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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 21:19

Après 30 ans de cotation boursière, le groupe Cegid va très probablement sortir de la Bourse : il vient d'annoncer le 18 avril, le rachat de 37,6% du capital par le consortium de deux fonds d'investissement Silver Lake Partners (Californie) et AltaOne Capital (Londres) et qu'une offre publique d'achat viendrait ensuite ; le conseil d'administration a apporté son soutien à cette transaction qui valorise le groupe à 580 millions €, soit une prime de 20% par rapport aux dernières cotations, et une prime de 44% par rapport à la moyenne de l'année écoulée. Les 37,6% représentent les parts d'ICMI, la holding de Jean-Michel Aulas, président et cofondateur, et celles de Groupama, les deux plus gros actionnaires de Cegid. Deux autres actionnaires : Eximium et Patrick Bertrand, directeur général, qui détiennent respectivement 5,04% et 0,85%, vont aussi répondre à l'OPA.

 

Dans ces conditions, il y a de très grandes chances que les autres actionnaires apportent leurs parts à l'opération et que Cegid soit sorti de la cote.

 

Le contrat entre le consortium et Jean-Michel Aulas, prévoit que ce dernier réinvestisse dans le groupe une partie (non précisée) du produit de la cession de ses parts. J-M. Aulas pourra ainsi ménager plusieurs axes : assurer une transition patrimoniale de Cegid vers son fils Alexandre, diversifier ses investissements et si nécessaire, apporter un soutien plus important à la société OL Groupe qui a souscrit un engagement bien lourd : le financement du nouveau stade de l'Olympique Lyonnais.

 

Quel projet ?

 

Aux côtés de J-M. Aulas toujours président, Patrick Bertrand reste directeur général. Le projet industriel annoncé est constitué de 2 axes : accélérer la transition du groupe vers les services sur le "cloud", c'est-à-dire développer l'activité SaaS, "Software-as-a-Service" et accélérer son développement international, l'objectif affiché étant une place de leader européen d'éditeur de logiciels et de services cloud.

Il est certain que l'activité SaaS induit pour les éditeurs comme Cegid, de gros investissements initiaux qui se convertissent en revenus étalés sur les années futures, puisque les nouveaux clients n'achètent plus les licences des logiciels mais versent des abonnements liés à l'utilisation. Dans la même ligne, un développement international rapide conduira certainement à des acquisitions dans les pays cibles, permettant de convertir sans retard aux solutions Cegid des équipes locales possédant la relation client.

Dans les deux cas, la capacité d'investissement du consortium sera appréciée, avec un horizon probable à 5-8 ans. C'est l'horizon normal pour les fonds d'investissement et ce qui ressort des déclarations des dirigeants du consortium comme Christian Lucas, DG de Silver Lake :"nous sommes prêts à investir pour bâtir les fondations du succès de Cegid à long-terme."

 

Il faut remarquer que Cegid est toujours très franco-français : sur un chiffre d'affaires 2015 de 282 millions €, seuls 24,5 sont venus de l'international, soit un petit 8,6 %. Il y a une certaine dynamique puisque la progression a été de 25% en un an alors que le chiffre d'affaires global n'a progressé que de 5,8%. Considérant que Cegid existe depuis plus de 30 ans, on doit bien avouer que le retard est considérable, et c'est sûrement ce qui a limité le développement de l'entreprise.

La progression des ventes sur un an est entièrement obtenue grâce aux activités SaaS qui sont montées de 32% à 62,8 millions €.

 

On notera que la division Sumeru de Silver Lake (dans laquelle Cegid va probablement être intégrée) qui investit dans des entreprises de taille intermédiaire comme Cegid (Middle Market Technology), possède dans son portefeuille un nombre significatif d'éditeurs de logiciels : Blackline (logiciels de comptabilité d'entreprise), Locaweb et Velocity Technology Solutions (hébergement cloud), Talend (gestion de données libre "Open source"), Opera Solutions (analyse de données). A l'évidence, des synergies et des combinaisons de savoir faire sont envisageables. A minima, l'équipe de Sumeru – une douzaine d'associés et managers basés à Menlo Park, dans la Silicon Valley, connaissant déjà bien les terrains sur lesquels s'exercent les activités de Cegid, saura influencer ses stratégies.

On peut penser qu'ils savent ce qu'ils font en lançant cette acquisition en offrant l'équivalent d'un PER de 25 ( prix de l'action / bénéfice 2015 par action ).

 

 

 

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Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
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commentaires

أحسن جامعة بدبي 19/05/2016 13:06

bon courage