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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 16:10

L'Institut Pasteur est un foyer assez remarquable de création d'entreprises dans le domaine des biotechnologies : depuis 1987, plus de 15 entreprises ont été créées à partir de ses travaux de recherche. Pour les accueillir, un incubateur Pasteur Biotop a été fondé en 2000. Actuellement, ces entreprises génèrent un chiffre d'affaires global d'environ 35 millions € et emploient plus de 250 personnes. Deux d'entre elles ont été introduites en Bourse sur Alternext : Hybrigenics et Cellectis.

 

Les jeunes pousses incubées à l'Institut Pasteur ont des besoins de financement très différents des sociétés de l'Internet et de logiciel, fréquemment bien connues du public. Souvent, ces dernières peuvent aller loin dans le développement de leurs produits avec des ressources limitées ; elles peuvent aussi générer rapidement du chiffre d'affaires. Au contraire, dans le domaine des thérapies, du diagnostic, de la médecine, plus généralement des biotechnologies, des fonds importants sont nécessaires afin de conduire la recherche et surtout les essais pré cliniques puis cliniques ; et les premières ventes sont réalisées plusieurs années après les premiers résultats de la recherche.

 

Theravectys lève 7,5 millions €

 

Parmi les jeunes entreprises de l'Institut Pasteur, Theravectys poursuit le développement de vaccins basés sur la technologie dite des vecteurs lentiviraux ; la première application visée est celle d'un vaccin curatif contre le SIDA.

Theravectys vient de réussir une levée de fonds d'un montant de 7,5 millions €, la troisième depuis sa création en 2007, en vue notamment des essais cliniques de phase I et II de ce vaccin. Beaucoup d'espoirs sont fondés sur ce nouveau vaccin, en particulier parce qu'il sera curatif et permettra d'éliminer les polythérapies coûteuses et contraignantes, auxquelles les pays en voie de développement n'ont pas accès.

 

Fait remarquable, cette levée de fonds a été entièrement réalisée avec dix investisseurs privés, dont le fonds Tethys détenu par la famille du fondateur de l'Oréal et des personnalités et entrepreneurs du monde la finance et de l'alimentaire … Tout se passe comme si ces investisseurs, des business angels de « gros calibre », prenaient la place des acteurs traditionnels du capital risque, les fonds d'investissement de « private equity ».

 

Il y a quelques mois, en octobre 2011, une autre jeune entreprise de l'Institut Pasteur, Cellectis a, elle aussi, levé des fonds, 50 millions €, grâce pour la moitié, à un investisseur privé, chef d'entreprise diplômé de Centrale Lyon, venant de l'industrie des équipements électriques. L'autre moitié a été apportée par l'Etat (le FSI) ...

 

Les intermédiaires financiers sont à l'évidence court-circuités, peut-être en partie à cause de leurs mauvais résultats au cours des dix dernières années comme on le constate en parcourant mon récent article ; ils sont donc affairés à sauver leurs participations et ont beaucoup de mal à lever de nouveaux fonds. Il y a aussi l'effet des règlementations Bâle III et Solvabilité II qui entraînent la fuite des banques et des assureurs : ils abandonnent leur rôle de financement de l'économie dans les domaines comme le capital risque où il faut avoir des équipes solides pour effectuer les bons choix d'investissement et où la rentabilité est sujette à de forts aléas.

 

On a déjà vu dans le domaine de l'Internet que les entrepreneurs qui réussissent, se regroupent pour créer leur propre véhicule d'accompagnement des jeunes pousses dans leur domaine ; certains même comme Xavier Niel ou Marc Simoncini, lancent leur propre structure de financement. Naturellement, ils se sentent bien plus à l'aise que d'autres pour juger personnellement de la qualité des créateurs et de leurs projets.

 

Tout ce que l'on peut espérer, est que ces investisseurs privés tiennent bon et restent avec nous, malgré « la chasse aux riches » en cours actuellement.  

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Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
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