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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 21:33

Dans un article récent des Echos, Jean-Baptiste Rudelle, PDG cofondateur de Criteo et président du club de jeunes entreprises The Galion (*), aborde une question rarement évoquée par les créateurs d'entreprise : comment répartir le capital initial d'une entreprise ? Dans un dossier publié sur le site du club, https://thegalionproject.com/blog/story/1178/comment-repartir-le-capital-de-depart-entre-fondateurs, JB Rudelle détaille une méthodologie complète pour guider les équipes et prendre la meilleure décision de répartition du capital.

 

Une enquête auprès de 70 entrepreneurs membres du Galion (le club en comprend maintenant plus de 120), a montré qu'un courte majorité d'entre eux ont décidé d'une répartition inégalitaire, où certains ont plus de capital que d'autres. Pourtant, les indices mentionnés par JB Rudelle – montant des levées de fonds, valorisations de sortie, donnent largement l'avantage à ce mode de répartition. En particulier, les montants des fonds levés sont en moyenne deux fois plus importants dans le cas d'une répartition inégalitaire. Naturellement JB Rudelle modère ces résultats en indiquant qu'on ne peut "affirmer qu'une répartition égale conduit forcément à l'échec" (sic).

 

A l'évidence, JB Rudelle fait pencher largement la balance en faveur d'une répartition inégalitaire. Sa méthodologie met l'accent sur des éléments mesurables qui conduiront à des évaluations chiffrées des parts de capital détenues par chaque fondateur ; il y a cependant d'autres éléments qui à mon sens, auront en fait plus de poids.

 

L'ambition du projet

 

Plutôt que de s'arrêter aux chiffres, il me parait important de voir ce qui se profile derrière eux : pour appuyer une levée de fonds, il faut un projet de développement motivé, structuré et crédible. Plus le projet est ambitieux, plus le montant à lever sera important. La crédibilité repose certainement sur la qualité de l'équipe qui le porte et sur l'expérience du CEO mais aussi sur la clarté de sa vision, sa personnalité et son charisme et sa capacité d'entrainement et de prise de décision, son envie et son audace, qui seront perçues et appréciées par les investisseurs. Si le projet entrepreneurial est ambitieux, c'est qu'un héros en est le premier porteur.

 

JB Rudelle nous indique bien qu'"une équipe qui n’a pas clarifié dès le départ qui est censé trancher en dernier ressort fait fuir les investisseurs. Le choix de celui qui sera le CEO de la jeune pousse, est un élément très structurant du projet".

 

Dans la mesure où ce choix s'imposera aux autres fondateurs, le fait que le CEO détiendra une part plus importante du capital devrait s'imposer de lui-même.

 

Une situation particulièrement risquée : 50/50

 

J'irai plus loin que JB Rudelle : la répartition 50/50 du capital entre deux fondateurs est à éviter, c'est une situation très risquée. Il se peut qu'il y ait au démarrage de l'entreprise une parfaite entente entre deux fondateurs, une vision et des valeurs partagées ; dans ces conditions, ils sont souvent tentés de ne pas différencier leur part du capital, craignant que cela affecte leur belle entente et déséquilibre leurs rapports. Mais c'est l'inverse qui peut se produire : c'est la répartition 50/50 qui risque de conduire à un blocage et une incapacité à prendre les décisions. Aucun des deux ne détient la majorité et toute décision requiert l'accord conjoint. Ce qui parfois débouche sur de graves dommages, y compris la dissolution de l'entreprise.

C'est un peu comparable à la situation des héritiers d'une propriété qui se trouvent en indivision : si il n'y a pas d'accord possible, le juge décidera de la vente de la propriété.

 

Les risques associés à la répartition égalitaire sont certainement perçus négativement par les investisseurs lors d'une levée de fonds ; ce qui explique en partie sans doute la constatation de JB Rudelle que dans ce cas, les fonds levés et les valorisations sont moins importants.

 

(*) Qu'est-ce-que The Galion ?

Il se définit ainsi : The Galion Project est un think tank qui réunit les entrepreneurs dont l'ambition est de changer le monde grâce à l'innovation de rupture. Le but est d'échanger ensemble pour construire les champions numériques de demain.

Nous partageons des expériences hors du commun grâce au kitesurf et aux sports de glisse.

Notre leitmotiv: « think and play ».

 

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Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
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