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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 14:54

Air Liquide vient d'annoncer qu'elle allait fournir l'hydrogène, la station de distribution et l'infrastructure d'approvisionnement pour alimenter la flotte des 37 chariots élévateurs du centre d'embouteillage de Coca-Cola à San Leandro en Californie. Ces chariots élévateurs seront équipés de piles à combustible à la place des batteries au plomb traditionnelles. Air Liquide a déjà mis en place une station à hydrogène dédiée à une flotte de chariots élévateurs pour Walmart au Canada.

 

Toujours selon la société, d'autres projets hydrogène sont en cours dans le monde : à Oslo, pour cinq bus d'une société de transport ; au sud du Japon, dans la province de Saga, afin de démontrer la faisabilité d'une chaîne complète d'"hydrogène vert", de la production d'hydrogène à partir des copeaux de bois jusqu'à son utilisation dans le transport. 

Depuis 2006, Air Liquide anime le projet européen Hychain-Minitrans qui a pour objet de tester 158 véhicules : scoooters, tricycles, fauteuils roulants et minibus, équipés d'une pile à combustible. Ces tests ont lieu dans quatre régions : Grenoble Alpes Métropole, Modène en Italie, Soria et León en Espagne, et Emscher Lippe en Allemagne. La distribution de l'hydrogène s'effectue par des bouteilles spéciales de 20 et 2 litres avec de l'hydrogène sous 700 atmosphères que l'on échange à des « Points hydrogène ». L'autonomie des scooters serait de 100 à 120 km. Entre mai 2009 et novembre 2010, les trois bus en test en Allemagne et en Espagne avaient parcouru 45 000 km. 

Aux États-Unis, cinq stations Air Liquide de distribution d’hydrogène (projet Driveway) à New York, Los Angeles et Washington DC, permettent de tester 100 véhicules fonctionnant à l’hydrogène. Au Canada, à l'occasion des Jeux Olympiques et Para-Olympiques de Vancouver, à partir de février 2010, un contrat de 7 ans  à démarré pour l’exploitation de 20 bus BC Transit à Whistler fonctionnant à l’hydrogène.

A ce jour, plus de 45 stations Air Liquide distribuent de l'hydrogène dans le monde. 

 

Linde

Linde, le grand concurrent allemand d'Air Liquide, est très présent également sur les applications transport de l'hydrogène. C'est ainsi qu'il accompagne le tour du monde de trois Mercedes classe B alimentées par une pile à combustible F-Cell ; ces Mercedes viennent de partir le 30 janvier de Stuttgart. Ce raid de 30 000 km sur quatre continents et 14 pays doit durer 125 jours. Linde et Mercedes ont développé pour ce raid un système spécial d'alimentation en hydrogène sous 700 atmosphères, monté sur une camionette Sprinter. Depuis 1994, Mercedes poursuit ses travaux de développement de la filière hydrogène et a déjà fait parcourir à ses véhicules d'essai plus de 4,5 millions de km !

  

Linde, Mercedes, Shell, Total, OMV, Vattenfall et EnBw collaborent depuis 2009 dans le programme « H2 Mobility » – Air Liquide s'y est associée en janvier 2010, dont l'objectif est de mettre en place en Allemagne un réseau de stations à hydrogène afin d'assurer l'alimentation des premières voitures de série en 2015.

Linde a déjà en service plus de 70 stations à hydrogène dans 15 pays différents.

 

 

Air Products

L'américain Air Products & Chemicals, le troisième acteur majeur des gaz industriels, est lui aussi très actif dans la promotion de l'hydrogène, et développe des éléments d'infrastructure aux fins d'alimenter les véhicules à pile à combustible. Il vient d'équiper une flotte de 25 chariots élévateurs dans le centre de distribution de Kimberley Clark à Graniteville en Caroline du Sud. Une flotte de 5 bus roule à l'hydrogène dans le secteur d'Alameda près de San Francisco. Et en décembre 2010, Air Products a mis en service la première station de distribution d'hydrogène permanente à Londres – une deuxième est prévue en 2011. 

 

 

Et en France ?

Mes lecteurs se demandent peut-être : que se passe-t'il dans la filière hydrogène en France ? Les constructeurs automobiles Renault et PSA ont peut-être des projets dans leurs cartons mais le secret en semble bien gardé. Ces temps derniers, on ne parle que de voitures électriques et hybrides à batterie au lithium, une filière qui parait bien moins attractive à long terme. Il y a quelques 5 ans, Renault poursuivait un projet de véhicule équipé d'un convertisseur direct de gaz naturel en hydrogène associé à une pile à combustible et un moteur électrique. Ce projet devait déboucher sur une commercialisation dans la décennie 2010. Qu'en est-il aujourd'hui ?

Et pourtant de nombreuses jeunes pousses s'intéressent en France à la filière, par exemple l'EPSA qui est un essaimage de l'Ecole Centrale de Lyon et qui a pour projet de participer eux 24 h du Mans en 2020 avec une voiture à hydrogène.

 

Il est pour le moins curieux que le pôle de compétitivité Alphéa hydrogène qui fédère de nombreux partenaires pour développer la filière, ne comprend parmi ses membres ni Air Liquide, le producteur et le systémier français numéro un, ni les constructeurs automobiles, ni des utilisateurs potentiels tels que Danone ou Carrefour (pour leurs chariots élévateurs dans leurs centres logistiques). Selon Alphéa, un milliard € devrait être consacré à la filière hydrogène dans les transports par le "grand emprunt". Qu'en est-il exactement ? 

 

On peut penser que, ne rencontrant que peu d'intérêt notamment de la part de Renault et PSA, et plus généralement de la part des acteurs potentiels importants, Air Liquide poursuit sa route hors de France et développe sa technologie sur tous les marchés accueillants notamment aux Etats-Unis, en concurrence avec les autres industriels qui détiennent les clefs techniques essentielles : la production, la distribution, le stockage d'hydrogène et la génération d'électricité.

Quand l'Allemagne aura son réseau de stations services à hydrogène et que les Mercedes rouleront là-bas avec un bilan carbone meilleur que la meilleure hybride et une autonomie 5 à 10 fois supérieure aux voitures électriques, quand des bus à hydrogène circuleront en grand nombre dans les rues de Londres, peut-être se réveillera-t'on ? 

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commentaires

JP Roumégoux 19/08/2011 09:11


L'hydrogène peut aussi être utilisé directement comme carburant dans un moteur thermique (le rendement d'un diesel à H2 est équivalent à celui d'une pile à H2). En Allemagne, début des années 2000,
BMW a expérimenté une flotte de 15 voitures alimentée par du H2 liquéfié (nécessaire pour une grande autonomie).
En France, il aura fallu des dizaines d'années pour obtenir l'autorisation de faire circuler sur la voie publique des véhicules alimentés au gaz naturel... alors l'hydrogène, c'est pas pour demain
!
Par ailleurs l'hydrogène est aussi un candidat pour le stockage puis la restitution de l'énergie électrique provenant de sources renouvelables (solaire, éolien ...) qui posent un problème
d'adaptation à la demande.