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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 16:12

A une époque où il est généralement convenu que les ressources en combustibles fossiles sont limitées et que l'on a très probablement dépassé le pic de production de pétrole, l'arrivée du gaz naturel dit « non conventionnel » sur le marché apparaît presque comme une provocation. C'est sans doute pourquoi l'on en parle si peu ou pas du tout (en France du moins), sauf bien sûr dans les milieux pétroliers et gaziers.

 

Avec le gaz non conventionnel, on assiste, grâce au progrès technique notamment dans le domaine de l'exploitation des gisements de gaz, à un saut quantitatif très important en termes de ressources disponibles de gaz naturel. L'industrialisation de deux techniques nouvelles : le forage horizontal et surtout la fracturation hydraulique des formations de schistes, a rendu économique leur mise en oeuvre au niveau actuel du prix du gaz naturel et a ainsi permis de réaliser une percée exceptionnelle. Le gaz piégé dans ces roches étanches est devenu accessible. Avec la mise en exploitation rapide de ces nouveaux gisements, les Etats-Unis sont devenus en 2009 le premier producteur mondial de gaz naturel. Les prix du gaz se sont mis à baisser, se déconnectant de l'indexation sur le prix du pétrole. Les experts américains et le Département de l'Energie estiment que les réserves prouvées ont augmenté de 40% en deux ans. La consommation actuelle de gaz naturel aux Etats-Unis étant de 740 milliards m3, les ressources qui sont évaluées maintenant à 65 000 milliards de m3, correspondent à 90 ans de production. De nombreux autres pays qui possèdent des gisements similaires et notamment la Chine, vont suivre.

 

Au delà du gaz de schistes, il est aussi envisagé l'exploitation du gaz présent dans les mines de charbon (le grisou) et de celui qui est piégé dans les sables et carbonates. Le pétrole est aussi concerné : avec un prix du baril de pétrole stabilisé autour de $70-80, la mise en oeuvre d'autres techniques telles que l'injection de vapeur dans les anciens puits devient économique ; ces puits retrouvent alors une nouvelle jeunesse. C'est ainsi que Business Week cite le champ de Kern River en Californie qui produit depuis 1899. En 1942, on estimait son potentiel à 54 millions de barils. Entre 1942 et 1995, il en a produit 736 millions et on pensait alors que le potentiel restant était de 970 millions de barils. En novembre 2007, la production cumulée avait atteint 2 milliards de barils et aujourd'hui, on estime le potentiel du champ à 480 millions de barils.

 

D'autres techniques dont l'objectif est généralement de diminuer la viscosité du pétrole brut, sont maintenant couramment utilisées ou en cours de développement : l'injection de gaz carbonique, d'azote, d'agents chimiques et même de micro organismes. Actuellement seulement 35% du pétrole présent dans les gisements peut être récupéré : il y a donc une marge considérable d'amélioration.

 

Comme pour toutes les ressources naturelles, la conjonction du progrès technique et d'un prix plus élevé rend possible l'accès à des gisements nouveaux. L'évaluation des ressources disponibles publiée par les organismes officiels, tient toujours compte du prix actuel, de l'état des techniques et bien sûr de l'inventaire actuel des gisements. Il est certain que ces données publiées par les organismes comme l'U.S. Geological Survey, n'ont rien à voir avec les projections que des acteurs tels que les compagnies pétrolières utilisent pour leur planification stratégique.

 

A l'évidence, en augmentant, les prix vont permettre de poursuivre les investissements en R&D, le progrès technique va se poursuivre et les ressources disponibles en gaz et en pétrole vont continuer à croître ; les promoteurs des énergies alternatives qui annoncent la fin du pétrole et du gaz pour demain, doivent en tenir compte au risque de perdre leur crédit. 

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