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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 21:41

Cameleon Software côtée en Bourse et classée 82ème en 2013 au palmarès Truffle des éditeurs français de logiciels, vient d'accepter une offre publique d'achat de l'éditeur texan PROS qui est huit fois plus gros – ventes de 130 millions $ pour 13 millions € à Cameleon. Le prix offert de 2,05 € est 45% supérieur à la moyenne récente des cours. Les dirigeants et les deux fonds d'investissements IRDI et Sopromec soit 26% du capital, vont apporter toutes leurs parts !

 

PROS est un spécialiste des logiciels d'analyse des flux massifs de données (« big data ») en vue d'optimiser les ventes. Il a notamment développé les algorithmes de « yield management » utilisés par les compagnies aériennes, les chaînes d'hôtels, les loueurs de voitures, etc. pour moduler les prix de vente en fonction de la demande et du remplissage des capacités disponibles. Cameleon développe depuis 1987 des solutions de CPQ – automatisation de la configuration des produits et des devis. Depuis deux ans, le marché évolue rapidement, avec des offres en mode SaaS. Le leader américain Big Machines vient d'être racheté par Oracle, un autre concurrent Apptus vient de lever 37 millions $ et des jeunes pousses comme Glider lancent des offres de service légères et compétitives.

 

En annonçant leur accord, les dirigeants de PROS et de Caméleon expliquent qu'ils pourront ensemble proposer une offre combinée d'optimisation des prix (grâce à l'analyse des big data) de configuration des offres et de présentation de devis – le savoir-faire de Cameleon. Dans un marché en pleine évolution avec l'intervention de poids lourds comme Oracle, on peut comprendre et apprécier que ces deux acteurs de petite taille relative réunissent leurs forces.

 

L'autre facette du projet est l'anticipation d'une croissance plus rapide de Cameleon sur le marché nord-américain qui constitue actuellement 35% de ses ventes. En parallèle, PROS espère se développer en Europe à partir de sa nouvelle filiale toulousaine.

 

Créé en 1987, Cameleon et PROS qui existe depuis 1986 sont presque jumeaux ; dans l'univers bouillonnant du logiciel, ils ont progressivement développé leur activité autour de spécialités de niche, où leur savoir-faire est reconnu. Mais dans un monde où des mastodontes comme SAP, Microsoft, Oracle s'intéressent de plus en plus au processus de vente, et se mesurent à une étoile des logiciels de vente et quasi-inventeur du SaaS, qui a pour nom Salesforce.com, on peut se demander si cette union n'est pas tardive. Les dirigeants et actionnaires de Cameleon, font eux certainement un bonne affaire en cédant leurs parts avec une prime élevée, et le fondateur Jacques Soumeillan, officiellement restant avec la direction de PROS, a sûrement envie, depuis près de 30 ans à la tête de Cameleon, de partir vers d'autres projets ou horizons.

 

Ce qu'on peut souhaiter, c'est que les autres sociétés de logiciel au palmarès de Truffle trouvent la formule magique pour grandir plus vite, prendre rapidement des positions solides sur les principaux marchés existants pour se focaliser ensuite sur les marchés émergents comme les BRICS. On pensera bien sûr à la belle histoire de Criteo qui en 6 ans est déjà 50 fois plus gros que Cameleon vieux de 26 ans.

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 22:27

Le 17 octobre 2013, la prise de contrôle du canadien Humanware par Essilor, leader mondial des verres ophtalmiques, est annoncée. Humanware, une PME québecoise issue de la fusion en 2005 entre VisuAide créée en 1988 et PDI, avec un chiffre d'affaires de 35 millions $, est un des constructeurs majeurs d'aides techniques pour les malvoyants et les non-voyants. Elle distribue ses produits en Amérique du Nord, Europe, Moyen Orient, Asie et Australie.

 

Cette intervention d'Essilor va considérablement perturber un marché de niche où une dizaine d'acteurs internationaux se partage un potentiel d'environ 140 millions de personnes déficientes visuelles, dont seulement 5% possède des équipements adaptés, ceux-ci leur étant souvent inaccessibles financièrement. Selon Essilor, compte tenu notamment du vieillissement de la population, 400 millions de personnes souffriront de déficience visuelle en 2050.

 

Il s'agt là d'une incursion d'Essilor sur une nouveau segment, alors que jusqu'à maintenant, les ventes étaient réparties à 90% : verres opthalmiques, 10% : équipement pour le opticiens. Le défi sera sans doute de savoir développer les ventes via le réseau commercial d'Essilor qui n'est pas formé sur les équipements pour déficients visuels.

 

Essilor va cependant apporter une réseau mondial de relations privilégiées avec les opticiens, les chaînes, les centrales d'achat et les indépendants, qui sont déjà les principaux revendeurs d'aides techniques pour les malvoyants. Aucun doute que ces relations vont permettre à Humanware de prendre des marchés à ses principaux concurrents comme Freedom Scientific (USA, leader mondial actuel), Optelec (Pays-Bas), Hims (Corée du Sud). Sur le marché français, son marché domestique, le soutien d'Essilor va certainement renforcer la présence d'Humanware.

 

Les capacités d'innovation et de R&D d'Essilor vont permettre à Humanware de sortir des produits avancés et performants. Nous en avons déjà un témoin avec le Prodigi, un nouvel assistant de vision numérique, qui vient d'être lancé et dont l'assistant d'installation a été développé avec la collaboration d'Essilor.

 

 

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 15:50

L'un des biens le plus précieux acquis dans nos Grandes Ecoles en France, est ce sentiment d'appartenance à une famille, à une communauté formée par l'ensemble des diplômés.

L'expérience du campus, les projets menés ensemble, les liens tissés dans les clubs et les équipes sportives constituent un socle sur lequel se bâtit ce sentiment, cet esprit de corps. Le lien est d'abord au sein de la promotion et des promotions voisines que l'on a connu sur le campus.

 

Dès la sortie de l'Ecole, pour la plupart des jeunes diplômés, c'est le plongeon dans le monde professionnel où ils sont confrontés à tout un ensemble de relations entièrement nouvelles et à des défis qu'ils aimeraient bien pouvoir surmonter, comme : pouvoir se frayer un chemin dans la grande entreprise dans laquelle on est rentré. C'est alors que souvent, l'on prend conscience que, dans ce nouvel environnement, c'est important de garder le contact avec ses camarades les plus proches, et de fil en aiguille, de nouer des contacts avec d'autres diplômés. Alors, le lien « familial » se développe et s'étend bien au-delà des promotions voisines, parmi les membres qui sont dans la même région et/ou le même domaine d'activité.

 

A la différence des contacts strictement professionnels, la relation est sans enjeu et la confiance s'établit facilement parce que, du fait de l'appartenance à la famille, il existe de nombreux points communs, des souvenirs et des valeurs partagés. C'est un grand atout qui permet à chacun de débuter sans difficulté dans le « réseautage », de roder sa communication et d'avoir rapidement des retours encourageants. Le rôle des Associations de diplômés au sein des groupes aussi bien régionaux, internationaux, que professionnels ou entreprises, est de favoriser cette « mise en réseau ».

 

De même, toutes les associations entretiennent avec soin un annuaire. C'est l'outil essentiel d'activation du réseau qui permet ainsi d'entrer immédiatement en relation avec un camarade spécialiste de la propriété industrielle ou un entrepreneur en Chine ou au Brésil.

 

Bien que cela n'ait sans doute jamais été évalué, les réseaux de diplômés français jouent certainement un rôle important dans l'efficacité de l'économie française et la capacité de ses entreprises à se développer à l'international. En effet, ils facilitent les prises de contact, les échanges d'information informels et l'instauration rapide de relations de confiance.

 

 

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 20:55

SuperSonic Imagine, fondée en 2005 à Aix en Provence, a lancé un échographe révolutionnaire en mi-2009 et a réalisé un chiffre d'affaires de 14 millions € en 2012 dont 80% hors de France. Elle a déjà convaincu de nombreux investisseurs du potentiel important de son produit : l'Aixplorer, et a levé un total 99 millions d'€ auprès d'un cercle impressionnant d'investisseurs : Edmond de Rothschild Investment Partners, Auriga Partners, Omnes Capital, CDC Entreprises, NBGI Ventures, Wellington Partners, iXO Private Equity, Mérieux Développement et dernièrement, via une quatrième levée de 28 millions : Kuwait Life Sciences Company (KLSC), Alto Invest et le FSI pour 14 millions €.

 

Une part du succès de ces levées de fonds successives repose sûrement sur la qualité de l'équipe des fondateurs : 8 experts du domaine dont Georges Charpak, prix Nobel de physique en 1992, et d'autres chercheurs de haut niveau issus de Supelec ou de l'ESPCI. Tous ces experts doivent additionner un nombre d'années de recherche considérable dans le domaine des ultrasons.

 

Certifié FDA aux Etats Unis depuis 2009, l'Aixplorer est déjà homologué et commercialisé dans 54 pays, dont le Japon, la Chine avec un bureau à Pékin, l'Allemagne et bien sûr les Etats-Unis. Avec cette cagnotte de près de 100 millions €, SuperSonic Imagine poursuit ainsi un développement international à marches forcées. Il est certain que, sur le marché mature de l'échographie, il est nécessaire de faire preuve d'ambition et de beaucoup de dynamisme pour prendre des marchés d'assaut, comme le fait SuperSonic Imagine.

 

Selon son fondateur Jacques Souquet, "Notre idée de départ était de développer un appareil pour l'échographie du sein qui caractérise mieux les lésions afin de diminuer le nombre de biopsies pratiquées". Aixplorer, qui ciblait au départ le cancer du sein, est capable de couvrir tout le champ radiologique avec des performances inédites, sa grande précision du diagnostic lui permet de cibler également le cancer de la prostate ou la fibrose du foie. A l'origine du projet, il y a une rupture technologique : c'est le seul échographe à imager deux types d’ondes et d'obtenir une meilleure caractérisation des tissus ; l’onde ultrasonore assure une qualité d’image exceptionnelle et l’onde de cisaillement, ou shear wave, qui mesure et affiche en temps réel l’élasticité des tissus grâce à une cadence d’acquisition 200 fois plus rapide que les systèmes conventionnels.

 

Quelques points d'interrogation

 

Depuis le lancement de l'Aixplorer, la société perd de l'argent. En 2010 et 2011, cette perte a été d'un montant pratiquement équivalent au chiffre d'affaires de 10-11 millions €. Espérons qu'en 2012, la perte a été réduite (les comptes 2012 n'ont pas encore été publiés) et que l'on constate une convergence rapide vers un point d'équilibre.

 

Ce qui m'inquiète est que l'équipe des fondateurs est composée uniquement de chercheurs. Dans l'équipe de direction, on trouve un directeur financier qui apparaît comme une star des levées de fonds, et on en a vu le résultat. Les équipes commerciales et de support sont dirigées par des alumni de Philips Medical et d'ATL, des vieux routiers comme Jacques Souquet. Le focus est sur l'expérience, la connaissance du marché. Mais tout cela est-il suffisant face aux mastodontes de l'équipement médical que sont GE, Toshiba, Siemens ?

 

La société met clairement le cap sur la Chine, où il y a de grands projets de construction d'hôpitaux – plus de 3 000 ! Il est certain que les pays émergents ont besoin d'équipements médicaux mais Aixplorer est-il compétitif dans ces pays ?

 

SuperSonic Imagine a beaucoup d'atouts, j'invite mes lecteurs à la suivre. Assiste t'on à l'émergence d'une nouvelle étoile dans le ciel de l'équipement médical ?

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 20:55

Présent sur le site de réseau professionnel LinkedIn, Richard Branson est suivi par plus de 2,5 millions de sympathisants. C'est une sorte de blog où il publie régulièrement des commentaires. Les thèmes les plus récurrents sont l'entrepreneuriat et la création d'entreprises. En la matière, R. Branson est certainement un expert ; sa première entreprise, le journal Students, il l'a créée à 16 ans ; il est maintenant à la tête de plus de 200 entreprises dans les domaines les plus divers : téléphonie, musique, finances, trains, avions, conquête de l'espace, hôtels, remise en forme, jeux, voyages, sodas,... dont les seuls points communs sont Richard Branson lui-même et sa marque fétiche Virgin.

 

Il est certain que la notoriété de sa marque (#1 en Grande Bretagne) lui permet de lancer maintenant de nouvelles activités avec des coûts de promotion plus réduits. La diversité de ses entreprises est telle que R. Branson est toujours crédible quand il démarre une activité pourtant entièrement nouvelle pour lui. Il en résulte une sorte de synergie globale entre toutes ces « Virgin ». De plus une nouvelle activité peut bénéficier de l'aide d'une autre pour se développer plus vite. Ainsi les détenteurs américains de nouveaux contrats d'assurance Virgin peuvent bénéficier de tarifs préférentiels sur Virgin Altlantic.

 

On peut se demander pourquoi, contrairement à la plupart des entrepreneurs, il a créé et continue de créer des entreprises dans des domaines nouveaux et si divers. Son credo « S'amuser en travaillant », son appétit pour les défis et sa créativité débordante en sont sûrement l'explication. Souvent les entrepreneurs créent des affaires en série, consacrant successivement leur temps et leur énergie à plusieurs affaires, en démarrant une après avoir vendu la précédente. R. Branson offre le spectacle unique de mener plusieurs créations en parallèle avec succès. C'est en quelque sorte un feu d'artifice quasi permanent. Je connais deux ou trois entrepreneurs qui ont cette capacité, mais certainement pas poussée au niveau atteint par R. Branson et surement pas dans la durée, comme il le réussit depuis plus de 30 ans !

 

Sur sa page LinkedIn, Richard Branson prodigue des conseils en cinq points, à ceux qui projettent de créer leur entreprise :

  • Ecoutez plus que vous ne parlez ; nous avons deux oreilles et une bouche, les utiliser dans la même proportion n'est pas une mauvaise idée ; gardez toujours vos oreilles grandes ouvertes, des idées brillantes peuvent émerger de l'endroit le plus inattendu !

  • Faites simple ; maintenir l'accent sur l'innovation ; un simple changement pour le mieux est beaucoup plus efficace que cinq changements compliqués pour le pire,

  • Soyez fier de votre travail ; vos collaborateurs sont les meilleurs avocats de votre marque : aidez-les à être fiers de leur travail,

  • Ayez du plaisir dans votre entreprise ; si ce n'est pas le cas, il est temps de vous lancer sur autre chose, un sourire et une plaisanterie peuvent vous mener loin,

  • Surmontez vos échecs et recommencez ; ce qui est important est de savoir en tirer des enseignements, trouver ce qui est positif et ce qui peut être amélioré,

 

Sa réussite, c'est peut-être grâce à l'application parfaite de ces conseils depuis des années.

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 18:03

Un récent article dans Les Echos de Philippe Jamet, président de la Conférence des Grandes Ecoles m'amène à réagir avec véhémence. Il prétend que : « le manque d'ingénieurs est un mythe ». Il s'appuie notamment sur le développement des formations en alternance (12% des diplômés chaque année) et des cursus intégrés qui recrutent après le bac (16%). Il conclut que le problème n'est pas la pénurie d'ingénieurs mais le manque d'activité industrielle en France. Il mentionne également que les salaires d'ingénieurs ont subi une érosion depuis 20 ans, ce qui démontrerait selon lui l'absence de pénurie.

Au diapason de cette position, les media se félicitent en précisant que le nombre de diplômes d'ingénieurs décernés en France n'a jamais été aussi élevé : 30 291 en 2011, 121 600 étudiants dans les écoles, soit deux fois plus qu'il y a 20 ans et 5 fois plus qu'il y a 40 ans !

De nombreux indicateurs conduisent toutefois à penser qu'il y a effectivement une pénurie d'ingénieurs et de scientifiques ; des efforts considérables ont été faits depuis 50 ans et prétendre que leur nombre est suffisant, pourrait conduire à relâcher ces efforts ; heureusement cela est peu probable, car toutes les écoles d'ingénieurs que je connais, ambitionnent d'élargir leur offre et d'augmenter leurs promotions.

 

A l'opposé de P. Jamet, dans une interview tout récent, Carlo Bozotti, président de STMicroelectronics, s'inquiète et indique qu'en 2020, selon plusieurs études, l'Europe sera confrontée à un déficit de 500 000 ingénieurs et de 900 000 experts en TIC (technologies de l'information et de la communication), ce qui pour la France, donnerait un déficit d'environ 60 000 ingénieurs et 110 000 experts !

 

En Allemagne cependant, un consensus est établi sur la pénurie d'ingénieurs dans le pays. Angela Merkel elle-même, demande qu'on attire plus d'étudiants dans les filières scientifiques. Selon la fédération des ingénieurs VDI, 100 000 postes d'ingénieurs sont vacants et, compte tenu des départs, il faudra 81 000 nouveaux diplômés par an à partir de 2014, alors que le niveau actuel est de 50 000 seulement – soit 40 000 en France au prorata de population (65 millions versus 80). Etant entendu que la part de l'industrie dans l'économie allemande est à peu près le double de ce qu'elle est en France, il est cependant incontestable que, depuis longtemps les ingénieurs et scientifiques travaillent dans bien d'autres domaines que l'industrie comme la banque, la distribution, la logistique, les services informatiques, le conseil. On peut donc estimer que les ingénieurs sont employés de manière sensiblement équilibrée dans tous les domaines économiques, et en reprenant l'évaluation allemande, il faudrait environ 66 000 nouveaux diplômés en 2014 et le déficit français serait ainsi gigantesque.

 

La situation est d'autant plus inquiétante que tout indique que nos jeunes diplômés sont attirés par le grand large et vont de plus en plus travailler à l'étranger. Selon une récente enquête d'un cabinet de recrutement (Universum), 75% des étudiants français seraient prêts à partir sans hésiter si on leur offrait un emploi, soit un nombre très supérieur aux autres pays de l'OCDE (61%). L'étude 2013 de Deloitte et de l'Ifop sur l'Humeur des jeunes diplômés annonce que 27% d'entre eux situent leur avenir professionnel à l'étranger, alors que l'étude 2012 donnait 13% seulement ! On peut penser qu'une progression aussi rapide soit susceptible d'un retournement équivalent et qu'il y a loin de la parole à l'acte.

Espérons que la tendance va effectivement s'inverser, mais je ne peux m'empêcher de penser que nos politiques quel que soit leur bord, sont responsables de cet état d'esprit chez nos jeunes diplômés.

 

 

 

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 09:57

La plupart des constructeurs automobiles ont dévoilé leur stratégie actuelle en matière de voitures électriques. Deux écoles se distinguent nettement : l'hybride et le tout électrique, à l'exception de General Motors qui propose un compromis intéressant : motorisation électrique avec batterie plus générateur à essence pour recharger la batterie.

L'hybride est coûteux et techniquement complexe (2 motorisations simultanées) mais possède l'avantage de l'autonomie d'une voiture à essence. Le tout électrique est simple mais son autonomie dépend entièrement des performances de sa batterie.

Les constructeurs qui ont choisi le tout électrique sont donc très fortement dépendants des fabricants de batterie et seules les batteries construites autour du lithium occupent actuellement le devant de la scène.

 

On peut comprendre les constructeurs qui ont lourdement investi pour produire des voitures de faible consommation et générant peu de CO2 : ils mettent en avant le fruit de leurs efforts et sont très discrets sur les autres projets (si ils en ont) dans leurs cartons. On notera en particulier que pour tout ce qui concerne l'hydrogène et les piles à combustible, c'est la plus grande discrétion, surtout en France ; alors que c'est un domaine où nous avons des acteurs de pointe (Air Liquide).

 

 

 

Généraliste

Spécialiste

Nouvel entrant

Hybride

Toyota, Honda,

Peugeot

Ferrari

 

Tout électrique

Renault-Nissan,

Ford, Volkswagen

BMW, Mercedes,

Venturi

Tesla,

Bolloré

Électrique avec générateur

General Motors

 

 

 

Au principe technique adopté par chaque constructeur correspond un positionnement : les hybrides peuvent se substituer à tout type de voiture à moteur thermique, sans guère de compromis, tant que le prix reste acceptable ; les électriques s'adressant à un large public ciblent un usage urbain et se positionnent comme une seconde voiture ; les électriques haut de gamme équipées de batteries plus puissantes combinent un usage routier et un caractère d'image qui attire une clientèle consciente de l'environnement.

 

Trois constructeurs sont très représentatifs de ces trois segments :

 

- Toyota qui a pris une très large avance dans les hybrides : depuis 1997, elle en a vendu plus de 5,5 millions, élargissant peu à peu sa gamme, avec récemment le lancement de la Yaris et d'un 4x4 dans sa marque de luxe Lexus.

 

- Avec un départ très tardif face à Toyota, Renault et Nissan se sont lancés dans le tout électrique avec essentiellement des voitures compactes comme la Leaf et la Zoe. Leur autonomie et leurs performances limitées restreignent leur marché cible. En l'état actuel de la technologie des batteries, leur potentiel ne pourra jamais atteindre celui des hybrides. La subvention de 7 000 € en France ne changera guère la taille du marché et apparaît surtout comme une aubaine. Après avoir vendu 18 000 voitures électriques en 2012, Renault en prévoit 36 000 pour 2013.

 

- Tesla est un nouveau constructeur californien créé il y a 10 ans par le dirigeant de PayPal, Elon Musk, qui a ciblé d'entrée le haut de gamme tout électrique avec un roadster performant, rapide et doté d'une bonne autonomie. La stratégie de Tesla est de monter en volume en lançant des voitures plus abordables mais toujours performantes. Elle se traduit maintenant par un nouveau modèle la « S » qui rencontre un grand succès : 5 150 voitures ont été livrées au 2è trimestre 2013, au-dessus des 4 500 prévues. Dans le même temps le chiffre d'affaires de la société californienne a été de 405 millions $ (plus de 15 fois celui de même trimestre l'an dernier). Les premières voitures vont arriver en Europe cet automne. Tesla prévoit de vendre 26 000 voitures cette année.

 

Je suppose que le client souhaitant protéger l'environnement et la planète pourra trouver de plus en plus la voiture qui lui convient. Mais il ne faut pas oublier que les kilowatts doivent être produits quelque part et que si c'est une centrale thermique qui intervient, le bilan carbone ne sera pas bon. Une récente étude de l'association américaine Climate Central, a ainsi classé les États dans lesquels une hybride ou une toute électrique serait plus ou moins écologique. La différence vient essentiellement de l'origine de l'électricité produite dans l'État, mais aussi de l'énergie plus importante nécessaire à la production des batteries plus puissantes des voitures électriques . En conclusion, 39 États américains sur 50 seraient plus favorables aux hybrides !

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 18:21

Nous entrons dans une période importante pour le millefeuille français – l'accumulation unique au monde de collectivités locales superposées : la préparation des élections municipales de 2014, qui vont figer pour 6 ans l'exécutif de nos chères communes qui parsèment le pays.

 

Il est bon de se rappeler qu'avec ses 36 700 communes, la France peut se glorifier d'avoir autant de communes que tout le reste de l'Europe réuni. Comme toujours, seuls contre tous les autres pays, nous avons de bonnes raisons de maintenir cet état de fait et personne, d'un quelconque bord politique n'ose le remettre en question.

 

Pour mémoire, au-dessus de ces fameuses communes, il y a toutes sortes de structures que les gouvernements successifs ont eu un plaisir évident à empiler, sans jamais en supprimer une seule :

canton, communautés de communes, d'agglomération ou urbaine (qui notons-le, ont le droit de prélever l'impôt), pays, arrondissement, département, région et le dernier né en 2010 : métropole. Il y a même des personnes bien intentionnées pour évoquer des super-régions, au prétexte que les régions seraient trop petites. A l'échelle de l'Europe, il faut bien évidemment ajouter la dernière couche : la nation française. On se dira que la France est sûrement bien assez riche pour se payer toutes ces structures administratives et bénéficier des coûts et de l'inefficacité qui en résultent.

 

Plusieurs fois, le même mécanisme pervers a fonctionné : nos politiques se sont d'abord rendus compte que de nombreuses communes étaient trop petites et qu'il fallait les regrouper pour certains projets comme le traitement des eaux usées ; d'où la création des communautés, sans que les communes ni les cantons ne soient remises en question. Dès les années 1960, on a pris conscience que la centralisation parisienne à la fois jacobine et napoléonienne devait faire place à une « décentralisation » qui redonne l'initiative aux provinces ; les départements qui étaient adaptés à l'époque de la Révolution, se sont aussi avérés trop petits, notamment pour les projets de développement économique. On a créé les régions en se refusant de modifier les départements et les arrondissements.

 

Une vallée qui m'est chère, l'Ubaye, témoigne des difficultés et des dérives auxquelles conduit cet assemblage de couches.

Depuis la Révolution, la vallée est divisée en 2 cantons inégaux : celui de Barcelonnette (près de 7000 habitants) et celui du Lauzet (à peine plus de 1200 habitants). Une communauté de communes a été créée en 1993, la « Vallée de l'Ubaye » (CCVU), regroupant 14 communes issues des deux cantons, n'en faisant pas partie La Bréole et St Vincent les Forts qui regardent plutôt le lac de Serre-Ponçon. Elle s'est installée dans une des plus grandes maisons mexicaines de Barcelonnette (réputées inchauffables) et occupe 25 employés dont de nombreux agents administratifs plus une dizaine de saisonniers.

 

Et en 2005, grâce à une nouvelle loi, on a rajouté un Pays « S.U.D. » (Serre-Ponçon-Ubaye-Durance) qui rassemble les quatre communautés de communes de la Vallée de l'Ubaye, Embrunois, Savinois-Serre-Ponçon, Ubaye-Serre-Ponçon (= La Bréole et St Vincent les Forts !), en tout 31 communes. Ce Pays affiche une mission de développement du territoire qui se trouve à la fois en Hautes-Alpes et Alpes de Haute-Provence et occupe 10 employés.

 

Voilà donc notre CCVU, un peu bancale, qui constitue son conseil de 30 délégués élus par chaque conseil municipal, avec 2 délégués pour chaque commune sauf Barcelonnette qui en a 4 et qui possède donc 13% des voix au conseil avec 40% de la population. Est-ce que cela a un sens ? Le problème est que ce conseil a le droit de fixer et de lever des impôts locaux pour ses projets favoris, et cela avec la gouvernance la plus douteuse et peu de comptes à rendre devant les électeurs. Le conseil est en effet issu d'un processus compliqué à deux étages que, j'en suis certain, peu de valleyants comprennent, et représente les électeurs d'une manière totalement déséquilibrée. Certaines communes qui n'ont que 70 habitants ont ainsi autant de poids que Jauziers qui en a plus de mille. Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que, la composition de cette assemblée favorisant la minorité des petites communes, elle soit présidée depuis toujours par le maire inamovible du Lauzet (234 habitants).

 

C'est ainsi qu'après les élections de 2008, convaincu que l'avenir de la vallée réside dans le développement du ski alpin, le conseil de la CCVU a décidé d'engager la quasi totalité de ses investissements dans l'« amélioration » des remontées mécaniques de 3 stations : Praloup, Le Sauze et Ste Anne. Ce conseil devrait pourtant savoir qu'avec l'évolution du climat et les aléas des chutes de neige dans les Alpes du Sud, ces stations ont très sûrement atteint leur plateau, avec peu de potentiel de croissance. Une saison de ski courte de janvier à mars et il est bien difficile de rentabiliser ces équipements. Cette situation n'est pas nouvelle, la preuve : les faillites successives des opérateurs de la station de Praloup. Plus aucun opérateur ne s'y intéressant, c'est le conseil général qui l'a actuellement en régie. De même, au Sauze, la CCVU a voulu absolument imposer son projet de télésiège et a finalement évincé la société locale qui avait su gérer la station pendant des dizaines d'année pour la prendre fièrement en gestion et sauver, parait-il, les emplois. Pas de problème : nos impôts combleront les déficits.

La ville de Barcelonnette a vainement contesté en justice cette décision d'investissement qui laissait de côté d'autres projets plus porteurs de développement. Espérons qu'en 2014, de nouveaux projets émergeront, avec une vrai vision pour l'avenir et qui bénéficiront à tous les valleyants !

 

Une nouvelle gouvernance en 2014

 

Cette gouvernance aberrante et irresponsable a été perturbée par une nouvelle loi du 16 décembre 2010 qui prévoit que le nombre de délégués de chaque commune serait proportionnel au nombre d'habitants avec toutefois un minimum d'un délégué par commune. Catastrophe pour les amis du maire du Lauzet : Barcelonnette aurait 10 délégués, Jauziers 4, St Pons et Uvernet (Praloup) 2 et les autres communes un, soit un total de 28. Comme la loi le permet curieusement, notre assemblée hautement démocratique a fait une proposition faisant passer le nombre de délégués à 32 et corrigeant leur répartition en fonction du produit fiscal des résidences secondaires. Cette proposition va être soumise au vote des conseils municipaux d'ici le fin août. Que va t'il en sortir ?

On peut espérer que cette proposition pour le moins curieuse ne passe pas : cela reviendrait à admettre que la représentation dans ce type d'assemblée pourrait être proportionnelle aux impôts levés dans chaque commune ! Imaginons un instant par exemple qu'à Paris, les arrondissements payant le plus d'impôts aient plus de représentants au conseil municipal. Cette idée baroque a un parfum prononcé d'inconstitutionnalité.

 

La dérive des comptes de la CCVU : dette = + 236% en 5 ans

 

On observera que la CCVU ayant la possibilité de lever des impôts, ne s'en prive pas : en 2012, ils se sont élevés à 3,7 millions € soit 493 € par habitant. Dans le même temps, les impôts locaux de Barcelonnette étaient de 616 € par habitant.

Coup de grâce qui montre l'échec de la gouvernance prétenduement solidaire de la CCVU (selon le maire du Lauzet dans sa feuille semestrielle) : de 2008 à 2012, la dette de la CCVU a augmenté de 6,2 millions € à 21 millions € soit +236% en 5 ans et les impôts locaux par habitant perçus par la CCVU ont augmenté de 46%. Je suis certain que les délégués des villages qui ont eu le pouvoir, n'hésiteront pas à s'en vanter devant leurs électeurs l'année prochaine.

Dans le même temps, la dette de Barcelonnette s'est maintenue à hauteur d'environ 6 millions € (+ 7,6% en 5 ans), malgré le coût important du nouveau golf qui n'a pas bénéficié des ressources pour le moins hasardeuses, prévues par la précédente municipalité (vente de terrain pour un complexe hôtelier). Les impôts locaux ont tout de même augmenté de 13% par habitant en 5 ans.

 

A quand la fusion des toutes les communes de l'Ubaye ?

 

La disproportion entre Barcelonnette et les autres communes de la vallée est telle qu'une fusion apparaît comme la seule solution raisonnable, efficace et porteuse d'avenir pour la vallée. Toutes les petites communes dépendent de Barcelonnette qui offre une palette complète de services et de commerces et dont elles bénéficient. Il s'agit de permettre à Barcelonnette d'investir pour que toute la vallée en profite. Avec le système actuel, il semble que tout est en place pour la priver de moyens et favoriser des projets sans beaucoup d'avenir.

 

Un chemin vers une nouvelle organisation territoriale

 

A l'évidence, la loi de 2010 ouvre la voie vers une nouvelle organisation : rendant obligatoire l'établissement de communautés pour toutes les communes et les incitant à fusionner, le futur échelon de base devrait être des communes résultant de la fusion des membres des communautés. Les Pays, cantons, arrondissements et départements devraient disparaître et laisser la place aux seules régions. Il s'agira alors de remodeler le paysage des régions en fusionnant par exemple la Haute et la Basse Normandie, peut-être la Picardie avec Nord Pas de Calais, Bourgogne avec Champagne-Ardennes. Que l'on n'ait pas encouragé suffisamment le Bas et le Haut Rhin à fusionner au début de 2013, est toutefois un peu inquiétant ; que le gouvernement actuel se ressaisisse et fasse preuve de courage et de vision, que diable !

Une telle organisation sera plus efficace, conduira certainement à la suppression de doublons et à une meilleure utilisation des fonds publics.

 

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 22:56

Le chauffage au bois est en plein développement : 6 millions de foyers français seraient déjà équipés d'un poêle à bois ; entre 2011 et 2012, selon l'observatoire des énergies renouvelables, les ventes de poêles ont progressé de 16% et celles des chaudières à bois de 14% . Depuis 2005, les ventes de poêles ont été multipliées par 2,5 et tandis que celle des chaudières ont augmenté de 4% seulement. Les poêles dominent le marché des appareils de chauffage individuel au bois, avec une croissance très marquée des granulés. En 2012, le chiffre d'affaires de la filière a été de 560 millions €. Le prix moyen des poêles est de 1 000 €, celui des chaudières de 3 400 € (5 700 € automatiques à granulés) : à l'évidence les premiers constituent plutôt l'élément d'appoint d'un système existant et s'adressent à un large public, tandis que les secondes équipent un logement en chauffage de base, donc soit lors de la construction soit en remplacement d'une vieille chaudière au fioul.

Ce fort engouement pour les poêles et chaudières à granulés, est causé en particulier par leur fonctionnement automatique et leur simplicité d'emploi. Naturellement les incitations fiscales ne sont pas pour rien dans cette évolution.

 

C'est dans cet environnement favorable qu'Invicta se distingue, proposant des poêles à bois en fonte à 400 €, mettant l'accent sur la qualité et le design. C'est maintenant le numéro un de la filière avec un chiffre d'affaires de 74 millions, en croissance de 35% en 5 ans et dont 1/3 à l'export. Créée en 1924, par le grand-père de Jean-Pierre Dupire, Invicta vient d'être cédée par ce dernier à un fonds d'investissement : Qualium qui détient 75% des parts (financés en partie avec de la dette), accompagné par Demeter Partners et JP Dupire qui conserve une minorité.

 

Les Echos nous rapporte que le dirigeant, agé de 74 ans, n'ayant pas trouvé de successeur familial a dû se résoudre à cette cession à deux fonds d'investissement. Un manager a été recruté, Christian Guillou, qui va mettre en oeuvre la stratégie des fonds : poursuite du développement des concessions Invicta Shop initié par JP Dupire, croissance des ventes à l'export et acquisitions en Europe. Filiale de la Caisse des Dépôts, Qualium gère notamment un fonds FCPR, qui a finalisé une levée de 520 millions d'€ en juin 2012 auprès de 24 souscripteurs divers, français et internationaux (Amérique du Nord et Moyen Orient) : fonds de pension, compagnies d’assurances, banques, family offices, entrepreneurs investissant à titre personnel. La chance pour Invicta est que le fonds soit récent et que Qualium ne devra pas la revendre avant 6 ou 7 ans, probablement à un autre fonds avec une dette (LBO).

 

On peut toutefois s'interroger sur ce choix du dirigeant. Est-ce bien la meilleure solution de long terme pour son entreprise ? Le point positif est que Qualium a une solide expérience d'accompagnement de ses participations à l'international. Cela permettra sans doute à Invicta de progresser plus vite sur de nouveaux marchés, la meilleur option lorsqu'on est déjà leader sur son marché domestique. Il serait souhaitable qu'un actionnariat stable soit facilité par exemple en permettant aux 280 employés de l'entreprise de détenir une participation, ainsi que les dirigeants.

On peut l'espérer vu la belle histoire de la cession en février 2013 de Socotec par Qualium conjointement à la société d'investissement belge Copeba, qui est parait-il un acteur financier de long terme, aux employés et aux dirigeants.

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 20:48

George Gilbey, un des associés de la distillerie de gin W&A Gilbey, a inventé en 1903 le Sodastream, un appareil de production d'eau pétillante, qui charge l'eau de gaz carbonique directement à la sortie d'un robinet d'arrivée ; le Sodastream a d'abord été commercialisé dans la haute société anglaise, notamment la famille royale. Il a été suivi d'autres produits innovants : la Monster Machine pour produire et embouteiller de l'eau pétillante sur place dans les boutiques, la fontaine Vantas pour remplir des verres d'eau pétillante dans les restaurants, les hôtels, les pensions de famille et chez soi ; Sodastream a rapidement complété son offre par des concentrés divers, solides et liquides permettant d'aromatiser l'eau pétillante et de produire toutes sortes de sodas. En 1955, Sodastream lance des bouteilles d'un quart de litre chargées en CO2 par des cartouches, destinées à un public plus large.

 

Jusqu'à la fin des années 80, Sodastream reste largement confinée en Angleterre avec des ventes globales de 15 millions £ dont 12,2 millions £ pour le Royaume Uni et dont 50% en concentrés pour sodas. Rachetée par le groupe Cadbury Schweppes en 1985, puis par le fonds Graphite Capital en 1997, Sodastream concentre ses efforts sur le marché des ménages avec des blocs distributeurs remplissant des bouteilles de plastique PET et étend sa distribution en Israël, Allemagne, Suisse, Autriche et Afrique du Sud.

 

En 1998, nouvelle étape, le distributeur israélien de Sodastream, Soda Club la rachète et lance une nouvelle stratégie d'expansion. C'est la reprise des distributeurs locaux notamment en Allemagne, la conception de nouvelles machines au design innovant, l'investissement dans la production de concentrés et le lancement de la commercialisation aux Etats-Unis.

 

Avec le rachat par le fonds d'investissement Fortissimo Fund en 2007, la stratégie est poursuivie avec l'ouverture de nouveaux marchés : France, Italie, pays baltes,..., avec des innovations rendant les machines plus simples à utiliser (bouteilles lavables à la machine), l'extension de la gamme de 75 € à 190 € et celle des concentrés – plus de 40 du cola au thé à la pêche en passant par les energy drinks et le tonic, et la multiplication des points de vente de recharge en CO2 où les cylindres vides sont testés et rechargés – 50 000 dans 43 pays.

Le point d'orgue de cette stratégie tous azimuts est l'introduction en bourse au Nasdaq en 2010.

 

 

Un nouveau positionnement développement durable

 

Les éléments qui portent la nouvelle croissance des machines Sodastream sont certainement :

  • faible empreinte écologique : bouteilles et cylindres de CO2 réutilisables, fonctionnement sans électricité, alternative à l'eau gazeuse en bouteilles,

  • diététique : concentrés peu sucrés ou sans sucre, sodas peu chargés en calories (136 kcal maxi par litre),

  • faible coût : environ un tiers des sodas achetés en bouteille,

  • simplicité d'utilisation : immédiatement prêtes à l'emploi, pas de bouteilles à transporter, faible volume de stockage (appréciable dans les petits appartements)

Ces éléments porteurs sont tout à fait dans l'air de notre temps.

 

 

Le marché français en forte croissance

 

Un des derniers abordé par le groupe, le marché français explose : 520 000 machines vendues en 2012, en croissance de 68% par rapport à 2011. Actuellement 5% des foyers sont équipés (10 millions dans le monde). Les quelques 4500 points de vente sont localisés dans toutes les grandes surfaces alimentaires, électroniques, grands magasins.

Sodastream prétend se positionner maintenant en concurrence des eaux gazeuses en bouteille comme Badoit (Danone) et San Pellegrino ou Perrier (Nestlé) dont le marché progresse régulièrement de 2 à 3% par an et empiète de plus en plus sur les colas. Naturellement, à grand renfort de publicité, ces grands groupes vantent la qualité de leur eau minérale face à l'eau du robinet qui aurait souvent un goût mais avec un coût au litre de 25 centimes € face à par exemple Perrier vendu autour de 1,35 € en grande surface, Sodastream peut convaincre, même si on trouve de l'eau gazeuse en marque de distributeur à 0,43 € le litre.

 

 

Une star du Nasdaq

 

Le groupe qui a réalisé un chiffre d'affaires de 437 millions $ en 2012 (+51%) vise le milliard en 2016. C'est une des valeurs les plus performantes du Nasdaq avec une croissance de près de 100% en 9 mois, et un pic à $ 74,82 le 14 juin. Depuis, elle est repassée sous les $ 60. Attention, les résultats du 2è trimestre vont être publiés le 31 juillet. Peut-être est-il encore temps de se positionner ?

 

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