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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 19:31

Au salon automobile de Francfort, la plupart des constructeurs annoncent cette semaine des voitures électriques qui utilisent toutes la technologie du lithium-ion. Cette technologie permet d'améliorer l'autonomie des véhicules jusqu'à 200 km, avec une capacité de recharge rapide et une durée de vie des batteries de 15 à 20 ans. Tout semble s'organiser pour que cela soit la solution pour la voiture électrique de demain.

 

Une difficulté majeure qui ne semble préoccuper personne – du moins officiellement, est que le lithium est un métal rare. Ses réserves mondiales sont estimées à 11 millions de tonnes (selon US Geological Survey jan 2008) et elles se trouvent essentiellement dans les lacs salés des Amériques, les « salars », le plus important étant le Salar de Uyuni en Bolivie qui contiendrait 1/3 des réserves mondiales de lithium. Combiné avec d'autres lacs, la Bolivie détiendrait environ 50% au moins des réserves mondiales. Ces mines n'ont pas été mises en production et la Bolivie négocie déjà avec agressivité l'octroi de droits d'exploitation, demandant notamment l'implantation d'usines de batteries. Ceci indique avec une quasi-certitude que le coût du lithium va augmenter d'une manière très significative, avec de plus un risque politique non négligeable.

 

Un voiture moyenne devrait embarquer environ 20kg de lithium pour avoir une autonomie et une puissance suffisante (de l'ordre de 25kWh). Un calcul rapide démontre que l'on pourrait équiper 350 millions de voitures en utilisant la totalité des réserves mondiales de lithium compte non tenu des autres utilisations du lithium. L'on nous explique que le lithium peut être recyclé ; mais il n'en demeure pas moins que le parc mondial en circulation sera au maximum de 350 millions de voitures. On notera cependant que le recyclage des piles et batteries au lithium n'en est qu'à ses balbutiements. Et au fur et à mesure que les batteries seront recyclées, il y aura des pertes et le parc potentiel diminuera. Et ceci n'inclut pas bien sûr le lithium utilisé par les équipements électroniques portables (téléphones, baladeurs, ordinateurs, etc...) et d'autres applications.
La production actuelle de 122 000 tonnes est destinée aux 3/4 à ces autres applications : lubrifiant, verrerie, céramique, pharmacie, électrolyse de l'aluminium et alliage avec l'aluminium. 

 

Même si les batteries sont optimisées dans les années à venir, le parc maximum n'augmentera que de peu pour satisfaire la demande mondiale.

 

Cette technologie ne peut être la solution pour la voiture électrique de l'avenir !

 

Il apparaît d'ailleurs que les grands acteurs s'en inquiètent, notamment le ministère français de la recherche qui serait en conflit avec le Directeur du BRGM (Bureau de Recherche Géologique et Minière) sur l'efficacité de sa recherche de nouvelles mines de lithium.

 

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commentaires

Philippe 19/09/2009 17:50

Encore un petit agacement à vous exposer : nombre de déplacements professionnels sont induits par une utilisation désastreuse des autres moyens de procéder (Moyens de transport de marchandises médiévaux. Déplacement de personnes préféré à l'usage de vidéoconférence massive)
La France étant le pays d'Europe où l'état et ses cousins sont les plus "présents", c'est justement là que l'on constate les réunions les plus fournies, les plus nombreuses, les moins bien préparées, les moins bien suivies, les plus distantes géographiquement, (50 à 100 personnes autour d'une table ne fait peur à personne dans les administrations).
Commençons par là, la distance moyenne/habitant/an/voiture en sera spectaculairement réduite !