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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 21:02

Depuis sa création en 2004, Crocus Technology a levé 180 millions €, en 5 tours de table successifs. Le dernier en date, en juin dernier, a fait appel aux mêmes investisseurs qui lui font toujours confiance : Idinvest Partners, Sofinnova Partners,Innovation Capital,NonaDimension, Ventech, CEA Investissement, Rusnano, Industrial Investor Groupe et Krens Capital pour un montant de 19 millions €.

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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 11:26

La Ruche qui dit oui a de grandes ambitions et a réussi à convaincre déjà à 4 reprises les investisseurs. Pourtant elle est loin d'être la seule sur son créneau : court-circuiter les intermédiaires et mettre les agriculteurs directement en rapport avec les consommateurs.

 

Rien que sur nos marchés de plein air traditionnels, depuis des siècles, les paysans viennent vendre leurs produits frais, récoltés la veille ou même le matin et repartent quand tout est écoulé. Cette pratique de vente directe, affranchie des marchés de gros et autres intermédiaires, continue d'exister dans nos villes et villages de province, notamment à Barcelonnette que je connais bien. On y trouve ainsi des éleveurs de chèvre qui apportent leurs fromages, un agriculteur d'Espinasse, près de Serre-Ponçon, qui vend ses fruits et légumes neuf mois par an, et il y a quelque dix ans, un parisien qui s'est installé dans la vallée de l'Ubaye, et proposait ses poulets et ses légumes bio ; malheureusement il n'a pas réussi à maintenir son activité plus de 3 ou 4 ans (produire des légumes en Ubaye est une gageure à cause du climat particulièrement dur, sec en été et froid pendant de longs mois d'hiver).

Cette pratique de vente directe est sans doute à marge très élevée pour l'agriculteur, mais on peut craindre que le volume vendu soit aléatoire (les ventes en plein air dépendent beaucoup du temps qu'il fait) et globalement insuffisant au regard du temps et de l'effort nécessaire pour assurer la logistique et la vente ainsi que des moyens à mettre en oeuvre. De plus, pendant ce temps, l'agriculteur ne peut travailler dans son exploitation : cette polyvalence est difficile à équilibrer.

Depuis le 19è siècle, cette pratique est en déclin, sans doute à cause à la fois du caractère aléatoire du volume vendu (on n'est jamais sur de vendre toute sa production et on est souvent obligé d'accorder des rabais) et de la spécialisation, de la mécanisation et de la taille des intermédiaires qui rendent ces derniers plus compétitifs et performants (grossistes, entrepôts, transporteurs, grandes surfaces de distribution).

 

Avec La Ruche Qui Dit Oui, un modèle "disruptif" se met en place, grâce à une plate-forme Internet qui joue le rôle du marché de plein air traditionnel et met en relation producteurs et consommateurs. L'offre et la demande se rapprochent facilement, éliminant le caractère aléatoire du volume vendu. Le consommateur commande en ligne selon les disponibilités de la semaine et vient prendre livraison de sa commande à la "Ruche" et y rencontre les producteurs.

 

Fondée en 2010 par Guilhem Chéron et Marc-David Choukroun, avec l'appui de Marc Simoncini, Xavier Niel et Christophe Duhamel,  

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 21:29

Alkemics, située 8 rue du Sentier à Paris, a été fondée en 2011 par Antoine Durieux (X-Stanford) rejoint quelques mois plus tard par Antoine Perrin (X-Télécom) et Benoît Portoleau, précédemment directeur commercial de Criteo. Ils ont été depuis rejoints par Eyal Lavin, un financier lui aussi venant de Criteo.

 

Après 3 ans de développement, Alkemics lance en septembre 2014 Product Stream, une plate-forme collaborative qui permet aux industriels de la grande consommation et à leurs responsables de marques de transmettre toutes les informations sur leurs produits aux acteurs de la distribution et in fine aux consommateurs ; toutes les caractéristiques des produits sont traitées : ingrédients, images, étiquettes, mode d'utilisation et de production,... ; cette plate-forme met en oeuvre un langage simple et très complet compréhensible par tous les acteurs de la grande consommation et permettant de décrire les produits par plusieurs milliers d'attributs, à l'aide d'algorithmes adaptés. Les cibles visées comprennent les sites marchands, les sites de marque, les applications mobiles, les catalogues, ... Alkemics étant directement connecté aux acteurs de la distribution, cela permet d'enrichir facilement leurs sites avec une information à jour.

 

En peu de temps, de nombreux industriels comme Unilever, Nestlé, Danone, P&G, Mars, L'Oréal, Maille, Coca Cola, Kellogg's, Heineken, Lactalis, General Mills, Bel ... avec plus de 1300 marques, ont adopté Product Stream.

 

Accompagnée en 2012 par SEB Alliance (fonds d'investissement du groupe SEB) à hauteur de 250 k€ pour son amorçage, Alkemics, sur la lancée de l'introduction de son portail, a réussi à intéresser un fonds de capital risque international, Index Ventures ; ce fonds créé en 1996 à Genève, avec des bureaux à Londres et San Francisco, investit en Europe, Israël et aux Etats Unis. Son portefeuille actuel comprend plus de 150 entreprises dans 24 pays. Parmi ces dernières, Skype, MySQL, Dropbox et ... Criteo.

C'est ainsi qu'en mars 2015, Alkemics a levé 5 millions € avec Index Ventures en tant que chef de file, Partech Ventures et SEB Alliance. Les fonds sont destinés à la poursuite de la croissance et du développement des technologies d'Alkemics.

Dominique Vidal, associé chez Index Ventures a ainsi déclaré : « nous avons immédiatement décelé le potentiel de disruption du marché gigantesque qu’est la grande consommation. La qualité de la vision, le talent des équipes et la propension à innover nous ont rappelé l’ADN d’une « success story » bien connue : Criteo. Investir chez Alkemics s’est donc imposé comme un choix naturel. »

Simultanément, Franck le Quay, co fondateur de Criteo entre au conseil stratégique d'Alchemics.

 

Manifestement Alkemics s'est inspiré de la stratégie de Criteo pour développer et lancer Product Stream : une période de développement intense de plusieurs années et une mise sur le marché tonitruante, visant immédiatement une large cible internationale. La présence d'anciens de Criteo a permis d'opérer un bonne exécution. Comme l'a montré l'expérience de Criteo, la réussite de ce type de stratégie permet de croître très vite et de devancer efficacement la concurrence, laquelle n'a pas le temps d'émerger avant que des positions solides soient établies. La proximité d'Alkemics avec Criteo, lui a permis de se faire connaître d'Index qui est un des grands partenaires de Criteo, et de s'ouvrir encore plus les marchés internationaux.

 

Tout ce qu'on peut souhaiter est qu'Alkemics poursuive sa route avec succès, les prochaines étapes étant à coup sûr une implantation majeure aux Etats-Unis puis sans doute en Asie. On peut être certain qu'Index Ventures a conditionné son intervention par l'existence d'une telle stratégie dont l'exécution est déjà programmée. C'est ainsi qu'Alkemics pourrait atteindre à une échéance proche, des ventes d'un milliard $, comme le souhaitent sûrement les investisseurs d'Index, suivie (ou précédée) d'une introduction au NASDAQ.

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 21:18

Selon des études récentes du FMI et de l'OCDE, à partir d'un certain niveau, les inégalités induisent une baisse de croissance. Au contraire, la réduction des inégalités autoriserait une augmentation de la croissance.

Est-ce bien certain ?

 

Le niveau des inégalités est mesuré par un indicateur appelé coefficient de Gini. Ce coefficient est égal à 0 quand l'égalité de revenu est parfaite et à 1 quand tout le revenu va à un seul individu. Selon l'OCDE, ce coefficient a fortement augmenté entre 1985 et 2011-2012 pour de nombreux pays développés : 5 points en Allemagne, 6 points aux États-Unis, en Israël et en Nouvelle-Zélande, 7 en Finlande, et 8 points en Suède. Par contre, il est pratiquement inchangé en France, aux Pays-Bas et en Belgique. Il a même baissé en Grèce et en Turquie de 4 points (on peut émettre des doutes sur la qualité des statistiques remontant à 1985 pour la Turquie).

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 21:09

Le 28 avril dernier, le petit monde financier a été très surpris d'apprendre l'offre de rachat de Norbert Dentressangle, par un quasi inconnu : l'américain XPO Logistics. XPO est un important opérateur de courtage de fret et de services de transport intermodaux aux Etats Unis avec des ventes de 3,7 milliards $ et 10 000 employés. Norbert Dentressangle, bien connue pour ses camions rouges sillonnant nos routes, est plus gros que XPO, avec 42 500 employés et un chiffre d'affaires de 5,1 milliards €.

 

Cette offre proposait une prime de 36% sur le dernier cours de Bourse : une offre bien difficile à refuser par le public des actionnaires et qu'approuvait à l'unanimité le conseil de surveillance. La famille Dentressangle possédant 67% des actions, l'affaire était dans le sac !

 

Le petit monde financier a été très surpris parce que Norbert Dentressangle semblait bien installée sur une trajectoire de croissance dynamique à l'international, appuyée sur une présence en Bourse capable de lui fournir les ressources financières dont la société pouvait avoir besoin. Et voilà que du jour au lendemain, le dirigeant fondateur et sa famille abandonnent la poursuite de l'aventure entrepreneuriale qui a débuté en 1978 avec une activité de transport notamment de pommes entre la Grande Bretagne et la France.

 

En 1994, la société est introduite en Bourse et poursuit une croissance à la fois interne et externe avec l'achat en 2007 du groupe britannique Christian Salvesen, en 2010 de TDG et Schneider Logistics, de l'activité de fret de Daher en 2013 et enfin de l'américain Jacobson en 2014. A ce point, la société a une activité équilibrée entre la France, la Grande Bretagne et les Etats-Unis, et entre la gestion logistique et le transport.

 

Pourquoi vendre alors que l'équipe opérationnelle constituée autour du dirigeant fondateur qui n'a que 60 ans, semble tout à fait taillée pour continuer le développement. Ils ont du être tout à fait surpris, même "estomaqués" selon un syndicaliste par l'annonce de la vente. Norbert Dentressangle à la présidence du Conseil de surveillance a pris du champ et peut manifestement changer d'activité après toutes ces années de développement intense. Il annonce aux media que ses enfants n'ont pas souhaité reprendre et déclare que « Mes enfants ont exprimé clairement ne pas se voir endosser cette lourde responsabilité d’être actionnaires d’un groupe de cette taille » ; il indique avoir commencé « depuis deux ou trois ans » à réfléchir à cette question en famille.

 

Un cas remarquable d'absence de préparation ?

 

En fait, il s'agit à l'évidence d'une absence de préparation à une succession familiale et de volonté de poursuite d'une aventure patrimoniale.

On peut penser que Norbert Dentressangle était extrêmement accaparé par l'activité de son groupe, qu'il n'a pas su ou voulu attirer ses enfants dans cette activité ; cela aurait été un processus de longue haleine, amorcé très tôt. Ce processus n'a pas eu lieu et lorsqu'une offre financière séduisante s'est présentée, la famille entière s'est décidée.

J'irai jusqu'à penser que la croissance effrenée des 8 dernières années notamment aux Etats Unis a permis de valoriser le groupe à un niveau élevé. Ne s'agissait-il pas d'une stratégie de valorisation pour vendre au mieux ?

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 20:26

La loi Macron autorisant les liaisons longue distance en car n'a pas encore été votée que déjà des acteurs de poids multiplient les annonces. Ces acteurs : Isilines, Megabus et Flixbus possèdent déjà des positions solides dans d'autres pays d'Europe où ce mode de transport s'est développé depuis plusieurs années. On a manifestement affaire à des campagnes de communication de leur part, pour faire connaître leur nouvelle offre avant l'été, et en quelque sorte préempter le marché qui va émerger, espérant bénéficier d'une forte demande à l'époque des vacances. L'offre actuelle de ces opérateurs se connecte sur leurs liaisons internationales qui demeurent les seules légales à ce jour. Mais ils se positionnent dès maintenant pour amorcer un réseau français étendu dès que la loi sera promulguée.

 

Isilines est une nouvelle marque créée par Transdev (filiale de Veolia Environnement et de la Caisse des Dépôts) pour le marché français. Transdev participe déjà avec 28 autres compagnies de car au réseau Eurolines créé en 1985 qui couvre 36 pays en Europe et transporte 5 millions de passagers chaque année.

 

Megabus est une filiale du groupe Stagecoach qui est leader (20% du marché) dans le transport par bus en Grande Bretagne et détient une part significative du marché dans l'est des Etats-Unis, transportant 15 millions de passagers par an. Megabus a une politique agressive de bas prix et propose déjà un tarif de 1 € pour lancer 10 destinations au départ de Lyon.

 

MeinFernbus Flixbus est une jeune entreprise issue de la fusion début 2015 de Flixbus et MeinFernbus toutes deux créées en 2011. Avec la libéralisation du marché allemand en 2013, elle se sont très vite développées transportant 3,3 millions de passagers en 2013 et 11 millions en 2014, d'abord en Allemagne, et maintenant en Italie, Scandinavie et bientôt en France. Comme Megabus, MeinFernbus Flixbus a une politique de prix agressive qui lui a permis de s'imposer rapidement face aux services de car de la Deutsche Bahn.

 

En face, idBUS créée en 2012 par la SNCF est bien silencieux et ne fait aucune annonce.

Son réseau est pour l'instant limité à une sorte de couloir allant d'Amsterdam et Londres descendant jusqu'à Barcelone et Gênes par Paris et la vallée du Rhône.

 

 

 

Groupe

Année de création

Passagers /an en 2014 (millions)

idBUS

SNCF

 

2012

< 1

Isilines

Transdev

2015

0

Eurolines

Transdev + 28 partenaires

1985

5

Megabus

Stagecoach

 

15

MeinFernbus Flixbus

 

2012

11

 

 

Des marchés différenciés en Europe

 

Deux marchés se distinguent particulièrement : l'Espagne avec 32 millions de passagers et la Grande Bretagne avec 30 millions. Ces marchés ont été libéralisés il y a longtemps (la Grande Bretagne en 1980), et le transport par car y est devenu mature, se développant en parallèle avec le train.

Le marché allemand qui a été libéralisé en 2013 a connu une croissance explosive : 4 millions de passagers en 2012, 8 en 2013 et 20 en 2014.

 

Que va t'il se passer en France après la libéralisation

 

apportée par la loi Macron ? On peut estimer que l'on démarre d'un niveau inférieur à celui du marché allemand en 2012. Le fait que deux poids lourds Megabus et MeinFernbus Flixbus, se positionnent pour prendre rapidement des places avec une politique agressive de prix, va surement stimuler la concurrence et permettre une croissance rapide, même en partant d'un niveau bas.

Les péages des autoroutes françaises (aucun péage en Allemagne) limiteront la baisse des prix face au rail mais des distances en moyenne plus longues qu'en Allemagne ou en Grande Bretagne diminueront l'impact des frais fixes. Un autre facteur qui peut freiner la croissance, est le confort limité des gares routières, pour certaines leur mauvais état ou encore leur emplacement moins favorable que celui des gares : ce sera aux collectivités locales d'investir pour les rénover.

 

Je doute qu'Isilines soit préparée à se battre sur les prix face à ces deux acteurs, si on se réfère à la stratégie menée par Eurolines avec seulement 5 millions de passagers après 30 ans d'activité ! Je suis prêt à parier qu'elle visera un maillage étendu du territoire français en évitant de casser les prix sur les lignes à gros volume.

 

Quant à idBUS, je n'en donne pas cher, il risque fort de subir le même sort que les services de car de la Deutsche Bahn. La SNCF n'a pas les ressources financières pour lancer une attaque et sans doute pas la volonté, d'autant plus qu'elle craint de cannibaliser le rail. Et contrairement au discours convenu que l'on entend dans les media, ce n'est pas le covoiturage qui va être pénalisé mais plutôt le train et notamment les Intercités. En effet, le service apporté par les cars est beaucoup plus proche des trains que du covoiturage, la seule différence importante étant une durée plus longue des trajets. En fait, les cars en service sur les longues distances peuvent se targuer d'offrir un bien meilleur confort que les trains, surtout ceux qui roulent depuis 30 ans !

 

Sur les Intercités, espérons que la recommandation du récent rapport parlementaire de mener des expérimentations avec d'autres opérateurs avant l'ouverture à la concurrence prévue pour 2019, va être suivie d'effet !

 

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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 14:51

Arunachalam Muruganantham est un entrepreneur absolument extraordinaire, à la fois par sa persévérance, sa modestie, son esprit d'invention et finalement par l'impact social immense que son invention a entrainé en Inde son pays et dans bien d'autres pays émergents.

 

Il semble quasiment inconnu en France et pourtant, c'est un entrepreneur exemplaire qui, malgré de très faibles moyens et de très nombreux obstacles, a finalement réussi à faire aboutir son projet au bout de 10 ans : réaliser une machine à fabriquer des protections périodiques, une machine qui soit utilisable par les femmes des villages, leur procurant ainsi une activité entrepreneuriale et dont les produits soient efficaces et très bon marché pour toutes les femmes de leur village.

 

Arunachalam raconte que "Tout avait commencé avec mon épouse Shanthi", jeune marié en 1998, il la vit un jour lui cacher quelque chose. Il fut choqué de découvrir que c'était des chiffons sales qu'elle utilisait comme protection périodique lors de ses règles. "Des chiffons qu'il n'utiliserait même pas pour nettoyer son scooter". Shanthi lui répondit que si elle achetait des protections pour toutes les femmes de la famille, elle n'aurait plus assez pour tenir la maison et acheter du lait.

 

Cette pratique est la cause de nombreux problèmes sanitaires et de la propagation de maladies ; selon une étude de 2011, seules 12% des femmes indiennes utilisent des protections périodiques.

 

Il s'est alors lancé dans des recherches sur les matériaux adaptés et fit de nombreux essais. D'abord avec du coton, sans succès, puis il réussit à obtenir de la part des fabricants de protections, des échantillons qui se révélèrent être faits de cellulose provenant de l'écorce d'arbre. Il s'est heurté à de nombreuses réticences pour effectuer ces essais, les gens de son village le considérant comme perverti et ensorcelé, au point que sa femme le quitta.

 

Une innovation majeure : une machine simple et peu couteuse

 

Au bout de 4 ans, il réussit finalement à concevoir un machine simple et peu couteuse pour produire des protections périodiques ; cette machine comprend 4 éléments : un petit broyeur transformant la cellulose dure en matière pelucheuse, une presse qui forme cette matière en tablettes rectangulaires, l'emballage dans un tissu non tissé et un four de désinfection à ultra violet. En une heure, on peut apprendre à s'en servir.

Sa première machine était essentiellement faite en bois et rencontra beaucoup de scepticisme, notamment de la part des membres de l'Institut Indien de Technologie de Madras. Ces derniers l'ont pourtant inscrit à un concours national d'innovation qu'il gagna face à 943 concurrents ! Il reçut son prix des mains mêmes du Président de l'Inde, Pratibha Patil.

 

Ce succès le réconcilia avec sa femme, avec sa mère et peu à peu, avec tous les habitants de son village. Il poursuivit le développement de sa machine et en 18 mois, en construisit 250 qu'il destina aux femmes des états les plus pauvres de l'Inde du Nord : Bihar, Madhya Pradesh, Rajasthan et Uttar Pradesh. Il se heurta à une société très conservatrice, qui dénigrait l'usage des protections périodiques avec des mythes comme cela rendrait aveugle ou empêcherait de se marier. Peu à peu, sa machine devint acceptée dans plus de 1300 villages de 23 états Indiens.


Dans tous les cas, c'est une femme qui produit les protections et les vend directement à ses clientes, leur apprend comment les utiliser et souvent les troque pour des ognons ou des pommes de terre. La plupart des clients d’Arunachalam sont des ONG ou des associations féminines d'entraide. Une machine manuelle coute 75 000 roupies (900€) et avec une équipe de 10 personnes, produit 200-250 protections par jour, chaque protection coutant 2.5 roupies (3 centimes €).

 

Maintenant, Arunachalam projette de développer son activité dans plus de 100 pays, notamment le Kenya, le Nigeria, l'Ile Maurice, les Philippines et le Bangladesh. Il reste modeste et se fie au bouche à oreille pour diffuser sa machine dans les pays émergents. Il déclara récemment que sa plus grande fierté a été d'installer une machine dans un village isolé d'Uttarakhand, au pied de l'Himalaya, où depuis des générations, personne ne gagnait assez pour permettre aux enfants d'être scolarisés, et d'apprendre un an plus tard par une femme du village que sa fille était à l'école, grâce à sa machine. "Où Nehru n'a pas réussi, a t'il déclaré, une machine l'a fait."

 

 


 

 

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 15:13

L'Ecole des Arts et Métiers ParisTech effectue depuis 3 ans, avec l'institut de sondage OpinionWay une enquête auprès des lycéens des séries S et Technologique (classes terminales et 1ères). Cette enquête est très complète et procure de nombreux enseignements.

L'enquête 2015 a été réalisée en mars auprès d'un échantillon de 503 lycéens interrogés en ligne sur système CAWI (Computer Assistance for Web Interview) et constitué suivant la méthode des quotas, ce qui produirait une marge d'incertitude de 2 à 5 points.

 

De cette enquête, on retiendra principalement un intérêt prédominant des lycéens et lycéennes pour la filière technologique qui est perçue notamment comme ayant le meilleur potentiel d'emploi, et l'attraction largement majoritaire du métier d'ingénieur pour celles et ceux qui aimeraient travailler dans l'industrie.

 

L'image de l'industrie

 

L'enquête met l'accent sur l'image de l'industrie auprès des lycéennes et lycéens.

Elle partage en fait l'"industrie" en 2 secteurs : l'industrie et les entreprises technologiques, les autres secteurs étant : commerce et artisanat, agriculture, services à la personne, services aux entreprises, qui eux sont certainement clairement distincts dans l'esprit des lycéens.

Ce partage conduit à une confusion qui invalide la grande conclusion de l'enquête selon laquelle 74% des lycéens auraient une bonne image de l'industrie. En effet, selon les connaissances et la perception de chaque lycéen, un secteur industriel donné se rattachera soit à l'industrie ou soit au secteur technologique, soit même aux deux !

Une question "Pour chacun des objets/produits suivants, diriez-vous que ce sont des produits issus d’entreprises industrielles, issus d’entreprises technologiques ou les deux ?" donne lieu à une grande dispersion entre les avis des répondants. Par exemple, 58% considèrent que les lave-linges sont issus à la fois d'entreprises technologiques et industrielles, pour les automobiles, la proportion monte à 69% !

En fait chaque lycéen a du répondre en disant quelle image avait pour lui une entreprise selon qu'il la considérait lui-même comme industrielle ou comme technologique, la même entreprise pouvant rentrer dans les deux catégories !

 

92% des répondants ont une bonne image des entreprises technologiques

 

Ce résultat apparait comme le plus intéressant de toute l'enquête. Et 30% en ont une très bonne image.

C'est à comparer aux autres secteurs : commerce et artisanat 86% (17% très bonne image), services à la personne 75%, industrie 74%, agriculture 71%, services aux entreprises 70%.

A l'évidence, les entreprises technologiques – ou celles que les lycéens considèrent comme telles, les attirent bien plus que les autres entreprises.

Cela est certainement tout à fait cohérent pour des séries S et Technologique.

On peut aussi comprendre que, pour ces lycéens, ce sont ces entreprises qui ont le plus de potentiel, qu'elles sont à la pointe de l'innovation et que c'est là que se trouveront un grand nombre d'emplois qualifiés de demain, ceux auxquels ils peuvent eux-mêmes aspirer. Ainsi 39% jugent qu'il est plutôt facile de trouver un emploi dans la "filière technologique", et 68% aimeraient y travailler, contre 23% et 45% seulement dans la "filière de l'industrie".  

 

Des différences notables entre filles et garçons

 

 

Garçons

Filles

Total

Aimeriez-vous travailler dans l'industrie ?

55%

29%

45%

Aimeriez-vous travailler dans la filière technologique ?

79%

50%

68%

Parmi ceux qui aimeraient travailler dans l'industrie,

quel(s) secteur(s) (plusieurs réponses possibles) :

 

 

 

aéronautique et spatial

51%

40%

48%

énergies renouvelables

46%

39%

44%

équipements électriques, électroniques et numériques

46%

30%

42%

chimie

24%

40%

28%

automobile

23%

14%

21%

agro-alimentaire

12%

29%

17%

quel(s) métier(s) (3 réponses possibles) :

 

 

 

ingénieur

63%

58%

62%

technicien supérieur

29%

28%

28%

chercheur

21%

28%

23%

informaticien

24%

2%

18%

marketing

3%

14%

6%

commercial

4%

5%

4%

 

On observera

- l'attirance pour l'industrie est bien plus faible chez les filles, par contre elle est plus proche de celle des garçons pour la filière technologique,

- comme dans la plupart des enquêtes, l'aéronautique et spatial arrive en tête avec toutefois un score plus élevé qu'en général chez les filles mais ce sont celles qui aiment l'"industrie" qui ont répondu,

- on ne s'étonnera pas que la chimie et l'agro-alimentaire attire plus les filles que l'automobile !

- des pans entiers de l'industrie ont été oubliés par l'enquête : luxe, pharmaceutique, cosmétique, mines, énergie non renouvelables (pétrole, gaz), ce qui rend l'analyse bien incomplet,

- l'intérêt pour les métiers d'ingénieur et de technicien supérieur est pratiquement le même pour filles et garçons, ce qui est assez étonnant mais encourageant, toutefois ce résultat est notablement biaisé car seuls ceux qui ont indiqué aimer travailler dans l'industrie, ont été interrogés,

- on ne sera pas étonné par le fait que l'informatique n'attire pas du tout les filles, et que le marketing (ici industriel) et la recherche les intéressent,

- le faible score du marketing chez les garçons s'explique à mon sens par la méconnaissance de ce métier dans le domaine industriel, car sur le plan stratégique, c'est un métier clef au coeur de l'entreprise, entre le commercial, les études et la production ; la qualité du marketing stratégique est un facteur essentiel de succès des entreprises, quel que soit le secteur.

- le très faible score du commercial qui est pourtant un métier clef dans l'industrie comme dans les autres secteurs ; et c'est bien dommage : il y a beaucoup de progrès à faire pour valoriser ce métier auprès des jeunes. Le développement des entreprises, leur croissance et celle de l'économie en général profiteraient bien d'attirer les meilleurs vers les métiers commerciaux.

 

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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 20:16

L'Etat impécunieux est actuellement à la recherche de toutes les ressources financières possibles et imaginables. Il est littéralement aux abois. Faute de faire des choix et de vouloir (ou savoir) améliorer la gestion des deniers publics.

 

Le lecteur observera d'abord que, lors de son élection en 2012, le Président nous a bien dit que sa priorité était la jeunesse. Mais il a du l'oublier.

 

Et il est passé totalement inaperçu dans la presse et les media comment la loi de finances 2015 prévoyait une augmentation du budget de l'enseignement supérieur de 200 millions €, à l'aide d'un tour de passe-passe ; lequel a bien échappé à nos analystes et économistes distingués.

Le ministère présente les choses ainsi : le budget 2015 augmente de 200 millions parce que le chantier de Jussieu (université Paris VI) se termine (100 millions en moins pour les dépenses) et qu'on prélève 100 millions dans les caisses des universités et grandes écoles. En réalité, cela signifie que les dépenses vont baisser de 100 millions et les ressources augmenter de 100 millions grâce à la rançon payée par certains établissements sur leurs fonds de roulement.

 

Le ministère prétend que 65 jours de fonds de roulement suffisent : cela signifie que le ministère retire aux établissements leur capacité d'investir et leur permet de faire face seulement aux dépenses courantes.

Comment cela va t'il se passer : certaines universités et écoles vont voir leur dotation budgétaire 2015 réduite et seront invitées à puiser dans leur fonds de roulement (leur trésorerie) pour le complément afin de régler leurs dépenses de fonctionnement.

 

En décembre 2014, le Président avait pourtant affirmé que les fonds de roulement devaient permettre de financer les investissements des établissements d'enseignement supérieur !

 

Qui est concerné ?

 

La ponction concerne essentiellement des établissements de province : les universités d’Artois à Arras (24 millions), de Lille-III (8,7 millions) et de Grenoble-II (6,7 millions) ; les écoles Centrale Nantes (2,7 millions), Centrale Lille (2,1 millions), Centrale Lyon (1,26 million) ou l’INP Toulouse (2,5 millions).

Mais il y aussi Paris-II (7,6 millions), l’Institut national des langues et civilisations orientales (1,5 million) ou l’Institut d’études politiques de Lille (500.000 euros).

Au total, il s'agit de 11 universités (sur 76), 25 écoles d’ingénieurs (sur 36) et une dizaine de grands établissements.

 

On peut imaginer que les grandes universités et écoles parisiennes ont su opérer un lobbying efficace pour ne pas être concernées.

Les Ecoles des Mines et Polytechnique qui dépendent d'autres ministères ne sont pas non plus concernées.

 

Faut-il encore parler d'autonomie de gestion des universités ? Cette opération digne de bandits des grands chemins démontre que le ministère ne veut rien lâcher et que nos hauts-fonctionnaires totalement anonymes et cachés dans les bureaux, veulent garder la haute main sur leur gestion. Avec en plus, une soumission à des influences de la part des mieux connectés.

 

Et Jean-Loup Salzmann, président de la Conférence des présidents d’université (CPU) vient de déclarer : « L’année prochaine, c’est 300 millions qu’il va falloir trouver, on ne sait pas comment », et que l’État ponctionne aujourd’hui « les universités les plus vertueuses ». Celle d’Arras affichait ainsi un fonds de roulement de 161 jours.

 

L'université d'Artois la plus touchée

 

Créée en 1990, elle accueille 10 000 étudiants sur cinq sites (Arras, Douai, Lens, Béthune et Liévin), compte 46 % de boursiers, deuxième taux le plus élevé de France. « C’est de la péréquation à rebours. Ce n’est pas à nous d’assurer l’effort principal ! », s’indigne Daniel Percheron, sénateur PS et président du conseil régional qui a voté, à l’unanimité, une motion demandant à l’État de surseoir à cette décision.

« Cette mesure remet en cause le principe d’autonomie des universités, proteste Jérôme Burési, maître de conférences et secrétaire de section du Snesup à l’Université d’Artois. Il avait pour objectif de donner plus d’indépendance aux établissements pour améliorer leurs performances. À Arras, nous avons préféré faire des économies pour faire face à des dépenses ultérieures. Finalement, nous subissons une double peine : des sacrifices avant, et des sacrifices après… »

 

 

Je me demande cependant si tout cela est bien conforme à la loi LRU d'autonomie budgétaire des universités ? Qui va saisir les tribunaux administratifs ou le Conseil d'Etat ?

 

 

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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 14:18

Pierre Suard, ancien PDG d'Alcatel Alstom, vient d'écrire un article dans les Echos sur la longue "agonie" industrielle du groupe. Il évoque notamment l'affaire judiciaire qui l'amena à quitter la direction du groupe en 1995. Naturellement, il est très perturbateur pour maintenir le cap du groupe de renvoyer un PDG devant un juge d'instruction qui décrète qu'il ne peut plus diriger le groupe, alors qu'il est seulement mis en examen et que sa culpabilité n'est prouvée en aucune façon.

 

Il apparait qu'il faut blâmer 1) M. Suard de n'avoir pas pensé à sa succession avant les événements – il aurait pu très bien être frappé d'incapacité de poursuivre son mandat et sa stratégie à cause d'un accident quelconque, et 2) le conseil d'administration d'avoir choisi Serge Tchuruk pour prendre sa place et de lui laisser carte blanche. Au lieu de poursuivre la stratégie de l'équipe Suard, M. Tchuruk a décapité la direction du groupe et changé totalement d'orientations en se concentrant sur les Télécoms.

On observera que M. Tchuruk n'avait aucune expérience du secteur, qu'il a cédé à la mode à la fin des années 90. Ce qui est totalement irresponsable de la part du patron d'un groupe de 200 000 personnes.

Maintenir le cap et travailler avec les équipes en place étaient la meilleure solution.

Nommer un haut dirigeant venant de l'interne aurait maintenu la confiance des équipes tout en modelant progressivement les stratégies du groupe. Il n'y avait pas d'urgence à opérer la chirurgie du Dr Tchuruk, qui litteralement ne savait pas ce qu'il faisait (parcours dans le pétrole – Total, Exxon, Mobil, et la chimie) et qui a été séduit au passage par Patricia Russo, présidente de Lucent, qui, à mon avis, cherchait un pigeon.

 

L'exemple du groupe Gould

 

Cela me rappelle l'histoire d'un autre conglomérat de technologie peu connu en France : le groupe Gould Inc. Celui-ci, à partir de positions fortes dans les batteries (curieusement comme Alcatel-Alsthom avec SAFT) et d'une fusion avec une société innovante de technologie (Clevite, Cleveland), a constitué un groupe via de nombreuses acquisitions d'ETI et PME de technologie. En fait, pendant 20 ans, les cash flows générés par les batteries (Gould était leader mondial) ont été réinvestis en permanence dans l'acquisition et le financement du développement de ces ETI et PME,

Jusqu'au jour où, surtout par mode, le PDG (W. Ylvisaker) a décidé de vendre les batteries comme étant "low tech" et de poursuivre vigoureusement dans les "hautes technologies". Très rapidement Gould a eu de gros problèmes de cash et a du appeler au secours un groupe japonais (Nippon Mining) qui l'a absorbée et a dispersé toutes les divisions qui ne l'intéressait pas. En quelques mois, un groupe de 2 milliards $ a disparu de la carte, à la fin des années 80. Naturellement la division batterie, société indépendante depuis 30 ans poursuit sa route avec succès !

 

Le conglomérat Alcatel-Alstom

 

On peut argumenter sur la justification d'un groupe de type conglomérat. Mais on observera que General Electric qui a longtemps cotoyé la Compagnie Générale d'Electricité (CGE) créée en 1898, et devenue Alcatel Alstom, a eu au long des décennies une structure et des métiers similaires : transport ferroviaire, centrales électriques, turbines, éclairage ... et poursuit sa route depuis sa fondation par Thomas Edison, avec un succès associant une très forte culture interne de management, une rigueur de gestion et une aptitude à remettre en question les orientations des business units pour le plus grand bonheur de actionnaires.

 

Ce n'était pas le cas d'un groupe comme Alcatel-Alstom avec une aristocratie d'X Mines qui détenait le pouvoir, était très proche des ministères (où il y avait autant d'X-Mines à des postes clefs) et était considérée comme un école de capitaines d'industrie capables de gérer n'importe quel ensemble industriel en connivence avec la DGA, le ministère de l'Industrie, le CEA, EDF, GDF, etc...

Il est certain que cette aristocratie a été la cause en partie du déclin d'une industrie française, sous capitalisée et sans stratège. Il manquait aux plus hauts postes, des connaisseurs intimes des métiers de leur groupe qui auraient su défendre une vision long terme, élargir leurs bases de clientèle (au lieu d'être soumis aux commandes publiques) et résister à la pression des actionnaires en colère.

 

La vente à Nokia

 

On peut dire que cette ère malheureuse touche à sa fin avec la vente d'Alcatel-Lucent à Nokia. Nokia est un groupe d'une toute autre culture, issu de l'exploitation des forêts de Finlande, qui a su se réinventer plusieurs fois.

L'aristocratie des X-Mines a perdu une grande partie de ses pouvoirs et a laissé la place à de vrais hommes de marché et de produit, comme l'HEC Henri Proglio à l'EDF.

Un groupe comme Areva, n'a pas par contre effectué sa mutation.

On notera que Christophe de Margerie, ESCP, qui a fait toute sa carrière au sein du groupe, était une aberration à la tête de Total. Et dès sa disparition, on a réglé le "problème" en deux jours et nommé un X-Mines issu du raffinage (le segment d'avenir du groupe ?) à sa place, ce qui à mon sens est un retour en arrière.

 

Il faudra bien un jour que l'on arrête ces parcours alternants entre les postes de hauts fonctionnaires et les directions de grands groupes (pour les X comme pour les énarques). C'est aux actionnaires de mieux contrôler qui siège aux conseils d'administration et aux administrateurs de remplir plus sérieusement leurs fonctions. Le nombre de cumulards est d'ailleurs à la baisse, notamment grace à la loi imposant la féminisation des conseils ainsi que l'internationalisation des grands groupes qui recrutent des administrateurs de tous pays.

 

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