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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 22:02

Depuis 2008, les Français réduisent leur recours au crédit, ils empruntent de moins en moins. C'est ce que l'on constate d'après les résultats d'une enquête menée auprès de 13 000 ménages en novembre 2012 par la SOFRES pour l'Observatoire des Crédits aux Ménages. En 2012, 48,6% des ménages détenaient un crédit contre 52,6% en 2008. C'est le niveau le plus bas depuis 1989 !

 

Une baisse du crédit à la consommation

 

Ce n'est pas le crédit immobilier qui baisse : il est stable autour de 31%. C'est le crédit à la consommation qui est en forte baisse : seuls 27,6% des ménages détiennent un crédit à la consommation en 2012. De 2001 à 2011, le taux a fluctué entre 30,1% et 35,4%. Le rapport d'enquête soutient que c'est la crise de la dette souveraine en 2011 qui a conduit les ménages à réviser leurs projets et à abaisser leurs emprunts. On voit là une interprétation typique de la part d'un économiste français : il prétend qu'un événement macro économique entraîne une modification de comportement, plutôt micro économique. Comme si chacun avait pris conscience que la crise de la dette souveraine avait une influence majeure sur sa vie quotidienne et était conduit à réagir. Cela n'a pas beaucoup de sens.

 

Le crédit destiné à l'achat des voitures est certainement une part importante du crédit à la consommation. Et une proportion probablement relativement stable des clients a recours à un crédit. Le marché automobile français a baissé de 14,6% en 12 mois : tout naturellement on peut estimer que le crédit automobile devrait baisser d'un montant similaire. La diminution du crédit à la consommation est de 9% en un an, de 30,2% à 27,6%. Pourquoi le marché automobile français a t'il baissé ? En grande partie, par suite d'un report des achats à plus tard : les véhicules sont de plus en plus fiables, sont garantis pendant des périodes plus longues. Alors, dans le climat actuel de grande incertitude sur l'évolution de la fiscalité et sur la situation dans beaucoup d'entreprises, finalement sur les choses qui touchent vraiment les français tous les jours – et non les phénomènes macro économiques, il n'y a pas grand inconvénient à différer un achat de cette importance, à reporter la signature d'un nouvel emprunt et à réserver à d'autres usages les sommes disponibles.

 

Un taux d'épargne exceptionnel

 

Par ailleurs, le taux d'épargne (% du revenu qui est épargné) des Français est au plus haut et bat tous les records : il s'est établi à 16,2% en 2012. A titre de comparaison, il est de 10,1% en Allemagne, 5,3% en Grande Bretagne, 3,7% aux Etats-Unis et en moyenne de 5,7% dans les 27 pays de l'UE.

 

A l'évidence, les particuliers restreignent leur propension à dépenser à la fois en empruntant moins et en épargnant plus. Pourquoi ? Ne serait-ce pas la conjonction de deux éléments :

  • l'Etat étant toujours plus dépensier sans manifester de volonté réelle de réduire son train de vie, les particuliers s'attendent à ce que les impôts vont augmenter ; il est donc important de mettre de côté ce qui sera nécessaire pour payer les futurs impôts ;

  • le régime de retraite du privé par répartition est en difficultés et les particuliers s'attachent à épargner pour préparer leur retraite ;

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Published by Le Gargaillou - dans Points de vue
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commentaires

Gerald 07/11/2014 15:47

Les ménages se concentrent plutôt sur les inconvénients des crédits à la consommation, seuls ceux qui n'ont plus rien à assurer les dépenses quotidiennes osent avancer dans cette voie.

PEREZ Jean-Yves 03/02/2013 11:45

Conclusions partagées
cordialement
J-Y PEREZ, ECLy83

PEREZ Jean-Yves 02/02/2013 21:23

Je ne comprends pas le raisonnement typique des économistes tel que présenté dans le blog: il me semble que le sens pertinent est que la somme des comportements micro-économiques induisent une
conclusion macro-économique
dans l'autre sens cela semble plus incertain or c'est ce que supposent les économistes.

Le Gargaillou 02/02/2013 21:54



C'est bien le point du rapport sur lequel je m'interroge : selon ce rapport, la baisse du nombre d'emprunteurs en France serait causée par la crise de la dette souveraine des Etats. Il n'y a
aucune justification dans le rapport sur cette relation supposée de cause à effet. Ceci est un exemple des raisonnements fréquents chez les économistes français qui concentrent leurs analyses sur
la macroéconomie et prétendent en tirer des conclusions sur les comportements micro-économiques.