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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 23:28

  

Depuis des mois, la Mairie de Paris poursuit des tractations intenses et fait feu de tout bois pour empêcher les Internationaux de France de tennis de quitter Paris et le site de la Porte d'Auteuil. De son côté, afin de poursuivre le développement du tournoi, la Fédération française de tennis étudie la possibilité de déménager à Versailles (le premier choix semble t'il), Marne-la-Vallée ou Gonesse.

 

Jusqu'à maintenant, on évoquait la suppression du stade Hébert à la Porte Monitor, stade qui accueille les sportifs scolaires toute l'année et à la place la construction de stades de tennis qui serviraient 15 jours par an au sport spectacle et d'une passerelle en béton qui survolerait les serres d'Auteuil. Il semble que devant les protestations que soulève ce projet, la Mairie de Paris ait changé son fusil d'épaule et vise maintenant l'empiètement du site classé des Serres d'Auteuil. Le 17 novembre 2011, elle a présenté ce nouveau projet. Cette annonce a été faite avec une extrême discrétion, telle que les médias ne s'en sont quasiment pas aperçus. On peut penser que les associations de défense vont reprendre rapidement la nouvelle et lui donner la publicité qu'elle mérite.

 

Il s'agirait d'un nouveau court de tennis de 5 000 places, non couvert et semi enterré, qui selon la Mairie se situerait à la place d'une serre de travail de la Direction des espaces verts et d'une « serre chaude » accueillant des plantes tropicales, qui ne sont pas classées. La Mairie affirme donc qu'il n'est pas question de porter atteinte aux Serres historiques et à leur environnement paysagé. En un mot : circulez, il n'y a rien à craindre ! Et puis la Mairie va mettre toute la pression possible sur la commission des sites comme elle l'a fait pour la transformation de l'espace de l'hippodrome d'Auteuil en vue d'accueillir les sportifs de Jean Bouin expulsés pour les beaux yeux de l'ami du Maire de Paris, M. Guazzini.

 

Si la Fédération accepte cette solution, on peut supposer qu'elle demandera de pouvoir poursuivre le développement de Roland Garros dans deux, trois ou 4 ans avec de nouveaux terrains. Pourquoi s'arrêter ? Les mêmes raisons seront avancées : il y va de la compétitivité des Internationaux de France. Et si on ne s'agrandit pas, le Master en terre battue risque d'aller à Madrid. Alors on empiètera sur le Bois de Boulogne ou on supprimera les tennis du fond des Princes qui sont utilisés toute l'année par les sportifs. Que ne ferait-on pour sacrifier au sport spectacle ?

 

On constate là que la Mairie de Paris continue de mener sa politique sans se soucier du long terme et sans vision d'aménagement global de la région parisienne, avec seulement une vue courte qui ne dépasse pas le périphérique. Mais d'un autre côté, on peut la comprendre quand on voit la manière dont elle est traitée par l'Etat avec le déménagement programmé de l'Agro, de l'Ecole des Mines, de Télécom Paris, ce qui constitue un déshabillage organisé du Quartier Latin pour compléter le complexe « Paris-Saclay » où il y a déjà Polytechnique, Supélec, HEC, Sup Optique, et bientôt Centrale, l'ENSAE, Normale Sup Cachan, les Ponts … Ce « campus » va bientôt ressembler à un mastodonte au milieu d'un désert francilien de l'enseignement supérieur. Mais que ne ferait-on pour remonter dans le classement de Shanghai ? Au passage, je me demande si on a pensé où logeraient les étudiants et les enseignants. On souhaite peut–être recommencer comme pour la Défense, avec plusieurs centaines de milliers de personnes transportées tous les jours d'un bout de la région à l'autre ?

 

Revenons aux Serres d'Auteuil et Roland Garros : ayons le courage, comme New York l'a fait en 1977 de Forest Hills à Flushing Meadows, de quitter un site qui ne pourra jamais grandir suffisamment pour satisfaire son potentiel de développement. Naturellement pour l'US Open, c'était plus facile car les deux sites sont dans New York. Nous retrouvons là notre problème bien français avec nos 33 000 communes qui cherchent chacune à défendre leurs positions. On peut se prendre à rêver qu'une fois le déménagement réalisé à Versailles, Gonesse ou Marne-la-Vallée, le Bois de Boulogne soit agrandi en prenant la place des stades actuels de tennis qui ne servent que 15 jours par an.

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Published by Le Gargaillou - dans Points de vue
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