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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 20:03

L'accord, signé au cours du Salon de l'aviation au Bourget qui vient de se terminer, permet aux deux nouveaux actionnaires de rejoindre les actionnaires historiques, ACE Management, CEA Investissement, EUREKAP! et Inocap Gestion.

 

Grâce à ce nouveau tour de table, Kalray espère pouvoir accélérer la commercialisation de sa gamme de produits actuels, en l'occurrence la troisième génération de microprocesseurs, et financer le développement de sa nouvelle génération de microprocesseurs.

 

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 20:01

Selon SilMach, les solutions PowerMEMS ont été développées pour les besoins de motorisation des systèmes nomades (montres, objets connectés, etc.). Associées à un Asic adapté aux applications ciblées, elles sont capables d’animer des mécanismes en translation (actionnement d’ouvrants, de volets, de fentes ou de trappes, etc.) ou en rotation (mécanismes d’engrènement, ouverture de diaphragmes…). Si le premier domaine d’application des PowerMEMS est celui de l’horlogerie (SilMach a réalisé dès 2008 le premier prototype de mouvement de montre quartz intégré motorisé par un circuit PowerMEMS et un Asic haute tension connecté à une pile horlogère), les micromoteurs Mems vont révolutionner l’animation des objets de très petites dimensions, qu’ils soient militaires ou civils, indique la DGA.

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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 19:38

Depuis des années, l'Europe négocie avec les Etats-Unis un encadrement des transferts de données des Européens hors de l'UE, notamment par les GAFAM (Google Amazon Facebook Apple Microsoft). Ainsi en 2016, le Privacy Shield a succédé au Safe Harbor invalidé par la Cour de Justice Européenne, à cause des ses nombreuses failles ; l'administration Obama assurait alors que l'accès aux données "serait soumis à des limitations, à des conditions et à des mécanismes de surveillance bien définis". Mais depuis son élection, Donald Trump et son équipe n'ont apporté aucune garantie, c'est plutôt l'inverse avec « America first ». Dans ce contexte très incertain, le positionnement de Qwant n'en devient que plus attractif.

Qwant, c'est un moteur de recherche qui n'a pas de mémoire : chaque nouvelle recherche ne tient aucun compte des recherches précédentes. Il ne prend aucune de vos données personnelles, ne connait pas vos opinions, vos habitudes, vos centres d'intérêt : il respecte votre vie privée. On peut dire qu'il ne vous flatte pas, il ne cherche pas à vous faire plaisir comme les autres moteurs qui eux tentent de vous donner des réponses correspondant à vos goûts, à vos recherches antérieures qui sont mémorisées — et commercialisées …

Qwant s'engage à respecter la vie privée des internautes, à maintenir l’anonymisation des requêtes et la neutralité des résultats.

 

Plusieurs types de résultat sont proposés : Images, Web, Actualités, Qnowledge Graph (lien avec Wikipedia), Social (réseaux sociaux, derniers tweets liés à la recherche), sur une seule page qui s'affiche en continu – "infinite scroll".

D'autres rubriques sont accessibles : vidéos, shopping – des liens web d'affiliation, qui sont les seuls revenus de Qwant, boards – des agrégations de contenus sur des thématiques choisies par des utilisateurs. Au lieu de se rémunérer comme Google sur les clicks vers les sites "sponsors", Qwant a choisi l'affiliation : il est rémunéré quand une vente se produit sur un site de e-commerce auquel on aboutit via Qwant.

 

Fondé en 2011, par Éric Léandri, Jean-Manuel Rozan et Patrick Constant, Qwant a lancé son moteur de recherche en 2013. Au départ, 3,5 M€ ont été réunis par les fondateurs ; en juin 2014, le groupe de presse allemand Axel Springer prend une participation de 20% puis en octobre 2015, Qwant obtient de la BEI un prêt de 25 M€.

Fin 2014, est lancé Qwant Junior, une version sécurisée pour enfants qui enlève tous les contenus violents. En octobre 2015, Qwant Lite est annoncé pour les anciens navigateurs et les connexions Internet à bas débit. Début 2017, les versions IOS et Android sont lancées.

En février 2017, Qwant lève 18,5 M€ auprès d'Axel Springer (*) et de la Caisse des Dépôts, lui permettant d'accélérer son développement en Europe puis vers 166 pays et d'achever l'indexation de tout le Web. Le nombre de requêtes augmente actuellement de 20% par mois, avec plus de 2,6 milliards de requêtes en 2016.

 

Alors n'hésitez pas, adoptez Qwant !

 

(*) Axel Springer, un groupe de media en pleine mutation numérique

Groupe leader de la presse allemande avec Bild et Die Welt, Axel Springer a entrepris depuis 10 ans une mutation vers le numérique à marches forcées, revendant certains titres papier pour investir dans les media numériques. Il applique sa recette : « La presse, ce sont trois métiers: vendre des contenus journalistiques au public, vendre des espaces publicitaires aux annonceurs et vendre des petites annonces. » à sa transition numérique. Il a ainsi racheté Se Loger.com, Lacentrale.fr, Au féminin.com, et a investi dans Business Insider et dans la version européenne de Politico.

Les journalistes de Bild et Die Welt, travaillent indifféremment pour les supports papier et Web avec des moyens ultramodernes. La mutation parait en voie de réussite avec plus de la moitié d'un chiffre d'affaires supérieur à 3 milliards € dans le numérique.

L'intérêt d'Axel Springer pour Qwant n'est pas anodin et on peut être certain qu'il va soutenir vigoureusement le moteur de recherche : en 2014, Axel Springer a tenté de s'opposer à Google sur la propriété intellectuelle des contenus de ses sites et a abandonné ce bras de fer au bout de 15 jours, les visites de ses sites ayant baissé de 40%.

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 17:26

Depuis des mois, les media répètent en boucle ce que des gurus sans doute bien intentionnés leur ont inculqué : que les produits français ont une image de milieu de gamme, similaire aux produits espagnols alors que les coûts français sont au niveau allemand, alors que les produits allemands ont une image haut de gamme qui justifie sans difficulté des prix plus élevés. Ce positionnement défavorable des produits français serait un élément majeur empêchant la croissance et la baisse durable du chômage. En filigrane, il y a une critique des entrepreneurs français : ces derniers seraient incapables de réaliser et de positionner leurs produits en haut de gamme. Cette vision simpliste semble plaire aux media et peut-être implicitement aux politiques, et on n'entend guère de voix qui la remettent en question.

 

L'étude Made-In-Country 2017 de Statista

 

Une étude annuelle de Statista tend à prouver largement le contraire – Statista fondée en 2007, est un des leaders mondiaux en statistiques et études sur Internet avec plus de 250 experts, statisticiens et analystes. A l'origine de Statista, deux jeunes pousses allemandes situées à Hambourg, qui ont su s'imposer auprès de plate-formes Internet qui reprennent leurs analyses en tant que partenaires : Mashable.com, Business Insider, Wall Street Journal, The Independent et Forbes. On observera la forte présence de partenaires américains, ce qui fait supposer qu'une grande partie de l'activité de Statista provient de l'Amérique du Nord.

 

L'étude réalisée début 2017 auprès de 43 000 consommateurs de 52 pays, correspondant à 90% de la population mondiale, a porté sur les propriétés que ces consommateurs associent aux produits de chacun des pays et sur les réponses à une question plus globale : "Sur de nombreux produits, vous trouvez une indication sur le pays où chaque produit est fabriqué ; quel est votre opinion sur les produits "Made in ...?"

 

Le meilleur score a été obtenu par les produits allemands (100/100), suivis de très près par les produits suisses (98/100), puis par un concept introduit par l'UE et qu'a repris Statista : les produits fabriqués en Europe (92/100). Ensuite : Royaume-Uni (91), Suède (90), Canada (85), Italie (84) et groupés au 8è rang avec le même score : Japon, France et Etats-Unis (81). L'Espagne se trouve au 20ème rang avec un score de 64 derrière la Finlande, la Norvège, les Pays-Bas, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Danemark, l'Autriche, la Belgique et l'Irlande ... mais devant la Corée du Sud et Singapour. Curieusement, la Chine se trouve au 51ème et avant-dernier rang avec un score de 28, derrière le Bangladesh et suivie par l'Iran ! Autre anomalie, Israël est 44 ème (36) au même niveau que l'Inde.

 

Que penser de l'étude de Statista ?

 

On peut se demander – sans mauvaise foi, si Statista étant une société allemande, cela n'explique pas en partie l'excellent score de l'Allemagne ... N'oublions pas l'un des atouts des entreprises allemandes à l'international : elles savent chasser en meute !

Le bon score obtenu par les produits fabriqués en Europe s'explique à mon sens par le poids important de l'Allemagne dans le commerce mondial : les produits allemands sont les plus connus dans le monde entier et leur excellente image s'étend aux autres produits européens, appuyée par la très bonne image d'autres origines comme la Suisse, le Royaume-Uni, la Suède et l'Italie. Et la France n'est pas loin, ce qui au total doit dépasser les 80% du commerce des pays d'Europe avec le reste du monde.

On peut également penser qu'une forte proportion de consommateurs interrogés sont des européens, Statista se gardant bien d'indiquer leur répartition par pays. Il en résulte que les pays européens sont globalement bien classés, parce que leurs produits circulent d'abord au sein de l'Europe et sont mieux connus des Européens que ceux venant du reste du Monde.

On ne peut s'empêcher de juger qu'il y ait un biais négatif dans l'étude à l'égard de certaines origines comme la Chine et Israël. Pourtant la Chine se détache dans l'étude avec une très bonne image de rapport qualité-prix ... Le faible score signifie sans doute qu'à part cet attribut, la Chine ressort avec de faibles scores : malgré le fort courant d'achat de produits chinois dans de nombreux pays comme la France, ils ont probablement de faibles scores sur des propriétés comme le design d'excellence, l'originalité, le symbole de prestige, l'authenticité et la durabilité.

Quant à Israël, il souffre sans doute d'une connotation politique, notamment vis-à-vis des européens, ce qui pénalise l'image de ses produits auprès des consommateurs.

 

Et le Made In France ?

 

D'après l'étude, on voit que la France se détache nettement par rapport à l'Espagne sur le plan de l'image des produits, avec un score nettement supérieur, ce qui contredit les déclarations des media.

Sur le plan des échanges avec l'Espagne, la France est un exportateur net (à hauteur de 1 milliard € en 2015), ce qui démontre que, malgré la faible compétitivité supposée de la France, cette dernière réussit à vendre plus qu'elle n'achète ...

Je suis tenté d'affirmer que les media perdent toute crédibilité, en citant l'Espagne comme un concurrent direct proposant des produits comparables à la France, avec lequel elle serait en position de faiblesse.

Ce qui est certain, c'est que la France est en position de faiblesse avec son premier partenaire commercial : l'Allemagne. Avec un niveau des ventes et des achats entre les deux pays largement supérieur à ce qu'il est avec n'importe quel autre pays : exportations 71,4 Md€, importations 86,7 Md€ en 2015 (nº2 export Etats-Unis 32,6 Md€, nº2 import Chine 46,8 Md€), le solde est négatif à hauteur de 15,3 Md€, soit la moitié du déficit de la balance commerciale française.

Les propriétés associées aux produits français qui se détachent le plus, sont les suivantes : la haute qualité, le design d'excellence et le symbole de prestige ; pour ces propriétés, les scores de la France sont égaux ou supérieurs au double du score moyen. Il est très probable que les produits soient considérés comme chers puisqu'associé à un score élevé en haute qualité, on observe un rapport qualité-prix inférieur à la moyenne.

 

 

 

 

 

L'intérêt de ce diagramme est de permettre d'identifier des domaines où les producteurs français pourraient investir afin d'améliorer leur image et leur potentiel dans d'autres pays : notamment en termes de durabilité qui apparait comme rarement citée, et rapport qualité prix.

 

On notera au passage que les produits allemands obtiennent leurs meilleurs scores en haute qualité (1,5 fois le score français) et normes de sécurité élevées (double du score français), les japonais en technologie de pointe (+165% du score français), les suisses en symbole de prestige et authenticité (quasiment à parité avec les produits français sur ces propriétés : 22/20 et 21/19) et les italiens en originalité (les produits français ne sont pas loin) et design d'excellence. Cela ne vous étonnera certainement pas !

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 20:51

DreamUp Vision a été créée en juin 2016 à la suite d'un projet développé au cours d'un Hackaton organisé en mars 2015 par Novartis sur les problèmes des diabétiques.

Les deux fondateurs : Ekaterina Retinskaya Besse, diplômée de l'université Lomonosov de Moscou et docteur en physique théorique du CEA Saclay, et Nicolas Meric, docteur en physique des particules du CERN viennent de DreamQuark, une société fondée en 2014 par ce dernier ; DreamQuark a pour vocation d'aider les sociétés d'assurance et du domaine de la santé à mieux utiliser leurs données afin d'améliorer leurs modèles de prévision.

DreamUp Vision est hébergée par l'incubateur de l'Institut de la Vision, au sein de l'hôpital des Quinze-Vingt, à Paris.

 

Nos fondateurs ont rassemblé une équipe de haut niveau spécialisée en intelligence artificielle, notamment en apprentissage automatique ("deep learning"), et passionnée pour son application au domaine médical. Dans ce domaine, l'accès aux données est primordial pour permettre aux algorithmes de devenir "intelligents", c'est-à-dire savoir identifier la présence d'une pathologie lors d'une analyse en la comparant à des milliers d'analyses de patients atteints de la même pathologie.

Au départ, l'équipe de DreamUp Vision s'est intéressée à la rétinopathie diabétique « parce qu’elle est très fréquente, mais aussi parce qu’il y a une grande quantité d’images disponibles. Pour d’autres problèmes ophtalmologiques, comme la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), nous sommes freinés par le manque de données » comme l'a déclaré Johan Ferret, l’un des analystes de DreamUp Vision. Ils ont pu ainsi poursuivre l'apprentissage de leur programme avec 90 000 images de fond d’œil de patients atteints de la pathologie. Les résultats paraissent particulièrement probants : selon Ekaterina Besse, la maladie est dépistée dans 97,5 % des cas, contre 96 à 98 % par les ophtalmologues. Les essais cliniques sont en cours et la commercialisation est attendue pour fin 2017.

 

Selon DreamUp Vision, il y aurait 39 millions de non voyants dans le monde, soit environ 5‰ de la population mondiale – cette évaluation semble excessive considérant que la proportion de non voyants dans les pays développés est d'environ 1‰ ; celle des malvoyants serait d'environ 285 millions. Les principales causes de déficience visuelle sont la cataracte, le glaucome, la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), les opacités cornéennes, la rétinopathie diabétique et les affections oculaires chez les enfants. Dans des pays comme l'Inde ou l'Afrique centrale, le mauvais état sanitaire et l'absence de prévention et de soins engendrent une fréquence très importante des problèmes oculaires. Mais en parallèle, le surpoids et l'obésité dans les autres pays augmentent la proportion de diabétiques, une situation qui empire depuis des décennies – le nombre de diabétiques serait susceptible d'augmenter de 53% d'ici à 2030. Statistiquement, 75% des personnes diabétiques depuis plus de 20 ans sont atteintes de rétinopathie diabétique (RD). Et comme pour beaucoup de pathologies, un diagnostic précoce, permet de freiner et même de stopper le développement de la maladie.

 

Un diagnostic efficace pour le plus grand nombre !

 

Il y a une pénurie mondiale de spécialistes ophtalmologues, non seulement dans notre pays, en Europe, mais encore plus dans les pays où il y en aurait le plus besoin : l'Inde, l'Afrique,... On peut imaginer que la technique de diagnostic développée par DreamUpVision puisse être mise en oeuvre par des généralistes au cours d'examens qui, idéalement, devraient avoir lieu au moins tous les ans ...

Peut-être les camions d'Essilor qui circulent dans les campagnes des pays tropicaux pour réaliser sur place des lunettes à un dollar, traiter les cataractes, ... pourront-elles dans un futur proche, diagnostiquer la rétinopathie diabétique et pourquoi pas la DMLA (qui elle aussi peut être traitée efficacement si le diagnostic est précoce) ?

Ou cela pourrait faire partie du programme Eye Mitra qu'Essilor a récemment lancé en Inde pour former et accompagner de jeunes entrepreneurs dans la création de centres de soins ophtalmiques ? A ce jour 3 000 start-ups ont été ainsi créées et selon Hubert Sagnières, PDG d'Essilor, 10 000 le seront avant 2020, surtout dans les campagnes indiennes.

 

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 21:33

Dans un article récent des Echos, Jean-Baptiste Rudelle, PDG cofondateur de Criteo et président du club de jeunes entreprises The Galion (*), aborde une question rarement évoquée par les créateurs d'entreprise : comment répartir le capital initial d'une entreprise ? Dans un dossier publié sur le site du club, https://thegalionproject.com/blog/story/1178/comment-repartir-le-capital-de-depart-entre-fondateurs, JB Rudelle détaille une méthodologie complète pour guider les équipes et prendre la meilleure décision de répartition du capital.

 

Une enquête auprès de 70 entrepreneurs membres du Galion (le club en comprend maintenant plus de 120), a montré qu'un courte majorité d'entre eux ont décidé d'une répartition inégalitaire, où certains ont plus de capital que d'autres. Pourtant, les indices mentionnés par JB Rudelle – montant des levées de fonds, valorisations de sortie, donnent largement l'avantage à ce mode de répartition. En particulier, les montants des fonds levés sont en moyenne deux fois plus importants dans le cas d'une répartition inégalitaire. Naturellement JB Rudelle modère ces résultats en indiquant qu'on ne peut "affirmer qu'une répartition égale conduit forcément à l'échec" (sic).

 

A l'évidence, JB Rudelle fait pencher largement la balance en faveur d'une répartition inégalitaire. Sa méthodologie met l'accent sur des éléments mesurables qui conduiront à des évaluations chiffrées des parts de capital détenues par chaque fondateur ; il y a cependant d'autres éléments qui à mon sens, auront en fait plus de poids.

 

L'ambition du projet

 

Plutôt que de s'arrêter aux chiffres, il me parait important de voir ce qui se profile derrière eux : pour appuyer une levée de fonds, il faut un projet de développement motivé, structuré et crédible. Plus le projet est ambitieux, plus le montant à lever sera important. La crédibilité repose certainement sur la qualité de l'équipe qui le porte et sur l'expérience du CEO mais aussi sur la clarté de sa vision, sa personnalité et son charisme et sa capacité d'entrainement et de prise de décision, son envie et son audace, qui seront perçues et appréciées par les investisseurs. Si le projet entrepreneurial est ambitieux, c'est qu'un héros en est le premier porteur.

 

JB Rudelle nous indique bien qu'"une équipe qui n’a pas clarifié dès le départ qui est censé trancher en dernier ressort fait fuir les investisseurs. Le choix de celui qui sera le CEO de la jeune pousse, est un élément très structurant du projet".

 

Dans la mesure où ce choix s'imposera aux autres fondateurs, le fait que le CEO détiendra une part plus importante du capital devrait s'imposer de lui-même.

 

Une situation particulièrement risquée : 50/50

 

J'irai plus loin que JB Rudelle : la répartition 50/50 du capital entre deux fondateurs est à éviter, c'est une situation très risquée. Il se peut qu'il y ait au démarrage de l'entreprise une parfaite entente entre deux fondateurs, une vision et des valeurs partagées ; dans ces conditions, ils sont souvent tentés de ne pas différencier leur part du capital, craignant que cela affecte leur belle entente et déséquilibre leurs rapports. Mais c'est l'inverse qui peut se produire : c'est la répartition 50/50 qui risque de conduire à un blocage et une incapacité à prendre les décisions. Aucun des deux ne détient la majorité et toute décision requiert l'accord conjoint. Ce qui parfois débouche sur de graves dommages, y compris la dissolution de l'entreprise.

C'est un peu comparable à la situation des héritiers d'une propriété qui se trouvent en indivision : si il n'y a pas d'accord possible, le juge décidera de la vente de la propriété.

 

Les risques associés à la répartition égalitaire sont certainement perçus négativement par les investisseurs lors d'une levée de fonds ; ce qui explique en partie sans doute la constatation de JB Rudelle que dans ce cas, les fonds levés et les valorisations sont moins importants.

 

(*) Qu'est-ce-que The Galion ?

Il se définit ainsi : The Galion Project est un think tank qui réunit les entrepreneurs dont l'ambition est de changer le monde grâce à l'innovation de rupture. Le but est d'échanger ensemble pour construire les champions numériques de demain.

Nous partageons des expériences hors du commun grâce au kitesurf et aux sports de glisse.

Notre leitmotiv: « think and play ».

 

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 21:39

Comme souvent en période où des innovations de rupture se répandent, où de nouvelles technologies surgissent, nous constatons que la peur s'installe dans les domaines et dans les métiers le plus affectés par ces changements : que les nouvelles machines, et maintenant les nouveaux robots tuent les emplois et créent du chômage.

 

Ce qui est inquiétant, c'est le nombre de personnes prêtes à suivre les démagogues qui surfent sur ces peurs ; ils parlent de taxer les robots ; ils évoquent la "fin du travail" et une fois de plus, comme à l'époque de la dame des 35 heures, font miroiter l'imaginaire d'un univers où l'on travaillerait moins d'heures, on partagerait l'offre réduite de travail et que cela diminuerait le chômage. Et les media ne sont pas les derniers à reprendre ces thèmes.

 

En fait, ces démagogues sont écoutés parce que les personnes qui les suivent, ne connaissent pas ou ont oublié l'évolution du monde depuis plus de 200 ans. Nous sommes passés dans ce temps très court à l'échelle de l'histoire, d'une économie rurale où 90% de la population vivait (mal) d'une agriculture où la seule aide venait des animaux de trait, à une économie industrielle puis de services, où moins de 5% de la population fournit de quoi nourrir 7 milliards d'individus, alors que la terre était peuplée de 1 milliard d'habitants seulement en 1800 à l'aube de cette révolution dite industrielle.

 

La disponibilité de l'énergie à bon marché, la mécanisation, les automatismes, les machine-outils de plus en plus sophistiquées, les robots, l'informatique ont peu à peu envahi l'agriculture puis l'industrie et maintenant les services, permettant de produire plus et mieux avec moins de personnes. En parallèle, de nouveaux métiers se sont développés. L'homme a démontré encore et encore qu'il était capable d'inventer, d'innover dans tous les domaines, ce qui a permis de manière continue de produire plus et mieux, beaucoup mieux, à des coûts globalement à la baisse.

 

Une étude récente de Deloitte a ainsi démontré qu'au lieu de détruire les emplois, le progrès technique est au contraire une machine à créer toujours plus d'emplois ! Ce sont les emplois les plus pénibles, demandant le moins de compétences et les plus dangereux qui ont décliné.

 

La relation entre robots et chômage

Des chiffres obtenus par la fédération internationale de robotique et l'OCDE imposent d'eux-mêmes l'évidence que ce ne sont pas les robots qui créent le chômage. Ils auraient au contraire la vertu de le faire baisser.

La tableau ci-dessous en est un extrait :

 Nº robots/10000 employésTaux de chômage
1erCorée du Sud5313.40%
Singapour3982.20%
Japon3053.10%
Allemagne3013.90%
Etats-Unis1764.80%
14èFrance1279.60%

 

 

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 22:05

L'Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) vient de publier son "palmarès" des déposants de brevets français pour 2016. Très naturellement, ce palmarès est un outil de communication et de promotion pour cet établissement public, dont le logiciel repose sur le principe que la propriété industrielle et la politique d'innovation doivent être alignés par les entreprises comme par les organismes de recherche.

Toute la sphère publique, et notamment la BPI mettent en avant le même logiciel. Ainsi, lorsque l'on répond à un appel à projets innovants visant à obtenir des financements publics, il est important d'inclure dans le dossier un plan de dépôt de brevets. Sinon, on est quasi certain de ne pas être retenu par le jury.

 

En préambule de son palmarès, l'INPI décerne des lauriers aux premiers du classement en précisant qu'ils représentent les "secteurs industriels où la France est en pointe".

On sera peut-être tenté d'en déduire que les autres secteurs, peu représentés, ne sont pas en pointe et que ne sont pas innovantes, les entreprises absentes du classement alors que leurs confrères et concurrents y sont bien présents. On remarquera que la présence dans le palmarès desdits secteurs et entreprises est récurrente année après année. Mais dans la réalité, la politique de brevets des entreprises ne se traduit pas nécessairement par une réussite plus ou moins accentuée. Ainsi depuis plus de 10 ans, sur un marché automobile où l'innovation est un facteur majeur, PSA a été en tête du palmarès — sauf en 2016, et  a déposé près de deux fois plus de brevets que Renault, alors que cette dernière a rattrapé et dépassé PSA en termes de chiffre d'affaires et encore plus en profitabilité.

Dans le secteur très technologique des cartes à puces, Oberthur apparait à la 20ème place alors que le leader mondial Gemalto, n'est pas présent dans le Top50, avec un chiffre d'affaires près de 4 fois plus élevé que son concurrent. Dans le domaine pharmaceutique, où pourtant les brevets ont une grande importance, réputé par ses investissements en R&D, aucune société n'apparait dans le palmarès.

 

 

Plusieurs facteurs entrent en jeu dans une stratégie de dépôts de brevets

 

- déposer un brevet conduit l'entreprise à communiquer sur une activité de recherche dans un domaine déterminé ; les concurrents sont alors informés sur les centres d'intérêt et les axes de sa recherche. Par défaut, les concurrents peuvent en déduire que d'autres domaines où il n'y a pas de publication de brevets, ne sont couverts par les recherches en cours.

 

- déposer des brevets plus ou moins solides mais en grand nombre, permet de bâtir une sorte de mur de protection pour un produit dont le brevet initial est en train de tomber dans le domaine public. C'est une stratégie fréquemment utilisée dans le domaine pharmaceutique pour protéger une formule médicamenteuse ancienne.

 

déposer des brevets dans un secteur très concurrentiel est une décision chargée de risques, surtout si des concurrents plus gros que vous sont prêts à en découdre et à attaquer vos brevets ; on considère que la défense d'un brevet coûte typiquement $1 million. C'est bien sûr hors de portée d'une start-up ou d'une PME, c'est une affaire pour les grandes entreprises. En témoignent les procès récents entre des géants comme Apple et Samsung

 

- démarrer une activité ou une entreprise en s'appuyant sur des brevets dont un organisme de recherche sera heureux de vous accorder la licence, est une opération à lancer avec beaucoup de précautions : si ces brevets sont attaqués, l'organisme de recherche n'aura jamais les ressources pour les défendre et vous serez laissé à vous-même pour en assurer la défense.

 

 

Comment analyser la stratégie de Valeo ?

 

Entre 2012 et 2016, Valeo a pratiquement triplé le nombre des brevets déposés chaque année, en venant à devenir le leader du palmarès 2016 passant de 393 à 994 dépôts. La croissance du chiffre d'affaires de la société a été très dynamique pendant ces dernières années, passant de 7,5 milliards € en 2009 à 16,5 milliards en 2016 et visant maintenant 27 milliards en 2021.

Mon sentiment est que Valeo construit un mur de protection dans les domaines où elle vise le leadership mondial : la voiture électrique, la voiture autonome et connectée et les nouveaux services numériques. On constate que les autres équipementiers automobiles sont distancés dans le palmarès : Bosch au 12ème rang, Continental au 17è, Plastic Omnium au 25è ... mais la concurrence est sévère.

Valeo investit chaque année 10% de son chiffre d'affaires en R&D et cela semble être la bonne formule pour croître de 10% par an ... Et il est assez évident que la stratégie brevets de Valéo est cohérente avec sa stratégie de croissance mondiale qui recherche la clientèle de tous les constructeurs automobiles, dans tous les pays.

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 22:35

Le croissance du marché des smartphones ralentit depuis quelque temps. Sauf pour Crosscall qui s'est bâti une solide réputation en réalisant des téléphones durcis qui résistent à l'eau, au sable, à la boue, au froid, aux chutes.

 

Fondée fin 2009 à Aix-en-Provence par Cyril Vidal, Crosscall doit son origine à la constatation qu'il n'existait aucun téléphone portable résistant à l'usage éprouvant des chantiers comme des sports de plein air. Les premiers téléphones sortent en 2011 et le chiffre d'affaires s'envole pour atteindre les 30 M€ en 2016 avec près de 80 employés. D'abord commercialisé par les points de vente d'équipements et fournitures pour le BTP, les téléphones de Crosscall ont été ensuite vendus par les grandes surfaces de l'électronique et du sport comme Decathlon et surtout le Vieux Campeur et maintenant par SFR, Orange et Bouygues.

 

Crosscall lève 4,5 M€ en avril 2016 auprès d'ACG Management suivi de 2 M€ auprès de BPI afin de financer son développement international, et signe un accord avec Xtreme Distribution lui donnant accès à 37 000 points de vente dans le monde.

 

La gamme des produits Crosscall comprend actuellement une dizaine de téléphone d'un petit téléphone étanche avec double carte SIM à 60 € au smartphone 4G à écran de 4,5 pouces à 400 €. Il semble que la concurrence internationale actuelle de Crosscall soit le fait d'un tout petit nombre d'acteurs de taille similaire. Si Crosscall continue de tenir ses promesses de performance, de qualité et d'innovation, elle pourrait acquérir rapidement une position de leader, un peu comme GoPro l'a réussi en peu d'années. Mais attention : plus la position est élevée, plus la clientèle est exigeante.

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 20:53

Au dernier CES de Las Vegas, la jeune pousse lyonnaise Twinswheel fondée en 2016 par Vincent et Benjamin Talon, deux frères jumeaux, à Saint-Genis-Laval, près de Lyon, a présenté son robot de livraison en milieu urbain. Ce n'est encore qu'un prototype, mais il semble avoir eu un grand succès.

 

En développement depuis 3 ans, par une équipe aguerrie d'automaticiens, ce robot appelé droïde, serait mis sur le marché dès 2020. Il parait que de nombreux groupes dont Daimler, s'affairent sur des projets similaires. Le marché est effectivement gigantesque, plusieurs milliards de colis sont ainsi livrés par an et cela ne fait que s'amplifier ; en milieu urbain, les drones d'Amazon ne sont pas vraiment utilisables et depuis longtemps, on incite les clients à aller chercher leurs colis à un dépôt, ce qui ne leur plait pas forcément, surtout quand le colis est un peu lourd. Et chacun se doute que la livraison personnalisée sur le dernier kilomètre est très coûteuse.

 

Le robot est conçu pour transporter un seul colis de 40kg maximum. Le robot lui-même ne pèse que 35kg et est haut de 70cm. Il roule jusqu'à 30km sur route (plus vite qu'un vélo) et à 6km/h sur les trottoirs, ralentissant à 2km/h quand son parcours est encombré. Il est bardé de capteurs, d'une caméra 3D, 4 caméras 2D et d'un lidar, un laser dédié à la détection des obstacles.

 

La jeune pousse est accompagnée par des groupes comme le division GeoPost de La Poste et Boulanger. Elle est actuellement hébergée par l'incubateur de l'EMLyon.

Par contre, au-delà des annonces produit faites à l'occasion du CES, on ne sait pratiquement rien sur la stratégie de développement, ses ressources financières. Est-elle en fait déjà une filiale de La Poste ?

 

Et pourtant, l'enjeu est très important et l'implication d'investisseurs bien connectés mondialement, notamment sur le marché américain apparait nécessaire pour que cette jeune pousse ait un vrai futur.

 

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Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
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