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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 20:20

Créée à Pessac, en 2014 à partir de recherches menées au laboratoire Biomatériaux et Réparation Tissulaire de l'INSERM - université de Bordeaux, avec 600k€ de capitaux propres, Poietis s'est lancée dans l'industrialisation de l'impression 3D de cellules biologiques. Cette technologie débouche sur de nombreuses applications en médecine régénératrice et dans les domaines industriels de la cosmétique et de la pharmacie, notamment pour évaluer de nouveaux ingrédients cosmétiques ou la toxicité et l’efficacité de nouvelles molécules thérapeutiques.

 

Cette technologie d'impression consiste en une impulsion laser bleue dirigée vers une cartouche composée d'un film d'encre étalé sur une plaque de verre qui entraîne la formation d'un jet d'encre vers un substrat sur lequel sont collectées des micro gouttelettes de cellules avec une résolution de 20µ. La formation du tissu se fait par dépôts couche-par-couche de micro-gouttes d’encres biologiques.

 

Poietis a mené une première levée de fonds de 2,5 millions € fin 2015 dont 1 million par la plate-forme de crowdfunding Wiseed, 200k€ auprès de business angels et 1,3 millions € sous forme de subventions, d'avances remboursables et de prêts de bpifrance, de la région Aquitaine, de Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique, d'EADS Développement et de Michelin Développement. L'objectif est de poursuivre l'industrialisation du procédé.

 

Simultanément, Poietis a noué un premier partenariat avec BASF pour l'application de sa peau synthétique au test de produits entrant dans la réalisation de cosmétiques.

 

MedMarket Diligence évalue le potentiel de l’ingénierie tissulaire à 15 milliards $ en 2014 et à près de 30 milliards  $ en 2018, dont un tiers pour la produc­tion de peau, entrainé en Europe par l'interdiction récente de l’expérimentation animale.

 

La question qui se pose maintenant à Poietis est commune à de nombreuses jeunes pousses : celle des moyens au service d'une stratégie de croissance. Poietis a environ 7 ans de retard sur le spécialiste américain Organovo fondé en 2007 à San Diego. En 2008, Organovo a levé $3 millions auprès de business angels, sort sa première bio imprimante 3D la NovoGen MMX Bioprinteren 2009, lève $15 millions lors de son introduction en bourse en 2012 puis successivement $47 millions en 2013 et $40 millions en 2015. Sa valorisation actuelle est de $240 millions.

Organovo a conclu un accord structurant avec L'Oreal en mai 2015, conduisant à une collaboration dans le développement et la production de peau. Organovo est aussi passé à une nouvelle étape produisant des prototypes d’organes comme un rein de 1 sur 4 mm de qui a survécu cinq jours hors du laboratoire, et un bout de foie qui produit de l’albumine et synthétise le cholestérol. Ces prototypes visent a tester la réaction du rein et du foie au contact avec des drogues en développement.

 

Naturellement, la situation est loin d'être figée et le champ d'applications de l'impression 3D de tissus biologiques est immense. Mais pour Poietis, la clef stratégique est vraiment une combinaison de partenariat avec des acteurs majeurs et des ressources financières en rapport avec le potentiel.

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Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
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