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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 21:13

Notre « modèle » d’enseignement supérieur et de recherche est-il le bon ? Ne faudrait-il pas envisager des évolutions ...

 

Un exemple à suivre ?

 

Une université américaine que je connais bien puisque j’en suis diplômé : Northwestern, présente des caractéristiques et des résultats qui montrent une voie à suivre.

 

C’est une université de taille moyenne avec 21 000 étudiants et 3344 enseignants, située à Evanston sur les bords du Lac Michigan, à la lisière de Chicago ; en plein Midwest, au sein de l’Amérique profonde, loin de la Silicon Valley et des universités élitistes de la côte est. Elle a été fondée en 1851. Université privée, elle est financée par les « tuitions » (frais d'inscription) des étudiants eux-mêmes et par les dons des diplômés, de ses partenaires et mécènes. Elle ne dépend pas de l'argent public.

Elle a lancé un nouveau plan stratégique et une campagne de levée de fonds en 2011. L’objectif de levée de fonds de 3,75 milliards $ est déjà atteint à 85 %.

 

Les résultats sont là : en 2017, elle est classée 22ème à Shanghaï et 20ème en ingénierie, soit devant toutes les universités françaises.

 

Un autre exemple : l'université du Wisconsin (UW)

 

Non loin de Chicago, à Madison, capitale de l'Etat du Wisconsin, l'université du Wisconsin est aussi un cas remarquable. Il s'agit d'une université publique, largement financée par l'Etat du Wisconsin mais aussi par des dons comme Northwestern, avec un budget annuel de près de 3 milliards $ dont 1,12 milliards en recherche et développement. La différence notable avec Northwestern est le montant relativement faible des tuitions payés par les étudiants de niveau licence (undergraduates) vivant dans le Wisconsin : $10 500 par an ($32 730 pour les non résidents). Avec 43 500 étudiants et 21 750 enseignants, chercheurs et autres personnels, elle est d'une taille sensiblement plus importante que Northwestern, avec un engagement dans la recherche notable, parmi les 5 premières universités américaines. Elle n'est pas loin dans le classement de Shanghaï, à la 28ème place.

 

Ces deux universités devancent la première université française du classement : UPMC – Pierre et Marie Curie (Paris 6), qui n'est pas trop loin à la 40ème place. Avec 35 600 étudiants et 10 895 enseignants, chercheurs et autres personnels, UPMC est de taille similaire. Elle obtient des résultats remarquables dans de nombreux domaines, ainsi dans le classement thématique 2017 de Shanghaï, elle est 3ème mondiale en mathématiques derrière Princeton et New York University, et 42ème en ingénierie mécanique, devant tous les autres acteurs français notamment le deuxième : Centrale Supélec (52ème).

 

Là où cela fait mal, c'est la différence entre les budgets :

celui d'UPMC est de 507 million € (fonctionnement + investissement en 2015, dernier rapport d'activité publié) comparé aux 3 milliards $ de l'université du Wisconsin soit 14 240 € par étudiant pour UPMC contre $68 965 (81 351 €) pour l'Université du Wisconsin ! Manifestement la différence de moyens entre les deux institutions est tellement énorme qu'on peut considérer qu'elles ne jouent pas dans la même cour.

Et l'origine de la différence se situe surtout dans le financement privé par des dons.

 

Alors qu'on débat chez nous pour savoir si l'ANR - Agence Nationale de la Recherche, va voir son budget augmenté de 10 ou 20% pour mieux financer la recherche des laboratoires universitaires, qu'on multiplie les instituts Carnot pour favoriser les contrats avec les entreprises, c'est de l'impérieuse nécessité d'un changement de culture qu'il s'agit, que les diplômés fiers de leur université se mettent à lui donner régulièrement, dès leur sortie (comme c'est le cas à Oxford par exemple) et que les universitaires s'orientent vers les donateurs au lieu de tirer les sonnettes d'un Etat impécunieux.

 

Mais c'est un sujet qui n'est pratiquement jamais évoqué par les politiques et les media.

 

Seules quelques institutions comme HEC, INSEAD ou Polytechnique lèvent des fonds significatifs qui s'ajoutent d'ailleurs à des budgets ordinaires déjà largement plus élevés que ceux des universités (3 à 4 fois par étudiant), creusant encore plus l'écart de moyens avec elles.

 

 

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Published by Le Gargaillou - dans Points de vue
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