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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 20:37

Le modèle de Farfetch est particulièrement innovant : c'est une plate-forme de vente en ligne qui propose aux clients du monde entier les produits de mode et de luxe de plus de 400 boutiques partenaires indépendantes ; chaque boutique expédie directement aux clients leurs achats effectués via Farfetch. Farfetch se rémunère par une commission sur les ventes.

Ce que chaque boutique de luxe ne peut faire individuellement : développer son propre site de commerce électronique avec une couverture mondiale multilingue, avec un catalogue étendu, une équipe de spécialistes aguerris, Farfetch l'a mis en place.

 

Farfetch a été fondée en 2008 à Londres par un entrepreneur portugais en série : Jose Neves. Avant Farfetch, il a démarré Swear une activité de création de chaussures de mode au milieu des années 1990 et en 2001, il a créé Six London une société de création, de production et de distribution de chaussures vendues à travers 600 boutiques dans le monde dont Colette, Le Bon Marché, Printemps à Paris, Rinascente (Milan), Saks 5th Avenue, Galeries Lafayette (Pékin), Lane Crawford/ Joyce/ On Pedder (Hong Kong), Tsvetnoy (Moscou) ainsi que net-a-porter.com, matchesfashion.com, mytheresa.com. Son expérience du monde de la mode le conduisit à imaginer une place de marché virtuelle permettant de donner une présence sur Internet aux boutiques de mode indépendantes. Il constata que de plus en plus, ces boutiques indépendantes perdent une partie de leur clientèle qui ne se déplace plus et s'est mise à faire ses achats sur Internet ; mais ces boutiques n'ont pas la capacité de poursuivre leur activité de création en même temps que de développer une activité de vente en ligne.

 

Les boutiques partenaires de Farfetch se trouvent dans le monde entier notamment Browns à Londres, L'Eclaireur à Paris (6 boutiques), H. Lorenzo à Los Angeles, Fivestory à New York. Chaque boutique a sa propre identité, ses propres marques et styles, ses propres créateurs. Les clients venant de 190 pays ont ainsi accès à 100 000 références et plus de 1 000 marques. En 2015, le volume d'affaires généré a été supérieur à $500 millions et la croissance est supérieure à 70% par an.

Les bureaux de Farfetch se trouvent à Londres, Porto, New York, Los Angeles, Sao Paulo, Tokyo, Shanghaï, Hong Kong et Moscou ... avec plus de 1000 employés.

 

Depuis 2010, Farfetch poursuit un développement accéléré avec 6 levées de fonds successives et un financement global de $304,5 millions :

la première de $4,5 millions auprès d'Advent Venture Partners en juillet 2010, un second tour à $18 millions en 2012 avec Advent Venture Partners, Index Ventures et eVenture Capital Partners, un troisième tour à $20 millions mené par Conde Nast en mars 2013. Après les deux levées suivantes à $66 et $85 millions en mai 2014 et mars 2015, Farfetch a été valorisée à $1 milliard. Lors de la dernière levée en mai 2016, $110 millions ont été collectés, l'investisseur français Eurazeo ayant apporté $20 millions. Parmi les investisseurs, il y a plusieurs fonds venant des BRICS dont DST Global (Russie), Temasek Holdings (Singapour), IDG Capital Partners (Chine). Ceci indique l'intérêt notable que suscite Farfetch dans ces pays. En toute cohérence, la dernière levée de fonds a pour objectif majeur le développement en Asie, où 26% des ventes se font déjà.

 

On observera la faible présence française dans les activités de Farfetch, en particulier, l'absence de bureau à Paris. Il y a là un potentiel qui pourrait être exploité, qui n'a rien à voir avec le profil de Vente-Privée ou Showroomprivé, avec Farfetch, il n'est pas question de braderie. Farfetch est essentiellement centrée sur le goût anglais et brésilien/portugais.

Pourquoi personne ne se lance-t'il ? Il y a certainement encore beaucoup de place pour la mode et le luxe, pour les boutiques créatives à identité forte, que le goût soit français, italien ou autre ...

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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 20:25

Qui d'entre vous connait Qwant ?

 

Eh bien, peu à peu, Qwant prend une place sur le marché des moteurs de recherche. Il se positionne d'abord par sa différence face aux acteurs dominants : il promet de respecter la vie privée des internautes, l’anonymisation des requêtes et la neutralité des résultats.

 

Qwant propose plusieurs types de résultat : Images, Web, Actualités, Qnowledge Graph (lien avec Wikipedia), Social (réseaux sociaux, notamment derniers tweets liés à la recherche), sur une seule et même page. Il est doté d'un "responsive design" – adaptation à tous les types de terminaux Internet, et sa page de résultat s'affiche en continu – "infinite scroll" : on peut visualiser tous les résultats sans avoir à changer de page.

D'autres rubriques sont accessibles : vidéos, shopping – soit des liens web d'affiliation, qui sont les seuls revenus de Qwant, boards soit des agrégations de contenus sur des thématiques choisies par des utilisateurs. Ainsi l'approche de Qwant est différente de celle de Google qui se rémunère sur les clicks vers les sites "sponsors" : il se rémunère lorsqu'une vente se produit sur un site de e-commerce auquel on aboutit via Qwant.

 

Fondé en 2011, par Éric Léandri, Jean-Manuel Rozan et Patrick Constant, président et fondateur de Pertimm, qui a pour vocation d'aider les sites marchands à améliorer leurs résultats, Qwant a lancé son moteur de recherche en 2013. Au départ, 3,5 M€ ont été réunis par les fondateurs ; en juin 2014, le groupe de presse allemand Axel Springer prend une participation de 20% puis en octobre 2015, la BEI octroie à Qwant un prêt de 25 M€, qui est une avance sur une levée de fonds en cours. Fin 2014, il lance Qwant Junior, une version sécurisée pour enfants de 3 à 13 ans, qui a été adoptée par l'éducation nationale. En octobre 2015, Qwant Lite est annoncé pour les anciens navigateurs et les connexions Internet à bas débit.

 

Qwant a son siège à Paris, ses équipes de développement à Nice, ses serveurs en France et projette de se développer d'abord dans les pays qui sont particulièrement concernés par la protection des données privées, notamment le Brésil, la Pologne et la Scandinavie. Début 2015, il annonçait le traitement 8 millions de requêtes par jour (contre plus d'un milliard par Google). Grâce au partenariat avec le groupe Axel Springer, Qwant est le moteur natif des journaux du groupe.

 

Clairement, Qwant a mis en place une stratégie de niche qui intéresse les politiques. Mais ce ne sont pas les politiques qui vont décider quel moteur de recherche utilisent les consommateurs ! Il semble que des liens ont été noués avec Mozilla, notamment pour faciliter l'utilisation de Qwant avec Firefox.

A ce stade, il est évident que Qwant manque de moyens pour assurer la promotion de ses moteurs et se développer plus vite, idéalement pour atteindre vite les 100 millions de requêtes par jour. La levée de fonds annoncée est une étape importante. Et on peut espérer, que Qwant sautera rapidement le pas pour aller de l'autre côté de l'Atlantique.

 

Et vous, pourquoi n'essayez-vous pas Qwant ?

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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 20:20

Créée à Pessac, en 2014 à partir de recherches menées au laboratoire Biomatériaux et Réparation Tissulaire de l'INSERM - université de Bordeaux, avec 600k€ de capitaux propres, Poietis s'est lancée dans l'industrialisation de l'impression 3D de cellules biologiques. Cette technologie débouche sur de nombreuses applications en médecine régénératrice et dans les domaines industriels de la cosmétique et de la pharmacie, notamment pour évaluer de nouveaux ingrédients cosmétiques ou la toxicité et l’efficacité de nouvelles molécules thérapeutiques.

 

Cette technologie d'impression consiste en une impulsion laser bleue dirigée vers une cartouche composée d'un film d'encre étalé sur une plaque de verre qui entraîne la formation d'un jet d'encre vers un substrat sur lequel sont collectées des micro gouttelettes de cellules avec une résolution de 20µ. La formation du tissu se fait par dépôts couche-par-couche de micro-gouttes d’encres biologiques.

 

Poietis a mené une première levée de fonds de 2,5 millions € fin 2015 dont 1 million par la plate-forme de crowdfunding Wiseed, 200k€ auprès de business angels et 1,3 millions € sous forme de subventions, d'avances remboursables et de prêts de bpifrance, de la région Aquitaine, de Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique, d'EADS Développement et de Michelin Développement. L'objectif est de poursuivre l'industrialisation du procédé.

 

Simultanément, Poietis a noué un premier partenariat avec BASF pour l'application de sa peau synthétique au test de produits entrant dans la réalisation de cosmétiques.

 

MedMarket Diligence évalue le potentiel de l’ingénierie tissulaire à 15 milliards $ en 2014 et à près de 30 milliards  $ en 2018, dont un tiers pour la produc­tion de peau, entrainé en Europe par l'interdiction récente de l’expérimentation animale.

 

La question qui se pose maintenant à Poietis est commune à de nombreuses jeunes pousses : celle des moyens au service d'une stratégie de croissance. Poietis a environ 7 ans de retard sur le spécialiste américain Organovo fondé en 2007 à San Diego. En 2008, Organovo a levé $3 millions auprès de business angels, sort sa première bio imprimante 3D la NovoGen MMX Bioprinteren 2009, lève $15 millions lors de son introduction en bourse en 2012 puis successivement $47 millions en 2013 et $40 millions en 2015. Sa valorisation actuelle est de $240 millions.

Organovo a conclu un accord structurant avec L'Oreal en mai 2015, conduisant à une collaboration dans le développement et la production de peau. Organovo est aussi passé à une nouvelle étape produisant des prototypes d’organes comme un rein de 1 sur 4 mm de qui a survécu cinq jours hors du laboratoire, et un bout de foie qui produit de l’albumine et synthétise le cholestérol. Ces prototypes visent a tester la réaction du rein et du foie au contact avec des drogues en développement.

 

Naturellement, la situation est loin d'être figée et le champ d'applications de l'impression 3D de tissus biologiques est immense. Mais pour Poietis, la clef stratégique est vraiment une combinaison de partenariat avec des acteurs majeurs et des ressources financières en rapport avec le potentiel.

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 21:19

Après 30 ans de cotation boursière, le groupe Cegid va très probablement sortir de la Bourse : il vient d'annoncer le 18 avril, le rachat de 37,6% du capital par le consortium de deux fonds d'investissement Silver Lake Partners (Californie) et AltaOne Capital (Londres) et qu'une offre publique d'achat viendrait ensuite ; le conseil d'administration a apporté son soutien à cette transaction qui valorise le groupe à 580 millions €, soit une prime de 20% par rapport aux dernières cotations, et une prime de 44% par rapport à la moyenne de l'année écoulée. Les 37,6% représentent les parts d'ICMI, la holding de Jean-Michel Aulas, président et cofondateur, et celles de Groupama, les deux plus gros actionnaires de Cegid. Deux autres actionnaires : Eximium et Patrick Bertrand, directeur général, qui détiennent respectivement 5,04% et 0,85%, vont aussi répondre à l'OPA.

 

Dans ces conditions, il y a de très grandes chances que les autres actionnaires apportent leurs parts à l'opération et que Cegid soit sorti de la cote.

 

Le contrat entre le consortium et Jean-Michel Aulas, prévoit que ce dernier réinvestisse dans le groupe une partie (non précisée) du produit de la cession de ses parts. J-M. Aulas pourra ainsi ménager plusieurs axes : assurer une transition patrimoniale de Cegid vers son fils Alexandre, diversifier ses investissements et si nécessaire, apporter un soutien plus important à la société OL Groupe qui a souscrit un engagement bien lourd : le financement du nouveau stade de l'Olympique Lyonnais.

 

Quel projet ?

 

Aux côtés de J-M. Aulas toujours président, Patrick Bertrand reste directeur général. Le projet industriel annoncé est constitué de 2 axes : accélérer la transition du groupe vers les services sur le "cloud", c'est-à-dire développer l'activité SaaS, "Software-as-a-Service" et accélérer son développement international, l'objectif affiché étant une place de leader européen d'éditeur de logiciels et de services cloud.

Il est certain que l'activité SaaS induit pour les éditeurs comme Cegid, de gros investissements initiaux qui se convertissent en revenus étalés sur les années futures, puisque les nouveaux clients n'achètent plus les licences des logiciels mais versent des abonnements liés à l'utilisation. Dans la même ligne, un développement international rapide conduira certainement à des acquisitions dans les pays cibles, permettant de convertir sans retard aux solutions Cegid des équipes locales possédant la relation client.

Dans les deux cas, la capacité d'investissement du consortium sera appréciée, avec un horizon probable à 5-8 ans. C'est l'horizon normal pour les fonds d'investissement et ce qui ressort des déclarations des dirigeants du consortium comme Christian Lucas, DG de Silver Lake :"nous sommes prêts à investir pour bâtir les fondations du succès de Cegid à long-terme."

 

Il faut remarquer que Cegid est toujours très franco-français : sur un chiffre d'affaires 2015 de 282 millions €, seuls 24,5 sont venus de l'international, soit un petit 8,6 %. Il y a une certaine dynamique puisque la progression a été de 25% en un an alors que le chiffre d'affaires global n'a progressé que de 5,8%. Considérant que Cegid existe depuis plus de 30 ans, on doit bien avouer que le retard est considérable, et c'est sûrement ce qui a limité le développement de l'entreprise.

La progression des ventes sur un an est entièrement obtenue grâce aux activités SaaS qui sont montées de 32% à 62,8 millions €.

 

On notera que la division Sumeru de Silver Lake (dans laquelle Cegid va probablement être intégrée) qui investit dans des entreprises de taille intermédiaire comme Cegid (Middle Market Technology), possède dans son portefeuille un nombre significatif d'éditeurs de logiciels : Blackline (logiciels de comptabilité d'entreprise), Locaweb et Velocity Technology Solutions (hébergement cloud), Talend (gestion de données libre "Open source"), Opera Solutions (analyse de données). A l'évidence, des synergies et des combinaisons de savoir faire sont envisageables. A minima, l'équipe de Sumeru – une douzaine d'associés et managers basés à Menlo Park, dans la Silicon Valley, connaissant déjà bien les terrains sur lesquels s'exercent les activités de Cegid, saura influencer ses stratégies.

On peut penser qu'ils savent ce qu'ils font en lançant cette acquisition en offrant l'équivalent d'un PER de 25 ( prix de l'action / bénéfice 2015 par action ).

 

 

 

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 20:51

Les grands groupes hôteliers comme d'autres dans de nombreux domaines, sont confrontés à une évolution rapide de l'environnement : la concurrence, les habitudes de leurs clients, les moyens à leur disposition, … Ils sont notamment sous la pression des nouveaux acteurs, les plates-formes Internet qui fleurissent sous diverses formes : réservation comme booking.com ou expedia.com, location comme airbnb, abritel, homelidays, tripadvisor, …

 

Accor notamment, semble faire feu de tous bois, mais, comme on le sait bien, c'est un immense défi pour une grande entreprise de se réinventer, de s'adapter et de réagir à un environnement qui change vite et à une concurrence comme celle des plates-formes Internet qui surgit de nulle part. C'est d'autant plus menaçant pour les grands groupes établis comme Accor, que cette concurrence attire d'abord la clientèle jeune, celle dont le revenu va croître dans les années à venir et qu'elle conjugue une offre étendue, des prix très compétitifs et un service souvent très acceptable.

 

Pour faire face à cette situation, Accor a entrepris plusieurs chantiers : écoute des jeunes générations, acquisition de start-ups, exploitation des données à grande échelle, gestion dynamique des flux de client et des prix (yield management) sur le modèle des compagnies aériennes.

 

Le dirigeant d'Accor Sébastien Bazin, parait avoir pris conscience qu'il était nécessaire d'élargir la compréhension par ses équipes de la clientèle : un shadow cabinet a été créé début 2016 avec 13 membres (7 filles et 6 garçons) tous de moins de 35 ans, sélectionnés par les membres du comex. Selon ses propos rapportés par Les Echos, ils seront consultés sur toutes les questions soulevées par l'exécutif du groupe, "ils ont une vision du futur qui est colossale".

 

Simultanément, Accor rachète pour 148 millions € un site de location de résidences de luxe Onefinestay, quelques semaines après avoir pris des participations minoritaires dans Oasis Collections et Squarebreak, deux plates-formes de commercialisation. Onefinestay lancée à Londres en 2010, est aussi présent à Paris, New York et Los Angeles, et bientôt à Rome en juin 2016. Onefinestay se différencie par l'exclusivité de la location des résidences commercialisées et l'accompagnement avec un service hôtelier soigné. L'ambition de Onefinestay est de s'installer rapidement dans 40 autres métropoles au cours des prochains 5 ans avec l'appui d'Accor. Selon Sébastion Bazin, en 2030, Onefinestay pèsera plus lourd que Sofitel !

 

Un groupe comme Accor collecte énormément d'informations venant de ses clients, environ 44 millions d'interactions quotidiennes selon le "chief data officer" du groupe. Que faire de toutes ces données ? Evidemment fidéliser les clients, les reconnaître quand ils se présentent pour une réservation quel que soit le type de voyage, leur faire des propositions ciblées correspondant à leur profil et leurs habitudes ; répondre de manière personnalisée aux avis et doléances des clients et leurs attentes ; réduire l'attente à l'arrivée et au départ. L'exploitation de ces données permet également d'affiner les techniques de tarification en fonction de paramètres comme le taux de remplissage de chaque hôtel, le profil du client, le calendrier des événements influençant l'afflux de clientèle, la météo.

 

Il est certain que faire bouger un ensemble de 3 800 hôtels et 500 000 chambres n'est pas une mince affaire. Sur quoi cela débouchera t'il ? La fidélisation des clients, la personnalisation et l'écoute sont absolument essentielles. Ce sont ces éléments qui permettront d'évoluer à bon escient, en commettant le moins d'erreurs possibles. Les autres axes "shadow cabinet" et acquisition de plates-formes semblent être plutôt des démarches d'observation et de veille stratégique, sans effet majeur à court terme.

 

 

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 20:42

Lancée en 2013 par Teddy Pellerin et Mathieu Jacob, tous les deux de Supelec, Heetch (de hitch hiking) ne fonctionne que de 20h à 6 heures du matin ; et 80% de ses clients ont moins de 25 ans. Heetch met en relation des chauffeurs non professionnels avec des clients qui sortent le soir et veulent rentrer rapidement et en sécurité chez eux, même si ils ont un peu trop levé le coude.

 

Après la mobilisation des taxis contre UberPop, concurrent direct de Heetch, en juin 2015, et l'arrêté du 25 juin 2015 de la préfecture de Police interdisant « les applications de type UberPOP » et les poursuites engagées contre deux de ses dirigeants, Uber décida de suspendre son application ; cependant Heetch poursuivit son activité de son côté, en soutenant qu'elle était légale, qu'il s'agit de covoiturage urbain et non de transport à titre onéreux.

Le Conseil Constitutionnel ayant confirmé l'illégalité d'UberPop et la société de VTC de Ludovic Moulonguet qui a assigné Heetch en concurrence déloyale ayant été débouté fin 2015, le champ reste libre pour Heetch.

 

Par la voix de Teddy Pellerin qui communique fréquemment et pratique un lobbying assez intense, Heetch martelle ses messages :

- elle se place sur le plan de l'économie collaborative comme Blablacar,

- ce que perçoivent les chauffeurs est limité à 6 000 € par an, ce qui correspond au coût d'entretien de leur véhicule, il ne s'agit donc pas de rémunération,

- en fin de course, l'appli estime le prix mais le client est libre de le moduler et même de ne rien payer ; il doit toutefois indiquer le prix réel payé dans l'appli, sinon il est prélevé automatiquement du montant estimé.

Il parait que ces messages font mouche et que Heetch a une bonne image dans les ministères et auprès des politiques.

 

En fait, Heetch surfe sur une grande satisfaction de ses clients avec actuellement plus de 50 000 trajets chaque semaine et environ 5 000 chauffeurs et plus de 100 000 utilisateurs réguliers, ce qui permet un délai de réponse très court à tout moment de la nuit et quel que soit le lieu. Ce qui rend le service relativement plus rapide qu'à tout moment en journée, c'est la fluidité de la circulation de nuit.... Les clientes notamment apprécient de connaître le nom de leurs chauffeurs, au lieu d'avoir affaire à des inconnus, les chauffeurs de taxi. L'appli de Heetch se place 2ème des téléchargements derrière celle d'Uber dans la catégorie transport de l'Applestore. Elle se développe à Lyon et vient d'ouvrir une activité à Varsovie.

 

Il est certain que l'enjeu majeur pour Heetch est d'arriver à grandir vite, à prendre le marché en maintenant le même niveau de qualité et de contrôle des prestations. Les prochains mois devraient être cruciaux, avec la réussite ou non dans l'ouverture d'activité (annoncée mais non précisée) dans d'autres métropoles majeures en Europe et idéalement en Amérique du Nord. Contrairement à Uber qui déploie une stratégie de généraliste du transport urbain (transport des individus, des colis, covoiturage quotidien,...), Heetch se positionne comme un acteur de niche où la demande latente est importante, les besoins spécifiques, et en retour des prestations adaptées sont appréciées. On lui souhaite une belle réussite dans un secteur en pleine croissance.

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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 11:48

Lequel d'entre vous n'a pas entendu parler de Sigfox ? Cette jeune pousse soigne certainement sa communication et multiplie les annonces que les presses papier et en ligne diffusent à l'envi.

La dernière en date est un accord de partenariat avec Altice et SFR le 22 mars 2016, qui inclut les solutions de Sigfox pour l'Internet des Objets (IoT, Internet of Things) dans l'offre globale du Groupe Altice. Cet accord s'étend à tous les pays où Altice est présent : France, Israël, Etats-Unis, Portugal.

 

L'offre de Sigfox

 

Créée en 2009 à Labège, près de Toulouse, par Thierry Bailleul, Supelec, et Christophe Fourtet, INSA Lyon, deux anciens de Motorola, rejoints en 2011 par Ludovic Le Moan, un entrepreneur en série issu de l'ENSIMAG, Sigfox fournit un système de communication dédié aux objets connectés caractérisé par une faible consommation d'énergie, une faible quantité de données transmise, un protocole très simple et un faible coût. Ce système est particulièrement adapté pour les objets, capteurs et autres éléments autonomes et isolés, pour lesquels la durée de vie de l'alimentation (batterie) est un facteur important tout en maintenant une communication fiable.

L'objet connecté avec Sigfox peut envoyer 12 octets toutes les 10 minutes environ, soit 140 messages par jour. La technologie n'est pas figée, c'est ainsi qu'elle est bidirectionnelle depuis 2 ans.

 

L'ambition de Sigfox de bâtir un réseau mondial, se démarque des offres concurrentes comme LoRa® qui a été adoptée notamment par Orange, Bouygues Télécom, Swisscom, KPN, SK Telecom, Proximus. Les promoteurs de LoRa sont regroupés dans LoRa Alliance qui a pour objectif de le standardiser dans le monde entier. Au sein de cette Alliance, la jeune pousse française Actility, fondée par Olivier Hersent, focalise son activité sur le développement de sa plate forme ThingPark et noue des partenariats avec les opérateurs de télécommunications. A eux de construire l'infrastructure sans fil. ThingPark se positionne comme une plate forme à l'échelon d'un pays, ayant une faible consommation, une longue distance, un faible coût. Elle vise une large plage d'applications.

 

Au contraire, Sigfox construit son réseau global et noue des contrats avec des entreprises comme Securitas ou Air Liquide. Son nouveau partenariat avec Altice est différent de ceux mis en place par Actility : les filiales d'Altice (SFR, Numericable, Portugal Telecom) seront simplement des distributeurs de la connectivité Sigfox.

 

Comment bâtir ce réseau ?

 

La première levée de Sigfox en 2012 a rapporté 10 M€ auprès de Elaia Partners, Partech Ventures, Ixo et Intel Capital, lui permettant de déployer son réseau en France avec 1 500 antennes. En mars 2014, Sigfox a levé 15 M€ auprès d'IDInvest et BPIFrance et de ses précédents investisseurs ce qui lui a permis de poursuivre le déploiement de son réseau. Puis en 2015, changeant de stratégie de financement, elle a levé 100 M€ auprès d'opérateurs de télécommunications : Telefonica, SK Telecom, NTT DOCOMO, et d'industriels : Engie, Air Liquide et Eutelsat, toujours accompagnée par les précédents fonds d'investissement.

Puis Samsung a annoncé en juillet 2015 qu'elle investissait un montant confidentiel dans Sigfox en même temps qu'elle annonçait Artik, une nouvelle plateforme matérielle et logicielle pour les concepteurs d'objets connectés, directement compatible avec le réseau Sigfox.

Le déploiement aux Etats-Unis est en cours, celui de San Francisco, New York et Los Angeles étant déjà réalisé.

Pour mettre en place son réseau, Sigfox a noué des partenariats par exemple avec TDF en France, Arqiva au Royaume Uni, Albertis en Espagne, Aerea aux Pays Bas et Micronet en Russie et partage les revenus avec eux.

Fin 2015, Sigfox évoquait la possibilité d'une introduction en Bourse, au NASDAQ. Début 2016, il est question d'une levée de 500 M€.

 

A quand les applications globales ?

 

Pour l'instant, les applications obtenues par Sigfox sont nettement locales. Notons par exemple la disponibilité de 15000 places de parking à Moscou, celle du mobilier urbain à Nantes, la surveillance des panneaux publicitaires de Clear Channel en France, les alarmes incendie gérées par Securitas en Inde, le suivi des bouteilles de gaz d'Air Liquide.

Mais on peut imaginer qu'une application testée localement soit ensuite déployée à l'échelle d'un pays, d'un continent ou du monde. Le réseau global de Sigfox aura alors un avantage certain sur une solution comme LoRa.

 

Sigfox peut paraître très audacieuse de viser un réseau mondial. Sa stratégie de prendre de vitesse les autres solutions est crédible : alors que la France est couverte par Sigfox depuis plus de 2 ans, Bouygues n'annonce la couverture par LoRa que pour fin 2016 avec 4000 antennes. L'autre angle majeur de Sigfox est de viser les applications à faible demande de débit, là où nécessairement les technologies ayant une capacité plus importante ne pourront pas être compétitives.

 

Il semble que, pour Sigfox, l'enjeu majeur à court terme soit son implantation en Amérique du Nord. Et il faut bien avouer que la société est actuellement bien discrète sur les contrats et partenariats noués aux Etats-Unis ou même en discussion.

 

 

 

 

 

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 12:36

"Present Everything : The first presentation tool that displays any online content" telle est l'annonce qui apparait sur l'accueil du site www.bunkrapp.com. La promesse de Bunkr est de pouvoir réaliser rapidement et simplement une présentation en ligne avec n'importe quel contenu disponible sur Internet.

 

Début 2012, Alexis Jamet et Edouard Petit travaillent à Paris avec des agences de communication et créent des présentations tous les jours. Las de dépenser énormément d'énergie et de temps dans ces créations, et sans avoir trouvé d'outil existant qui puisse les satisfaire, rejoints par Jean-Christophe Fossati, ils décident de créer leur propre outil et en septembre 2012, de s'établir à Rouen et de se consacrer au développement de Bunkr. Ils sortent une version beta en décembre 2012 et lancent leur première version sur Internet en avril 2013 ; en 24h, ils enregistrent 3.500 connections, grâce au buzz sur le web. En août 2012, il y avait déjà 20 000 utilisateurs dans le monde.

 

Supportés par l'accélérateur The Family, ils lèvent 1,4 M€ auprès d'Idinvest Partners, Daniel Marhely fondateur de Deezer et Xavier Niel en mai 2014. Cela leur permet de renforcer leur équipe composée maintenant d'une dizaine d'enthousiastes : développeurs, "community managers", chefs de produit ... Une version plus développée de Bunkr sort en février 2015.

 

Bunkr séduit de nombreux utilisateurs parce qu'il propose bien plus qu'un simple outil de présentation riche et interactif (comme Keynote ou Prezi), un outil qui fonctionne en mode SAS : il permet avec sa Bunkr Bookmark de stocker sur le "Cloud" tous les contenus, images, videos, tweets, posts Facebook, graphiques, diagrammes provenant d’un outil de metrics, pour des présentations en cours et futures. Et il rend très facile le travail collaboratif en ligne : plusieurs personnes peuvent enrichir ensemble le même document comme avec Google Docs. Bunkr est 100% html 5, utilisable sur PC sans Flash, sur tablette et sur smartphone sans application.

 

Bunkr a maintenant largement dépassé les 100 000 utilisateurs dans plus de 150 pays, surtout en Amérique. A la question : quel est leur "business model", les fondateurs ont répondu récemment qu'ils n'en ont pas ; que d'abord il faut que "l’on construise le produit qui répond exactement aux besoins des gens et pour lequel ils seront peut être prêts à payer demain", avec en ligne de mire, la croissance la plus rapide possible du nombre d'utilisateurs. Et à court terme, leur projet est de mettre un pied aux Etats Unis, tout en conservant en France une équipe de R&D. Je suppose qu'une levée de fonds est en cours afin de pouvoir réaliser tous ces projets.

 

Bonne réussite à Bunkr !

Et bien sûr, je vous invite à devenir utilisateur de Bunkr, quitte à délaisser les difficultés de Powerpoint, qui, je vous l'avoue très franchement, n'a jamais été mon programme préféré.


 


 

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 22:48

Créée en 2009 sous le nom de Vestiaire de Copines par Sophie Hersan, Sébastien Fabre et Fanny Moizant, Vestiaire Collective revendique maintenant une communauté de 4 millions d'utilisateurs qui échangent sur la plate-forme, une vingtaine de pays alimentant le site et avec des ventes dans une quarantaine de pays.

 

A l'issue de la crise financière de 2008, plusieurs plate-formes de vente du luxe d'occasion se sont créées à côté de Vestiaire Collective comme VideDressing et Instant Luxe. Manifestement une opportunité se présentait alors : comme l'explique Fanny Moisant, co fondatrice de Vestiaire Collective, "Les placards pleins pour lesquels il fallait trouver une solution, et le fait qu'en pleine crise, les blogueuses de mode commençaient à vendre leurs propres affaires via leurs blogs",

 

Selon Sébastien Fabre, son PDG, Vestiaire Collective s'attache à respecter les codes de l'industrie de la mode afin d'assurer une cote élevée à des articles qui ont été peu utilisés ou portés et appuie son modèle sur 3 piliers : 1) sélection des articles achetés par des stylistes en fonction du style et de la saison, 2) contrôle des articles mis en vente par des experts, 3) communauté d'utilisateurs passionés de mode. Il soutient que Vestiaire Collective "revêt une forte dimension économique, sociale et environnementale" en remettant sur le marché des articles de luxe qui dormaient dans les placards et en permettant à une clientèle moins aisée d'acheter des articles haut de gamme à prix réduits.

 

Il semble que les fonds d'investissement aient été convaincus et lui font confiance depuis la première levée en 2010. En effet, elle a à son actif une succession remarquable d'opérations :

- juin 2010 : 1,5 M€ Ventech

- août 2011 : 7,5 M€ Balderton Capital

- septembre 2013 :15 M€ Condé Nast Publications, Idinvest Partners

- septembre 2015 : 33 M€ Eurazeo Croissance (20 M€), Idinvest Partners, Balderton Capital, Condé Nast et Ventech.

Le fait que Bernard Liautaud, co fondateur de Business Objects soit administrateur depuis 2011, contribue à la crédibilité du projet. Il est certain que l'arrivée de Condé Nast, un éditeur mondial de journaux de mode (Vogue, Vanity Fair, Glamour, GQ, ...) apporte également une vue étendue sur les courants de la mode sur de nombreux marchés, dont l'Amérique du Nord, que Vestiaire Collective souhaite développer avec sa dernière levée de fonds.

 

Vestiaire Collective est établie à Paris, New York, Londres, Berlin, Milan et Barcelone et emploie 180 personnes. Les ventes 2014 ont été de 46 M€, et ont cru de 85% dans la première moitié de 2015. Son catalogue est de 400 000 articles !

Vestiaire Collective ambitionne de devenir leader mondial d'ici 3 ans, soit en 2018.

Mais de l'aveu même de Sébastien Fabre en 2015, elle perd toujours de l'argent.

 

On peut lui souhaiter bonne réussite, mais le challenge parait difficile à surmonter.

L'hypercroissance est-elle durable ? Il faut bien avouer que le modèle d'Amazon peut faire des émules.

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 14:07

Le souffle de l'entrepreneuriat que l'on ressent en France depuis quelque temps, prendrait-il une belle ampleur : selon le récent baromètre du cabinet EY, les levées de fonds en capital-risque ont doublé en 2015 par rapport à 2014 pour atteindre 1,8 milliards €. Cela signifie que de plus en plus de projets d'entreprise ambitieux ont la faveur d'investisseurs qui sont prêts à mettre sur la table des fonds plus importants. L'auteur du baromètre est effectivement très enthousiaste, mais il note cependant que la France ne fait que combler son retard au niveau européen, face notamment à la Grande Bretagne et à l'Allemagne où 4.6 et 2,8 milliards € ont été respectivement levés soit 33% et 20% des fonds levés en Europe (13% pour la France). On constate en passant que ces 3 pays constituent les 2/3 des fonds levés en Europe, alors qu'ils ne représentent que 42% de la population. Les autres pays sont donc encore plus en retard ...

 

Comme dans beaucoup de domaines, personne ne nous attend et tout le monde progresse, bénéficiant du même environnement porteur.

Qu'est-ce qui contribue à cette dynamique ? les taux d'intérêt très bas et la faible rentabilité de beaucoup d'investissements, poussent sûrement les particuliers et les fonds vers des participations dans les jeunes entreprises aux belles perspectives de croissance ; l'accès aux marchés hors des frontières est de plus en plus facilité par les réseaux, par l'accélération des communications, par un commerce international en croissance, ce qui motive de nombreuses jeunes pousses vers un développement export, ce qui à son tour suscite des besoins importants en financement ; en parallèle, les outils à disposition des entrepreneurs deviennent moins coûteux et plus performants, notamment pour la réalisation de plate-formes Internet, ce qui permet d'envisager et de réaliser une croissance rapide quand l'exécution d'une vision ambitieuse est au rendez-vous.

 

Deux indicateurs importants sont le nombre d'opérations de levées de fonds et le montant moyen : de 2014 à 2015, on est passé en France de 372 à 484 opérations soit +30%, et de 3,1 à 3,7 millions € par opération. Il faut toutefois prendre en compte les deux levées très importantes de BlaBlaCar (177 millions €) et de Sigfox (100 millions €) qui biaisent la moyenne.

Avec 484 opérations, c'est 21% des opérations européennes qui ont été réalisées en France (contre 25% en Grande Bretagne et 17% en Allemagne), un pourcentage bien supérieur au pourcentage des fonds levés.

Cela confirme le rattrapage en cours : des levées de fonds en plus grand nombre qu'ailleurs et pour des montants plus faibles ont eu lieu en France. Cela signifie-t'il que les jeunes pousses françaises se trouvent dans une phase plus "early stage" et qu'il y a un très fort potentiel de croissance à venir et des opérations nettement plus importantes à prévoir en 2016.

Simultanément, il n'y a en France qu'une seule "licorne" – jeune pousse valorisée à plus de 1 Md$ (Blablacar) alors qu'il y en a 6 en Grande Bretagne et 4 en Allemagne.

A suivre avec attention, car l'évolution combinée de tous ces indicateurs témoignera ou non d'une vraie croissance en provenance de toutes ces jeunes pousses. La clef est bien sûr de dépasser le stade des incubateurs et autres levées de fonds "early stage", de renouveler des taux de croissance annuels à 2 chiffres de l'activité via un développement accéléré sur les marchés cibles à l'international.

 

Le dynamisme de l'entrepreneuriat féminin

 

Un autre indice du dynamisme entrepreneurial qui s'est installé en France, ce sont les chiffres dévoilés par la branche française du réseau Girls in Tech qui lui aussi communique avec son propre baromètre : les femmes qui entreprennent en technologie ont levé 90 millions € en 2015, soit 3,5 fois plus qu'en 2014 ; et 50% des femmes créatrices d'entreprise on levé des fonds en amorçage (32% des hommes), ce qui indique qu'encore plus pour les entrepreneuses françaises, on se trouve en début de croissance de leurs projets.

Les opérations les plus importantes sont VestiaireCollective (33 M€), Connecthings (9,5 M€) et 1001Pharmacies (6,5 M€).

A noter que plus de la moitié des entrepreneuses se lancent associées avec des hommes : je suis prêt à parier que c'est un facteur qui contribue au succès des projets.

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