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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 20:05

Dans son étude du premier semestre 2011 parue récemment, l'AFIC (Association Française des Investisseurs de Croissance) constate que les levées de fonds sont en baisse de 6% par rapport à 2010 et toujours très inférieures aux niveaux d'avant 2009. Pour le sixième semestre consécutif, les levées de fonds – c'est-à-dire les ressources obtenues par les acteurs de l'investissement en capital, les fonds d'investissement, sont inférieures aux montants investis dans les entreprises ; la différence est considérable : 4,3 milliards € ont été investis contre des levées totalisant 1,5 milliards € au premier semestre 2011 (8,8 milliards € levés pour 5,1 milliards € investis en S1 2008).

 

Dans un article des Echos du 13 octobre, commentant cette étude, les dirigeants de l'AFIC tirent la sonnette d'alarme : « Nous allons au-devant de réels problèmes de financement des PME. » Ils constatent que : « Les banquiers et les assureurs restent très largement absents de nos collectes ». Pourtant leur participation a progressé en un an mais reste très en-deçà des levées au premier semestre 2008. Les autres sources traditionnelles de levées de fonds poursuivent, elles, leur descente : caisses de retraite, personnes physiques et familles ; les entités du secteur public sont stables, à un bas niveau. Selon Les Echos, la collecte des fonds ISF a été divisée par deux, à environ 200 millions € sur un an.

 

Evolution des levées de fonds par type de souscripteurs

 

Millions €

S1 2008

S1 2009

S1 2010

S1 2011

Banques

2177

136

146

355

Assureurs

1753

163

116

233

Caisses de retraite

1436

36

182

95

Familles et personnes physiques

1754

604

506

341

Entités du secteur public

677

51

186

194

 

Les fonds levés sont fléchés dans quatre directions : le capital-risque (financement de la création des jeunes pousses et de l'innovation), le capital-développement (pour la croissance), la capital-transmission (la reprise d'entreprise) et le capital-retournement (entreprises en difficulté). 92% des fonds levés au premier semestre 2011 sont destinés au développement et à la transmission. La situation du capital-risque est inquiétante avec une baisse de 69% en un an et seulement 5% des fonds levés (72 millions €).

 

Quels enseignements tirer de cette abondance de chiffres ?

 

On peut assurer que les difficultés à lever des fonds proviennent du climat d'incertitude qui règne depuis les événements de fin 2008, notamment la faillite de la banque d'affaires Lehman Brothers le 15 septembre 2008. En particulier, les caisses de retraite qui, par nature, sont les plus réticentes à prendre des risques, sont pratiquement sorties du marché. Les entités du secteur public font des efforts significatifs mais ne peuvent dépasser 15% de l'ensemble des fonds, faute de ressources suffisantes.

Les familles et personnes physiques sont les acteurs qui montrent le plus de persistance et le moins de variabilité. Elles ont un grand mérite, car la souscription dans un fonds d'investissement signifie généralement un blocage des sommes engagées pendant 8 ans ou plus, alors que, ces dernières années, les dépenses publiques excessives et les déficits publics croissants ont été annonciateurs d'une augmentation des impôts ; l'incertitude fiscale permanente qui en découle, prenant souvent les contribuables par surprise, nuit à l'investissement de long terme. Cela pousse les investisseurs à faire le dos rond, à attendre ou à aller ailleurs, plutôt qu'à prendre des risques et à souscrire dans des fonds d'investissement, plus particulièrement dans les jeunes pousses (capital-risque).

 

 

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Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
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