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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 21:53

Le grand public a découvert les hedge funds en 1992 lorsque George Soros, estimant que l'Angleterre en récession ne pourrait supporter les contraintes du système monétaire européen (SME, le prédécesseur de l'€), a vendu à découvert 10 milliards de livres sterling et a obligé la Banque d'Angleterre à sortir du SME. Depuis les hedge funds continuent de faire parler d'eux, sans que l'on en sache grand chose.

 

On peut définir les hedge funds comme des fonds d'investissement non cotés recherchant une diversification du risque par rapport aux portefeuilles classiques d’actions et d’obligations. Leurs objectifs affichés sont des rentabilités stables et élevées. Ils prétendent « faire de l'alpha », c'est-à-dire qu'ils seraient capables d'augmenter la part α du rendement des investissements qui est affranchie de tout risque par rapport aux investissements classiques ; en quelque sorte d'obtenir des rendements élevés sans risque. En fait les experts considèrent que leur profil de risque est très éloigné des risques des marchés classiques avec un biais important vers les pertes à la fois extrêmes et très rares.

 

A l'origine, seuls des investisseurs privés, des personnes fortunées ont investi dans les hedge funds. Ces derniers pouvaient alors légitimement se présenter comme des gérants de fortunes privées. Mais depuis le début des années 2000, les rendements financiers étant devenus faibles, les institutionnels notamment les banques, les assureurs mais aussi les fonds de pension, les agences gouvernementales et même les universités américaines ont investi dans les hedge funds. Le nombre de fonds est passé de 3800 en 2000 à plus de 10000 en 2007. Dans le même temps, le volume des fonds investis a presque quadruplé, passant de 500 milliards de $ à près de 1900 milliards de $. Sur un montant global d'environ 1 300 milliards de $ en 2009 (selon Hedge Fund Research), 6% seulement est détenu par la clientèle privée.

 

Les hedge funds mettent en oeuvre une grande variété de stratégies d'investissement.

Ils utilisent abondamment

  • les produits dérivés, en particulier les options,
  • la vente à découvert c'est-à-dire la vente de titres que l'on ne possède pas dans l'espoir de les racheter à un cours inférieur au cours de vente,
  • l’effet de levier, c’est-à-dire la capacité à engager un volume de capitaux emprunté qui soit un multiple plus ou moins grand de la valeur des capitaux propres dont on dispose.

 

Selon les experts, notamment Michel Aglietta, professeur à Nanterre et membre du Conseil d'Analyse Economique, les hedge funds sont des propagateurs de risque systémique. Il y a souvent une forte corrélation entre leurs stratégies provoquées par un même événement de marché, ce qui peut conduire à des situations de « stress », des ruptures d'équilibre, les marchés ne pouvant opérer d'ajustement. C'est ce qui s'est produit à l'automne 2008, lors de la crise des « subprimes ».

 

Jusqu'à maintenant, les hedge funds se sont développés sans aucune réglementation, sans obligation d'information sur leurs stratégies ou leurs performances, sans limite d'engagement des capitaux empruntés. Les statistiques les concernant sont fortement biaisées car les fonds qui disparaissent ne sont pas inventoriés. De plus ils fonctionnent suivant un système de commission asymétrique : par exemple 20% sur les gains, 0% sur les pertes, plus une commission de gestion !

 

Un consensus commence à s'imposer sur le caractère nécessaire d'une réglementation, mais celle-ci devra s'imposer dans tous les pays, sinon il y a un risque d'évasion vers de nouveaux paradis, les hedge funds étant déjà généralement localisés dans ces paradis fiscaux. Il faudrait une volonté politique forte pour qu'une telle réglementation se mette en place. Naturellement, les défenseurs des hedge funds prétendent qu'ils jouent un rôle de stabilisateur des marchés. Mais les crises spectaculaires comme celles de LTCM et de la banque d'affaires Bear Stearns dont la faillite a été provoquée par le hedge fund Carlyle Capital démontrent que cela est obtenu au prix de risques extrêmes.

 

Lors d'une conférence le 11/02/2010, Michel Aglietta a détaillé ses recommandations pour une supervision des hedge funds :

  • enregistrement des gérants
  • limitation de l'effet de levier
  • obligation d'informations sur leurs prises de risque
  • rémunérations avec partage des pertes
  • régulation indirecte via les banques d'affaires
     

L'Union Européenne élabore actuellement une directive qui mettra en application un commencement de supervision. De l'autre côté de l'Atlantique, Paul Volcker tente d'imposer un certain nombre de règles dont l'interdiction aux banques d'effectuer du « trading pour compte propre », c'est-à-dire de spéculer avec leurs ressources propres. Mais il sera bien difficile d'obtenir que les paradis fiscaux soient règlementés et des actions de « lobbying » intense se poursuivent à Bruxelles et à Washington, qui risquent d'atténuer la portée des mesures prises.


Pourtant cette supervision est absolument nécessaire d'une part pour diminuer les risques du système financier et d'autre part le ramener dans le droit chemin du financement de l'économie, qui est son rôle essentiel.


 

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 09:29

Depuis de nombreuses années, Bolloré achète et vend des actions Vallourec qui est un grand fournisseur de l'industrie pétrolière, notamment en tubes pour le forage des puits, les oléoducs et gazoducs.  Comme pour tous les "parapétroliers", le cours des actions Vallourec dépend en grande partie de l'évolution du cours du pétrole, qui est lui-même extrêmement spéculatif.  C'est ainsi que Bolloré en a vendu récemment pour 156 Millions € via sa Compagnie de Cornouaille.

 

Mais en parallèle, le FSI, grand exécutant de la politique industrielle de l'État, dont le but officiel est "la réponse initiée par les pouvoirs publics aux besoins en fonds propres d'entreprises porteuses de croissance et de compétitivité pour l'économie française", vient, selon l'AMF, de franchir un seuil de détention des actions Vallourec

 

Au lieu de participer au renforcement de nos entreprises, l'État ne participe-t'il pas aux mouvements spéculatifs sur les marchés boursiers ?  On peut aussi se demander pourquoi acheter quand Bolloré vend ?

 

 

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 13:42

Une fois de plus, les clients de la SNCF vont souffrir demain 3 février 2010, d'une nouvelle grève pour la défense de l'emploi notamment dans l'activité fret. Le budget 2010 de la SNCF prévoit en effet selon Le Monde, « 1 400 suppressions de poste, avec près de 2 600 postes en moins dans le fret mais des créations d'emplois ailleurs. »
 

En fait la SNCF se débat pour rendre le fret compétitif et pour limiter ses pertes alors qu'elle a déjà perdu des parts de marché importantes depuis l'ouverture à la concurrence mi-2006, tandis que le marché s'est lui-même contracté de 25% en 2009 par rapport à 2008. Selon l'indicateur de RFF (Réseau Ferré de France), le trafic en 2009 a été de 84 millions de trains-km (nombre de trains par distance parcourue) contre 107 millions en 2008. Simultanément, les concurrents de la SNCF ont pris 14% du marché fin 2009 contre 8% en 2008, selon les estimations des Echos ; ces concurrents seraient donc passés de 8,5 millions de trains-km à près de 12 millions de trains-km en un an soit une croissance de 40%, la SNCF fret passant de 98,5 à 72 millions de trains-km, soit une baisse de 27% ! Les concurrents de la SNCF dont les deux principaux sont Euro Cargo rail, filiale de la Deutsche Bahn avec 8% du marché et Eurotunnel (qui a racheté Veolia Cargo France) (Les Echos du 28/01), eux ne souffrent pas de la crise.

 

SNCF reste lestée par des tarifs non compétitifs et un service désastreux, ponctué de grèves : ce cocktail empoisonné a fait fuir les clients vers la route par le passé ; maintenant qu'une alternative ferroviaire se présente, les clients se précipitent. Si la SNCF cesse ses manoeuvres déloyales dans l'allocation des sillons à ses concurrents, il est prévisible que leur part de marché continue à croître rapidement, que je suis prêt à estimer à 22% en 2010 et 30% en 2011 ! Il est probable que la panique s'emparera de tous à ce moment-là, la division fret étant alors à 100% dans un univers de concurrence, sans qu'il puisse être question de missions de service public. On peut imaginer que la solution serait de céder cette division à un concurrent, la coupant du cordon la reliant à l'EPIC SNCF. Mais qui voudra l'acheter et à quelles conditions ?

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 23:30

Le lancement de la dernière nouveauté d'Apple donne lieu à une couverture médiatique absolument étonnante. Bien sûr les rumeurs diffusées bien avant le lancement officiel ont contribué à « conditionner » les médias, les journalistes et le public. Quels merveilleux alliés que ces médias qui vont contribuer à garantir le succès rapide du produit tout en réduisant l'investissement nécessaire en communication pour Apple. C'est ainsi qu'Apple risque fort d'avoir encore une année de rêve en termes de ventes et de résultat !

 

Mais cela n'a pas toujours été le cas : un article récent du Guardian (du 20/01/2010) repris dans l'édition du 28 janvier 2010 de Courrier International évoque l'histoire d'Apple qui a été faite de hauts et de bas. A l'évidence, la qualité de l'ergonomie des produits est une constante ; on peut ajouter que l'ergonomie a toujours eu la priorité sur la technologie, au point que les premiers produits ont souvent été victimes de performances techniques insuffisantes, les ingénieurs consacrant semble-t-il leurs efforts à l'ergonomie. Steve Jobs n'avait-t-il pas résumé la stratégie en disant qu'Apple concevait des ordinateurs pour chacun d'entre nous ? J'ai personnellement découvert le Macintosh en 1986 dans la société où je travaillais aux Etats-Unis : l'ensemble du département marketing était équipé de Macs, en toute indépendance, au grand dam des informaticiens qui de leur côté, consacrait une grande énergie à faire tourner un série de VAX, des super mini devenus 5 ans plus tard des monstres obsolètes. Avec ce Mac de première génération, j'ai pu réaliser des plans dignes d'un architecte pour une extension de ma maison à Cleveland, avec lesquels j'ai obtenu des services de la ville un permis de construire ! Bien sûr sans aucune formation sur le programme utilisé.

 

Il y a cependant un facteur important que l'auteur du Guardian, Charles Arthur ne fait qu'effleurer et qui paraît fondamental dans les succès des produits Apple des dix dernières années et qui coïncide avec le retour de Steve Jobs en 1997. Avant 1997, Apple a constamment lancé des produits entièrement nouveaux sur de nouveaux marchés. Il s'agissait à la fois de créer la demande (le marché) et de convaincre les clients d'acheter les produits. C'était une stratégie à haut risque qui a failli conduire Apple à sa ruine. Deux exemples à noter : le Newton, premier assistant personnel sans clavier, le Macintosh portable, premier ordinateur portable. Ces produits sont apparus trop tôt et n'ont pu plaire qu'à une minorité du public, alors que la concurrence n'offrait rien d'équivalent et que les performances techniques n'étaient pas au rendez-vous.

 

Depuis 1997, une stratégie totalement différente a été mise en oeuvre : sur des marchés que la concurrence avait déjà créés et où existe une demande latente et prête à accueillir de nouveaux produits plus performants et plus innovants, Apple a lancé des produits qui ont écrasé la concurrence grâce à leur ergonomie supérieure. Apple a aussi bénéficié des technologies développées pour ces mêmes concurrents et arrivées à maturité grâce à des séries produites plus longues, lui permettant de concevoir des produits techniquement performants à faible coût. Cela n'avait pas été le cas avant 1997 ! C'est ainsi que l'iPod puis l'iPhone sont arrivés sur des marchés qu'Apple n'a pas eu besoin de créer, où les utilisateurs avertis ont très rapidement compris ce qu'apportaient ces produits et que les concurrents n'avaient pas. Il est à prévoir que les efforts fournis par Amazon pour promouvoir le Kindle et par Sony pour vendre sa tablette vont profiter à l'iPad d'Apple qui va instantanément apparaître comme supérieur tant par son ergonomie que par la gamme étendue d'applications.

 

Dans la lignée de cette stratégie, imaginer quel sera le produit suivant d'Apple, c'est identifier un nouveau marché qui peine à décoller et où quelques produits à l'ergonomie limitée tentent de convaincre les utilisateurs à grand renfort de promotion.

 

Etre le premier pour créer un marché apparaît ainsi très risqué ! Il vaut mieux laisser à d'autres l'investissement initial et arriver derrière avec un produit infiniment supérieur. Mais le clef est bien dans la capacité de réaliser l'« infiniment supérieur ».

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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 22:43

Les médias européens, les observateurs et la plupart des dirigeants européens se sont largement fait l'écho de la conférence de Copenhague comme d'un échec. Mais d'autres considèrent que le bilan est positif; ainsi Nicolas Sarkozy a déclaré le 6 janvier 2010 que « Copenhague c'est infiniment mieux que Kyoto ». Pour beaucoup, ce serait avant tout un échec de l'Europe qui n'a pas su promouvoir ses innovations et ses normes ; les Etats-Unis et la Chine, le G2, qui génèrent à eux deux 50% du CO2 de la planète se seraient mis d'accord ensemble pour ne s'engager sur rien.

 

Selon Christian de Perthuis lors d'une conférence le 26 janvier, c'est surtout l'échec d'un processus de négociation de 2 ans mené par l'ONU. A l'inverse de Kyoto qui a été essentiellement une négociation Europe – Etats-Unis, le processus de Copenhague a été une négociation globale où les autres pays ont eu leur mot à dire : le centre de gravité de la négociation climatique s'est déplacé. Le monde change et le tandem Europe – Etats-Unis ne peut plus imposer à tous ses schémas et ses politiques. Par contre, toujours selon C. de Perthuis, la diplomatie américaine a réussi à ramener à elle les BRIC et d'autres pays émergents majeurs.

 

L'échec majeur, c'est qu'aucun instrument économique contraignant n'a pu être établi, garantissant que chaque pays se conformerait à ses engagements. En cela Copenhague est tel que Kyoto. Comme toujours, les engagements n'engagent vraiment que ceux qui les croient.

 

L'Europe risque d'être marginalisée par les Etats-Unis qui ont en projet un dispositif plus complet traitant à la fois des émissions fixes et mobiles (moyens de transport). Le marché européen des permis de CO2 ne traite actuellement que des émissions fixes (les usines, les bâtiments).

 

L'Europe doit se ressaisir, reprendre le leadership en matière de politiques climatiques et ensuite prendre son bâton de pèlerin pour convaincre. Sinon les normes américaines vont s'imposer. Les entreprises internationales ont besoin de certitudes, et ce serait à l'avantage de nos entreprises européennes d'être établies là où les normes se définissent.

 

L'Europe doit poursuivre ses efforts pour arriver à un accord consensuel à 27 et s'y tenir, afin d'éviter la cacophonie de Copenhague où chaque dirigeant national a souhaité tirer la couverture à lui, face à ses médias nationaux. Il est sûr qu'une représentation européenne émiettée ne facilite pas les choses. On comprend que le reste du monde ait beaucoup de mal à discerner, qui du Président du Conseil Européen, du Président de la Commission, du pays qui préside le Conseil européen – l'Espagne, qui des 27 chefs d'Etat est le porte-parole de l'Europe ? Il faut surmonter ce handicap ! C'est possible, en effet à l'OMC où les enjeux sont aussi importants, cela fonctionne depuis plusieurs années. Alors pourquoi pas pour les négociations climatiques ?

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 13:59

Notre cher institut de la statistique et des études économiques – l'INSEE, nous répète à longueur d'année et plus particulièrement à cette époque des voeux que la consommation est le moteur de la croissance de l'économie française. Naturellement, les médias reprennent en coeur ce leit-motiv. Consommez, consommez, consommez, voilà le refrain que l'on ne cesse de chanter aux oreilles des Français, et grâce à la croissance de la consommation, le chômage diminuera et tout ira mieux.

Et pourtant, il est sûr qu'une croissance de la consommation contribue à gonfler les importations et à pousser dans le rouge la balance des paiements. Ceci en fait conduit à un appauvrissement du pays.

Et pourtant, un facteur est potentiellement beaucoup plus efficace pour générer de la croissance : ce sont les exportations ; elles constituent environ 1/4 du PIB et peuvent croître beaucoup plus rapidement que la consommation puisque le marché auquel elles s'adressent est le marché mondial ! Une croissance de 10% des exportations induirait donc une croissance d'environ 2% du PIB et bien sûr les emplois qui vont avec.

Quand on constate ce qui se produit chez nos amis allemands : leurs exportations peuvent redémarrer rapidement avec des progressions de plusieurs dizaines de %, et alors leur économie s'en trouve dynamisée de manière incomparable. 
 

Bien sûr, le problème est que l'INSEE a bien des difficultés pour prévoir l'évolution du commerce extérieur alors qu'il possède une surabondance d'outils pour prévoir la consommation ! Quand on pense à l'importance du commerce extérieur pour l'économie francaise, le tuteur de l'INSEE qui est l'Etat serait bien avisé de l'engager à améliorer sérieusement ses outils de mesure et de prévision du commerce extérieur. Les industriels (qui font plus 80% des exportations) en seraient bien reconnaissants.

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 22:05

Dans un rapport sur la transmission familiale des entreprises remis le 30 octobre 2009 à Hervé Novelli, Secrétaire d’État chargé notamment des PME, Olivier Mellerio codirigeant de la joaillerie Mellerio, entreprise familiale depuis 1613, soutient que seule une entreprise sur dix fait l’objet d’une transmission familiale en France. Pourtant il note que l’entreprise familiale reste majoritaire en nombre (83 %) et contribue de façon conséquente à la richesse du pays (environ 50 % du PNB).

 

A partir de ce constat, O. Mellerio considère que ce « phénomène ne peut, sur longue période, qu’entraîner des conséquences durables sur la position concurrentielle de la France par rapport à ses voisin » et ajoute « Mais, après tout est-ce si grave ?». Il note cependant qu'aucune statistique nationale ne répertorie les entreprises familiales.

 

La population qu'O. Mellerio a étudiée est constituée des entreprises de plus de 1 million € de chiffre d'affaires et de plus de 10 salariés. Pourtant les chiffres qu'il avance sont repris d'une étude KPMG de 2007 qui elle considérait un échantillon bien différent de 240 entreprises dont le chiffre d'affaires est compris entre 7,5 millions € et 100 millions € ! Il est aisé de comprendre que la proportion de transmissions familiales sera plus faible pour les entreprises de 7,5 à 100 millions d'€ de chiffre d'affaires que pour les entreprises plus petites.

 

A cela s'ajoute le fait que les transmissions familiales se produisent en moyenne tous les 30 ans – soit l'écart entre générations –, les autres types de transmission s'effectuant tous les 10 à 15 ans. Cette différence explique d'une part la faible proportion de transmissions familiales observées pendant une période donnée et d'autre part la permanence d'une forte proportion d'entreprises familiales. Par ailleurs, les entreprises créées dans les 30 dernières années sont naturellement en grande majorité des entreprises familiales, ayant leur fondateur à leur tête ! Tout simplement le cycle de vie des entreprises familiales est différent de celui des autres.

 

Il s'avère que parmi les très nombreuses propositions formulées dans le rapport d'O. Mellerio, la plus pertinente est à l'évidence la mise en place de statistiques de suivi des entreprises familiales. On pourra alors identifier avec précision les évolutions et comparer les performances respectives des entreprises familiales avec les autres.

 

Est-il vraiment certain que les entreprises ayant fait l'objet d'une transmission familiale, c'est-à-dire dirigées par la 2è, 3è génération ou plus sont plus performantes que les autres ? qu'elles se développent plus vite ? Un adage fréquemment cité indique que « le fondateur crée et développe, les enfants maintiennent et les petits enfants dilapident ». J'ai constaté personnellement dans la famille de mon père une illustration parfaite de cette adage : mon grand-père avait créé 3 entreprises (un cinéma, une bijouterie et une affaire de matériaux pour la chimie et la construction), ses enfants ont chacun poursuivi l'exploitation d'une des entreprises qui ont ensuite disparu l'une après l'autre sous la houlette des petits enfants !

 

L'étude de cas de réussites dans la transmission familiale conduit à penser que l'élément essentiel réside dans la vision et la stratégie du dirigeant fondateur :

- si une croissance forte est possible et souhaitée, le dirigeant doit savoir introduire d'autres actionnaires et abandonner une partie de son pouvoir.

- très tôt, le dirigeant doit faire en sorte que la génération suivante soit attachée à l'entreprise, adhère à sa culture et souhaite s'y impliquer. 

- le dirigeant doit organiser très tôt la transmission opérationnelle en accompagnant celui des héritiers qui a les meilleures qualités pour reprendre. Ce facteur est particulièrement sensible, dans la mesure où une condition nécessaire du succès est que l'héritier qui prend la relève devrait le faire volontairement et parce qu'il en a envie et s'en sent capable, et non, comme il arrive parfois, comme une obligation ou même un "sacerdoce".

- le dirigeant doit également préparer la transmission de l'actionnariat familial.

Une fois ces éléments en place avec succès, on peut observer que le processus peut se poursuivre de génération en génération.

 

Les aménagements fiscaux, financiers et autres proposés par O. Mellerio sont intéressants. Mais rien ne remplacera le soin avec lequel le dirigeant fondateur établira – si il le souhaite, la poursuite de l'entreprise au sein de la famille.

 

 

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 12:08

De nombreuses voix s'élèvent contre la thèse selon laquelle le réchauffement climatique de 0,7ºC observé au XXè siècle serait causé par les émissions de CO2 dues à l'activité humaine. On évoque même un « Climategate », manipulations de données scientifiques dérangeantes qui contrediraient cette thèse que certains qualifient de pensée unique. Il est incontestable qu'au début du Moyen Age, autour de l'an Mille, les températures étaient très douces comme en témoignent les récits des Vikings lors de la découverte du Groenland. Puis aux XVIIè et XVIIIè siècle, est survenue une mini glaciation au cours de laquelle le vin gelait dans les verres à Versailles. Dans l'antiquité, le Sahara n'était pas un désert et on y trouvait des éléphants comme le rappelle l'épopée d'Hannibal. On peut remonter aux temps préhistoriques, où de multiples glaciations se sont produites alternant avec des périodes de climat chaud. Ces évolutions n'ont rien à voir avec l'activité humaine. De plus, elles apparaissent comme étant d'amplitudes bien plus importantes que les 0,7ºC mentionnés plus haut. Ces faits avérés contredisent la courbe « en forme de crosse de hockey » de Michael Mann, popularisée par le film d'Al Gore, Une vérité qui dérange. Celle-ci montre une température stable au cours des siècles et une croissance brutale dans les 50 dernières années.


Contrairement aux thèses du GIEC, il y a toujours débat sur les causes du changement climatique. Cette question n'est pas résolue et l'on peut à bon droit se demander quels sont les paramètres qui influent sur le climat à long terme et dans quelles proportions ; est-ce notamment la concentration de CO2 dans l'atmosphère, l'activité du soleil, l'orbite de la terre autour du soleil, l'inclinaison de son axe de rotation sur son orbite ou encore la dérive des continents et l'activité volcanique ?

De nombreux chercheurs dont Vincent Courtillot, directeur de l'Institut de physique du globe de Paris et le paléo-climatologue canadien Ian Clark, observent que la température du globe baisse depuis 10 ans. Cette baisse de température correspondrait à une diminution de l'activité solaire.


Enfin, un observateur ordinaire peut légitimement se demander comment peut-on prétendre prévoir le temps dans 10, 20 ou 50 ans alors que les prévisions météorologiques au-delà de quelques heures ou quelques jours restent bien difficiles ? Et pourtant ce ne sont pas les moyens de mesure et de calcul qui manquent. Dans ces conditions, pourquoi accepter la dictature de la pensée unique ? 


Laissons donc les scientifiques poursuivre leurs travaux et débattre librement !


Et attachons-nous à résoudre les problèmes d'environnement qui se posent à l'ensemble de la planète et qui continueront de se poser quelle que soit l'évolution du climat ; prenons conscience notamment du fait que les ressources de notre planète sont limitées et efforçons-nous de mieux les utiliser. Dans ce cadre, il ne peut être que bénéfique d'investir pour réduire les consommations d'énergie de toutes sortes et par là même diminuer la production de CO2.

 

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 22:49

Le conseil d'administration d'Accor a validé le 15 décembre 2009, le projet de scission entre le pôle services prépayés (notamment ticket restaurant) et le pôle hôtelier du groupe. Ce projet était essentiellement porté par Colony Capital et Eurazéo, deux sociétés de capital-investissement qui possèdent ensemble 30% du groupe.

 

L'idée centrale de ce projet est que les flux importants de trésorerie provenant du pôle services et servant à financer l'hôtellerie ont conduit à une gestion laxiste de l'ensemble. Une scission permettrait d'introduire une plus grande rigueur de gestion et chaque pôle une fois isolé bénéficierait d'une valorisation en Bourse plus favorable que le groupe actuel avec intégration des 2 pôles. Le PER actuel du groupe est de 10, les promoteurs du projet espèrent une valorisation des pôles séparés entre 11 et 14, sur la base de la performance de concurrents qui se sont déjà recentrés sur un métier. Une meilleure valorisation leur donnera un accès plus facile à un financement en fonds propres de leur développement.

 

Et plus important, la presse s'est fait l'écho de l'accueil favorable que les fondateurs du groupe, Gérard Pélisson et Paul Dubrule ont réservé à ce projet : les entrepreneurs créateurs du groupe sont en phase avec les capital-investisseurs. Ces derniers sont semble-t-il présents pour le moyen/long terme dans le capital et non pour le court terme comme on a coutume de les présenter.

 

Seul le représentant du FSI (le fonds souverain à la française, élément clef de la nouvelle politique industrielle) actionnaire à hauteur de 7,5% du groupe s'est opposé à ce projet de scission, sans qu'on puisse savoir ses motivations.

 

On peut imaginer que le FSI considère que les sociétés issues de la scission seront plus fragiles que le groupe intégré ou encore que l'emploi sera moins préservé. Mais on répliquera d'une part qu'il y a une probabilité importante qu'un prédateur aurait fait tôt ou tard exactement le même calcul que Colony Capital et Eurazéo en lançant une OPA sur le groupe pour le démanteler et vendre les pôles séparément avec un excellente plus value – ce qui aurait sûrement fragilisé le groupe ; d'autre part si une meilleure valorisation est obtenue une fois les pôles séparés, le développement des nouvelles sociétés sera facilité et l'emploi préservé.

Décidément, on se demande quel rôle veut et peut jouer le FSI en possédant une participation très minoritaire dans un groupe comme Accor ; est-ce vraiment faire bon usage de l'argent public ? Cela pose encore et toujours la question de l'intérêt d'une politique industrielle dont le moins qu'on puisse dire est que ses objectifs sont obscurs et peu transparents.

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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 08:02

Va-t-il falloir que, comme pour la candidature de Jean Sarkozy, la communauté internationale se moque de la gouvernance du pouvoir actuel pour que cela le conduise à réviser sa position ? Il apparait que la vente de T&D à qui que ce soit – les complices Alstom et Schneider, Toshiba ou GE – va dans tous les cas tout simplement affaiblir cette entreprise et renforcer ses concurrents. C'est absolument l'opposé de ce que prétend faire le pouvoir avec sa supposée politique industrielle, mise en place du FSI, etc,,,, etc... Alstom et Schneider propose de la démanteler et bien sûr Toshiba ou GE vont renforcer leurs positions. La cession d'Areva T&D tourne vraiment à la farce. La solution que le pouvoir ne veut pas envisager et qui est la seule qui conforte Areva et le développement long terme du groupe, est d'annuler la vente, d'ouvrir le capital et de faire appel au marché pour renforcer les fonds propres d'Areva.

 

M. Sarkozy qui regrette maintenant que Péchiney ait été vendu à Alcan, sera amené à regretter la décision de vendre T&D. Mais comment peut-il prendre de bonnes décisions alors qu'il est entouré de conseillers incompétents en stratégie qui n'ont aucune expérience industrielle comme Henri Guaino ? Alors qu'il écoute des grands patrons tels Martin Bouygues ou Patrick Kron qui voient d'abord leur intérêt personnel et celui de leur propre groupe ? Par contre, il est sûr qu'il n'écoute pas Anne Lauvergeon qui pourtant défend becs et ongles la bonne stratégie pour son groupe.

Est-ce cela la politique industrielle ?

 

L'Etat et le Président de la République prétendent donner des leçons aux entreprises, contrôler leur gouvernance, les pousser à se renforcer avec des capitaux propres et à se développer. Dans cette affaire, ces donneurs de leçons sont incapables de faire pour une belle entreprise détenue par des capitaux publics ce que les entreprises privées sont invitées à réaliser.

 

On laisse par ailleurs un dirigeant nouvellement nommé à la tête d'une autre entreprise publique – Henri Proglio – qui a manifestement lui aussi l'oreille du Président de la République, évoquer le démantèlement d'Areva, alors que la stratégie de groupe intégré mis en place par l'Etat, a plusieurs années d'avance sur ce qu'essayent de faire maintenant ses concurrents. Cela montre bien que cette fameuse politique industrielle vogue au gré des influences et n'est sûrement pas conduite dans l'intérêt de la France sur le long terme. Le Premier Ministre a eu d'ailleurs parfaitement raison de remettre à sa place M. Proglio. Et l'Etat actionnaire montre effectivement avec EDF qu'il est incapable de contrôler la stratégie de ce groupe qui auparavant contribuait pour plusieurs milliards aux exportations. Un taux d'utilisation des centrales nucléaires tombé à 80% conduit maintenant à des importations d'électricité. Ce taux d'utilisation – un des plus faibles du monde – ne va pas aider les acteurs du nucléaire à vendre la compétence et l'expertise française dans ce domaine. A M. Proglio, s'il est aussi bon qu'on le prétend, de redresser rapidement cette situation consécutive à de nombreuses grèves et à des problèmes techniques notamment à Tricastin, montrant d'une part que la qualité des relations de la direction avec les salariés d'EDF a bien besoin d'être améliorée et d'autre part que la supériorité technique d'EDF n'est pas si impériale que semble le croire le lobby nucléaire. C'est une priorité impérative pour M. Proglio de traiter ces questions avant de s'occuper d'Areva. Il devrait aussi démissionner du Conseil de Véolia, car EDF a besoin absolument de tout son temps actuellement.

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