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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 19:32

Le marché automobile américain semble en train de basculer : en 2011, les ventes de voitures hybrides sont tombées à 2,2% du marché, après avoir été à hauteur de 2,4% en 2010 et 2,8% en 2009.

 

Selon BusinessWeek, de plus en plus d'américains font la comparaison entre la Prius et des voitures comme la Ford Fiesta, la Chevrolet Cruze ou la Hyundai Elantra et cela tourne en faveur de ces voitures conventionnelles à essence. Leurs performances de consommation se sont tellement améliorées ces dernières années qu'elles se rapprochent de celles d'une Prius, autour de 5 à 6 litres/100 km et qu'il devient toujours plus difficile d'accepter de payer une voiture hybride $ 6 000 plus cher (différence entre une Prius et une Fiesta). Les observateurs du marché avancent que de nombreuses voitures conventionnelles vont être lancées aux Etats-Unis cette année avec des consommations encore améliorées de l'ordre de 20%. Ce qui va rendre la vie des hybrides plus compliquée, notamment celle de la Prius qui détient 50% de ce marché de niche.

 

 

Le marché auto américain réagit vigoureusement aux variations du prix du pétrole

 

Nous devons nous rappeler que l'essence est très peu taxée aux Etats-Unis, cela rend donc son prix très volatil, en fonction du prix du pétrole sur le marché. Actuellement, selon les Etats, les taxes sur l'essence varient de 20 ¢ / gallon à 50 ¢ / gallon alors que les prix à la pompe vont de $ 3 à plus de $ 5 ($ 0,8 à $ 1,32/litre ; un gallon = 3,78 litres) ; en moyenne, les taxes constituent donc environ 10% du prix.

A titre de comparaison, les carburants supportent en France la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques anciennement TIPP) qui est d'un montant fixe en euros / litre et la TVA à 19,6% sur le prix comprenant la TICPE. La TICPE est actuellement de 0,61 € / litre pour l'essence et de 0,43 € / litre pour le gazole. Sur un litre d'essence à 1,60 €, on trouvera qu'il y a 0,87 € de taxes soit 54% (pour le gazole à 1,45 €, il y a 0,67 € de taxes soit 46%).

Depuis les premiers chocs pétroliers, on constate que les américains réagissent très vite aux variations du prix à la pompe qui suivent de très près le prix du baril. Ils délaissent les grosses cylindrées et achètent en masse les petites voitures. De ce côté-ci de l'Atlantique, le niveau élevé des taxes est une constante européenne et bien sûr française, qui a relativement isolé les automobilistes des variations du prix du pétrole mais qui a forcé les constructeurs à améliorer les consommations depuis des décennies.

 

On peut penser que les constructeurs automobiles américains – GM et Ford en tête, ont pris conscience que la hausse du prix du pétrole allait être suffisamment durable pour justifier des investissements importants dans l'amélioration des consommations de leur produits. Ils proposent maintenant sur les voitures les plus standards : des boîtes à 8 vitesses, l'injection directe, un turbo et tout un florilège de contrôles électroniques. Sur les voitures les plus puissantes, les V6 et les moteurs à 4 cylindres remplacent les gros V8, sans vraiment compromettre les performances mais en améliorant les consommations de manière spectaculaire.

 

 

Une innovation de rupture : la Chevrolet Volt

 

Un consensus se dégage aux Etats-Unis, considérant que les hybrides devront améliorer considérablement leurs consommations pour redresser la situation. D'autant plus que dans le même temps, General Motors s'est réveillé et a lancé début 2011, un nouveau véhicule que l'on peut considérer comme une innovation de rupture : la Chevrolet Volt. Au lieu du système compliqué de l'hybride popularisé par Toyota, qui attèle simultanément le moteur thermique et le moteur électrique, la Volt est uniquement propulsée par un moteur électrique, un petit moteur thermique de 84 ch servant à recharger la batterie quand cela devient nécessaire. La recharge sur le secteur à 220V prend environ 6 heures.

Ce nouveau concept a soulevé un grand enthousiasme, qui reste coûteux puisque la Volt est vendue 42 000 € en Europe sous le nom Opel Ampera (mais n'est pas encore vendue en France). L'autonomie électrique est de 40 à 80 km ; avec l'appoint du moteur thermique, elle est supérieure à 500km.

Un point noir cependant : la consommation monte à 6 litres /100 km quand la batterie est déchargée. Mais d'après Opel, la consommation est de 1,2 litre /100km et l'émission de CO2 de 27 g/km selon les normes européennes, soit bien moins que tout autre voiture ayant une autonomie similaire.

 

Le concept de la Volt est certainement doté d'un grand avenir car il est relativement simple, il produit zero émission dans les conditions d'utilisation les plus fréquents (les petits parcours) comme les voitures 100% électriques, mais avantage imparable sur ces dernières : il garantit une autonomie suffisante pour atteindre la prochaine station service dans toutes les conditions et permet ainsi d'effectuer de longs parcours. GM devrait travailler d'arrache-pied à la Volt 2 qui sera on l'espère, mieux finie, plus abordable et avec une plus faible consommation sur autoroute.

On peut penser que Nissan qui a énormément investi dans la voiture électrique, a un projet similaire dans ses cartons. Le potentiel en sera bien plus important que celui des voitures uniquement mues par une batterie comme la Leaf, la Zoe ou la Fluence de Renault.

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Published by Le Gargaillou - dans Points de vue
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