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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 08:15

Lors d'une récente conférence, François Heisbourg, Président de l'International Institute for Strategic Studies, a évoqué l'évolution du rôle stratégique de la Chine. En 1979, Deng Xiaoping a défini ainsi la stratégie de la Chine pour les années suivantes : « La Chine est un pays en développement qui a besoin de la paix pour sortir de la pauvreté. La Chine n'est pas une grande puissance. » Effectivement, depuis cette date, elle n'a été en guerre avec personne et a réussi une décollage économique remarquable.

 

Maintenant la Chine est devenue une grande puissance et la définition de Deng Xiaoping n'est plus d'actualité – bien que les officiels chinois soient toujours tentés de s'y référer.

 

Quel peut être maintenant son rôle stratégique ? François Heisbourg cite quatre voies, qui sont autant de tentations :

  • le multilatéralisme notamment au sein du G20
  • le front du refus au sein du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) : c'est aux pays occidentaux développés d'assumer les conséquences de leurs erreurs, notamment sur le plan du climat et de l'environnement
  • le G2 avec les Etats-Unis, qui est apparu lors de la conférence de Copenhague
  • l'unilatéralisme : l'Empire du Milieu, une tradition plusieurs fois séculaire

Selon François Heisbourg, la Chine n'a pas choisi et oscille entre ces quatre voies selon les circonstances et l'environnement dans lesquels elle intervient.

 

Mon impression est que les trois premières voies sont des voies de façade pour l'essentiel et que la voie de fond reste l'unilatéralisme. Au regard de leur passé, je pense que les Chinois n'ont pas confiance dans les autres pays, notamment les occidentaux et les Japonais. Ils se souviennent toujours du sac du Palais d'Eté, l'équivalent de Versailles qui a été détruit par les Anglais et les Français au XIXè siècle ; ils se souviennent du joug japonais au XXè siècle. Leur civilisation est plus ancienne que la nôtre, remontant à il y a près de 4 000 ans, et les Chinois la considèrent souvent comme supérieure aux autres. C'est ainsi qu'ils ne sont pas prêts à accepter l'influence d'autres pays sur leurs grands choix stratégiques. On le constate dans leur politique de change, dans leur attitude vis-à-vis de l'Iran ainsi que dans leur stratégie vis-à-vis des pays africains et de leur développement. Et s'appuyant sur leur succès économique actuel, on ne voit pas ce qui les contraindrait à abandonner l'unilatéralisme.

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Published by Le Gargaillou - dans Points de vue
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