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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 10:57

Galileo a été mis en service le 15 décembre 2016 avec le démarrage de ses premières fonctions. Ce système européen de localisation doit être pleinement opérationnel dans 4 ans, en 2020, quand l'ensemble de ses 30 satellites aura été mis sur orbite.

 

Le programme Galileo a été lancé en 1999, piloté conjointement par la Commission Européenne et l'Agence Spatiale Européenne, donc sous une gestion civile. Jusqu'à maintenant, le GPS américain développé et contrôlé par le DOD, Département de la Défense, et lancé en 1995, s'était imposé sur le marché de la localisation et des aides à la navigation. Le GPS a été initié dans les années 70 afin de permettre aux sous-marins atomiques américains de se positionner avec précision après de longues navigations en plongée. Egalement contrôlés par les militaires, le Glonass russe lancé en 1996, est devenu opérationnel en 2011, après une interruption due à la baisse des budgets, et le BeiDou/Compass chinois, d'abord déployé en 2000 pour couvrir la Chine seule, est en cours de mise en place pour une couverture mondiale. Galileo arrive donc sur un marché certes en plein développement, mais face à des concurrents aux objectifs stratégiques certains et aux poches profondes.

 

Le GPS au départ limité à une précision de 100m pour les usages civils et gratuits, a été libéré par les américains en 2000 avec une précision de 10m. De nouveaux satellites GPS sont en cours de lancement, dotés des dernières technologies, notamment des horloges atomiques plus précises, améliorant à terme la précision de la localisation.

Ainsi dans les années 2020 très proches, nous allons nous trouver en présence de 4 systèmes de navigation mondiaux concurrents aux performances similaires.

 

Ce sera certainement pour le plus grand bénéfice des utilisateurs. En particulier, un accord a été conclu pour que le GPS et Galileo soient interopérables et dès maintenant, de nombreux smartphones sont équipés de puces hybrides compatibles avec les 2 systèmes. Et les fournisseurs de composants ne manqueront pas de proposer de nouvelles puces communiquant avec le 4 systèmes, le marché des smartphones, des véhicules autonomes et de l'Internet des objets – potentiellement grands utilisateurs, étant lui aussi mondial. Ainsi, si un système est défaillant, les autres seront là pour assurer la continuité de la navigation et de la localisation. Il est probable que la combinaison des localisations obtenues avec les différents systèmes permettra d'obtenir une meilleure précision et une plus grande fiabilité dans les environnements perturbés et dans les espaces encaissés ou entourés de murs élevés.

 

Les avantages de Galileo

 

Selon ses promoteurs, Galileo a certainement de nombreux avantages techniques et services : une précision de l'ordre du mètre pour le service gratuit, ouvert au public, contre 10m pour le GPS actuel ; une offre payante destinée aux industriels avec une précision de l'ordre du centimètre ; la fourniture de l'heure et date avec une très grande précision ; l'authentification des signaux garantissant que les signaux reçus sont d'origine Galileo ; la localisation des avions et navires en détresse en complément du réseau de satellites Cospas Sarsat.

 

Cependant, le principal avantage de Galileo, celui qui a conduit à la décision de lancer le programme, est d'ordre stratégique, non militaire comme le sont, au moins initialement les 3 concurrents, mais économique et industriel. Cela est cohérent avec la volonté européenne, entraînée surtout par la France, l'Allemagne et l'Italie, de développer ensemble des programmes aéronautiques et spatiaux depuis des décennies. Il a de remarquable que, lancé il y a près de 20 ans, il s'avère correspondre à des applications en plein développement et au potentiel extraordinaire que sont notamment la téléphonie mobile, l'Internet de objets, la voiture autonome. Et à l'évidence, il est très important pour améliorer la compétitivité et dynamiser l'innovation de l'industrie européenne dans ces domaines d'application, de pouvoir collaborer avec un ecosystème ouvert et intégré à l'Europe : l'agence de la navigation par satellite européenne (GSA), basée à Prague qui démarrera en 2017 l'exploitation de Galileo, les entreprises partenaires du projet : le constructeur des satellites OHB-System (Münich) associé au britannique SSTL, l'ingénierie système de Thalès Alenia Space (coentreprise franco-italienne), les horloges atomiques de SpectraTime, filiale suisse du groupe français Orolia, l'exploitation des 20 bases terrestres de surveillance du système par Spaceopal (coentreprise DLR-Telespazio), les lanceurs d'Arianespace. Selon la commission européenne, une mission majeure de l'agence GSA sera de faire évoluer Galileo en fonction des besoins du marché civil. On peut imaginer que cette offre ne s'adresse pas seulement au marché européen mais aussi au reste du monde.

 

Ce projet ambitieux a subi quelques retards, notamment parce qu'il est ambitieux et que les budgets européens civils sont certainement plus contraints. Mais il est maintenant "sur orbite", constituant une nouvelle preuve que les Européens ensemble forment une équipe très performante. Au lieu de prendre l'Europe comme bouc émissaire, nos politiques seraient bien venus de citer ce programme comme exemple de ce que l'Europe nous apporte.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
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