones terrestres, marins et sous-marins.

 

En parallèle, le Groupe a repris en 2005, un spécialiste des robots de manipulation de plaquettes de silicium, la société Recif Technologies créée en 1991, alors en difficultés. Recif a été repris par Pelican Venture en 2009.

 

Dans la foulée de cette histoire assez mouvementée, le groupe se lance dans l'impression 3D en 2013. Et il vient d'annoncer l’acquisition d’Initial, un acteur important de la fabrication de pièces par impression 3D, situé à Annecy, et de Norge Systems, une start-up anglaise spécialisée dans la conception d’imprimantes 3D utilisant le frittage laser de poudres plastiques.

 

Face à des concurrents extrêmement agressifs comme les américains 3D Systems et Stratasys qui sont les leaders mondiaux actuels, j'ose donner une bonne chance au Groupe d'atteindre son objectif de devenir le 3ème mondial. Il en a la volonté entrepreneuriale et les ressources financières. Par contre, le marché français est fortement en retard avec seulement 3% du parc machines mondial, les Etats-Unis étant largement en tête avec 38% suivis du Japon et de la Chine (9% chacun). C'est sans doute une opportunité, mais il faut que les entreprises françaises investissent !  La croissance actuelle du marché est évaluée à 35% par an. Il faut donc aller encore plus vite pour prendre des parts à la concurrence. Mais dans ce type de situation, les positions peuvent évoluer très rapidement.

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 22:34

Plusieurs études récentes démontrent que les entreprises où l'encadrement est plus féminisé sont plus performantes.

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 18:15

Tronics fondée en 1997 par le Centralien Stéphane Renard, une société spécialiste des MEMS, vient d'être introduite en Bourse avec succès, sur le marché Alternext. Le 10 février, elle a levé 12 millions € alors que la demande s'élevait à 24,2 M€, accueillant Thalès et Safran à son capital et le public à hauteur de 10,9% du capital. Tronics était alors valorisée 45,8 M€.

 

Les MEMS

Réalisés avec les technologies de la microélectronique notamment celles du silicium, les MEMS ou microsystèmes électromécaniques, constituent des capteurs ou des actionneurs de très petites dimensions destinés à être produits en grande série à un faible coût unitaire.

Commercialisés depuis les années 80, les MEMS se sont rapidement développés avec des applications dans de nombreux domaines comme l'automobile, l'aéronautique, le médical, les télécommunications et tout récemment les smartphones, tablettes, drones et objets connectés. De nouvelles applications apparaissent en permanence et font que ce marché est en forte croissance.

Récemment, ces systèmes miniatures sont apparus dans des dimensions encore plus réduites sous le nom de nanosystèmes électromécaniques ou NEMS, des capteurs de la taille d'une puce électronique.

 

Le parcours de Tronics

Tronics est issue du CEA-Leti à Grenoble (qui est aussi à l'origine de Soitec créée également par un Centralien). Elle a poursuivi son développement avec des levées de fonds successives de 0,7 M€ (CDC Innovation en mars 2000), 0,8 M€ (CEA Investissement en mai 2001), 10,5 M€ en juillet 2001 (CDC Innovation, Sercel Holding, Schneider Electric Venture, Crédit Lyonnais Venture Capital et IXCore) qui lui ont permis de construire à Crolles une unité de production opérationnelle en 2003. Une nouvelle levée de 3 M€ en 2005 auprès des actionnaires historiques, a permis de compléter l'équipement du site de Crolles.

 

En 2008, un filiale de production est lancée à Dallas, hébergée par Honeywell et en 2012, une coentreprise Chinatronics est créée à Hong Kong avec le distributeur chinois, Era Spread.

 

En 2012, Tronics se lance avec le CEA-Leti et Movea, un spécialiste des algorithmes et solutions logicielles pour les MEMS, dans un partenariat ayant pour objet de développer la technologie M&NEMS. Cette technologie permet de combiner sur une même puce de 4 mm2 jusqu'à 10 axes de mesure (c'est-àdire 10 fonctions capteurs) : accéléromètres, gyromètres, magnétomètres, pression… et microphone. Ce partenariat est soutenu par le Ministère de l'Industrie à hauteur de 6,5 M€.

 

En 2013, Tronics qui était jusqu'alors, très largement dépendante de Sercel, constructeur d'équipements pour la prospection sismique pour les pétroliers, et filiale de CGG Veritas, avec 64% de ses ventes – certaines années jusqu'à 80%, décide de diversifier sa clientèle ...

 

En 2014, le projet ASIMUT (Advanced and Smart Inertial Measurement Unit) est lancé par Movea, avec Tronics, l’EASII-IC et le CEA-Leti, en vue de créer un système de navigation sans GPS pour piéton, utilisable dans les bâtiments et les souterrains de transport.

En mi-2014, Sercel ne représente plus que 25% des ventes en partie parce que la chute du prix du pétrole a conduit à l'arrêt des investissements de CGG Veritas dans les équipements produits par sa filiale ! Il était temps pour Tronics qui, malgré tout, a vu son chiffre d'affaires 2013 baisser de 25% par rapport à 2012 et a perdu près de 700 k€. 

En 2014, son chiffre d'affaires a été de 11,6 M€ en croissance de 14% par rapport à 2013 (10,2 M€), le chiffre d'affaires hors Sercel étant passé de 6,4 M€ à 9,9 M€. 

 

Le modèle de Tronics

Tronics est à la fois

- un concepteur et fabricant de MEMS avec une chaîne complète du design à la production en série de systèmes entièrement "packagés" sur étagère et

- un MEMS fab proposant des services de sous-traitance de MEMS dans ses salles blanches de Crolles (600 m2) et de Dallas (1800 m2). 

Tronics est positionnée sur le segment des produits spécifiques à haute valeur ajoutée de type accéléromètres et gyromètres. Selon Tronics, ce marché aurait été de 1,6 milliard $ en 2014 et devrait croître jusqu'à 3,3 milliards $ en 2019, répartis entre les domaines Industriel, Aéronautique & Sécurité, Médical et Electronique Grand Public. Ses ventes en 2014 étaient réparties ainsi : aéronautique et sécurité 49%, industrie 34%, électronique grand public 15% et sciences de la vie 2%.

 

Les challenges de Tronics

Depuis son introduction en Bourse, Tronics a eu un bref et beau parcours avec une progression d'environ 50% de son cours.

Mais elle fait face à des challenges majeurs :

- sa part du marché mondial est inférieure à 1%,

- elle est traditionnellement placée sur les segments industriels et aéronautiques en France

- sa présence hors de France avec l'unité de production de Dallas (moins de 20% des ventes) est très récente

Elle avance que ses avantages compétitifs se situent dans les domaines suivants : offre complète de conception,  fabrication et packaging, avance technologique en nanosystèmes et agilité/réactivité. 

Elle ambitionne d'atteindre un chiffre d'affaires de 40 M€ en 2018.

Comme beaucoup de PME françaises, son challenge est avant tout le développement international sur d'autres marchés que l'aéronautique (qui est très difficile à pénétrer d'un pays à l'autre) ou des niches comme celle de Sercel (recherche pétrolière). A l'évidence, le potentiel est majoritairement dans l'électronique grand public et les sciences de la vie, là où Tronics est le plus faible.

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 19:16

Un rapport "Transition par l’innovation" (TTI) vient d'être remis par l'ONG R20-Régions pour le climat au secrétaire général de l'ONU en vue de la conférence COP21 (Conference Of the Parties) - Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Paris - du 30 novembre au 11 décembre 2015.

Ce rapport résulte d'une étude lancée au sommet du R201 à Paris en 2014. Cette étude a été pilotée par le "think-tank" de l’Observatoire du Long Terme associé au cabinet de conseil Corporate Value Associates (CVA).

 

Selon les conclusions optimistes de ce rapport, les émissions de gaz à effet de serre (GES) peuvent être réduites à un coût inférieur aux estimations antérieures, grâce à des innovations qui sont encore insuffisamment développées ; qu'au surplus, ces innovations auraient un impact positif ou neutre sur les coûts et le pouvoir d'achat. Ces innovations sont appelées "innovations vertes abordables" (affordable green innovations AGI).

 

L'équipe responsable de l'étude, s'est adressée à des experts et à des spécialistes en innovation au sein de plus de 40 entreprises dans une grande diversité de domaines : de la production d'énergie au monde des transports, de l'industrie à la construction, de l'agriculture à l'économie circulaire et y compris la finance.

 

Il en ressort un tableau de 40 AGI ayant le meilleur potentiel de réduction d'émissions à un coût abordable d'ici 2020. Ces solutions ont été mises en perspective avec les émissions des 25 dernières années et ce qu'elles devraient être d'ici 2050 dans l'hypothèse d'un réchauffement global limité à 2ºC.

Les émissions sont passées de 37 Gt d'équivalent CO2/an en 1990, à 45 en 2005 et 50 en 2010.

En 2010, la Chine, les Etats Unis et l'Europe ont été responsables d'environ 50% des émissions globales (respectivement 11, 7 et 5 Gt). L'objectif de 2ºC serait rempli si les émissions étaient réduites à 44 Gt/an en 2020, 40 en 2030 et 30 en 2050. Il faudrait donc que l'ensemble des pays se mettent d'accord sur une réduction de 6 Gt d'ici 2020, plus 4 Gt d'ici 2030 et encore 10 Gt d'ici 2050. (données de l'Emission Gap Report - UNEP 2013).

Il est noté que, si tous les engagements de réduction des pays étaient remplis, les émissions atteindraient 52 Gt en 2020, mais, avec les réalisations actuelles, elles atteindraient 58 Gt/an, nous sommes donc loin de 44 Gt/an !

 

Une réduction de 2 Gt/an grâce aux AGI identifiées

 

Les auteurs du rapport soutiennent que, jusqu'à maintenant, les engagements des différents pays ne prenaient pas en compte le potentiel de ces innovations et reposaient sur l'utilisation de technologies existantes.

 

On retiendra les 7 AGI ayant le plus fort potentiel, dans l'ordre décroissant de réduction d'émission de GES :

Mt/an

1- 550 : Comptage intelligent des consommations d'énergie et gestion massive des données "Big Data" ; réduction de pertes d'énergie dans les réseaux et meilleure gestion des consommations des ménages.

2- 500 : Automatisation de l'adaptation demande-production d'électricité ; suppression des installations thermiques de secours.

3- 324 : Optimisation du trafic ferroviaire "trip optimizer".

4- 300 : Mise en place de vitres intelligentes en verre électrochrome ayant la capacité de s'obscurcir et de s'éclaircir, remplaçant d'autres solutions d'isolation.

5- 115 : Remplacement des carburants traditionnels (diesel, essence) par le gaz naturel en transport terrestre et maritime.

6- 100 : Éoliennes à pales furtives utilisables sur de plus nombreux sites grâce à la réduction d'interférences avec l'environnement (émissions radar).

7- 100 : Plateforme de modélisation des projets d'urbanisme conduisant à une compréhension globale de leur impact sur les émissions de CO2 et la qualité de l'air et un meilleur planning des grandes métropoles.

 

Soit un total de 1,989 Gt/an !

 

Ces données sont encourageantes mais encore faut-il que les solutions sortent des laboratoires et soient mises en oeuvre à une grande échelle.

On constate en particulier que les technologies encouragées par les politiques ne sont pas toujours celles qui ont le plus fort potentiel. A titre d'exemple, la conversion des véhicules et navires au gaz naturel n'a pas la cote alors qu'elle est bien plus simple et moins couteuse que les voitures hybrides qui, elles bénéficient de bonus qui coutent chers à la collectivité.

On notera au passage que 1 million de véhicules à hydrogène réduisent les émissions de 3 Mt/an alors que le même nombre d'hybrides ne les réduisent que de 1,5 Mt/an.

 

J'encourage mes lecteurs à suivre les débats de la COP21 de Paris en décembre. Quel sort sera t'il donné à cet intéressant rapport et à ses recommandations ?

 

 

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 00:43

Créée en 1999, Synerglace s'est développée dans l'installation et la location de patinoires, niche qu'elle domine en France avec 80% du marché (selon la société). Elle livre ses patinoires "prêtes à patiner", les installe et forme les équipes d'exploitation. Elle a ainsi fourni récemment la patinoire de 3000 m2 du Grand Palais.

Lors de l'hiver 2013-2014, elle a livré 230 patinoires. Il est clair que la réussite dans ce métier extrêmement saisonnier nécessite une grand rigueur de gestion, une capacité de stockage des équipements et un excellent service. Son chiffre d'affaires 2014 a été de 10 millions €.

 

La fabrication de patins à glace

 

Avec la location de patinoires, tout naturellement s'impose la location de patins. Un service que propose Synerglace. De là à se lancer dans la fabrication de patins, c'est un pas que Synerglace a franchi en rachetant la marque Okespor. Depuis début décembre 2014, Synerglace fabrique 200 patins par jour à Heimsbrunn en Alsace. Les problèmes de qualité qu'elle rencontrait avec ses sous-traitants Chinois, l'ont poussé à effectuer cette "relocalisation". Il faut bien noter que Synerglace disposait d'un clientèle majeure à portée de main : tous ses clients qui louent le stock de patins nécessaire pour satisfaire les patineurs amateurs qui fréquentent les patinoires.

Le dirigeant de Synerglace, Philippe Aubertin, affiche une grande assurance : il se propose de commercialiser ses patins via des spécialistes comme Decathlon ou GoSport. Nous lui souhaitons une belle réussite, mais vendre à ces acteurs de poids est vraiment différent de la location de patinoires à des municipalités, qui constitue le fonds de commerce de la société.

 

Le développement international

 

Synerglace annonce également des ambitions à l'international en Afrique du Nord, dans les pays du Golfe Persique. Sur ce terrain, elle va rencontrer une concurrence expérimentée comme l'américain Everything Ice, spécialiste à la fois de la rénovation, de la construction de patinoires fixes et de l'installation de patinoires temporaires. Présent non seulement en Amérique du Nord, Everything Ice intervient en Australie, Angleterre, au Moyen Orient.

Sous cette angle, on pourra suivre également les progrès de notre champion à qui je souhaite de beaux résultats.

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 23:23

Avec l'arrivée de nouvelles technologies numériques, l'innovation s'impose en pédagogie plus particulièrement dans l'enseignement supérieur. L'EMLyon, l'Ecole Centrale de Lyon et l'université de saint Etienne se sont associés pour créer ce nouveau concept : un laboratoire où de nouvelles pédagogies sont imaginées, testées et où des enseignants sont formés.

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