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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 18:30

Il y a quelque temps déjà, l'Association Valentin Haüy (AVH), l'association leader en France pour le soutien des non voyants, s'est débarrassée de son importante bibliothèque de livres en braille et l'a remplacée par un service d'impression à la demande. Ce qui l'a motivée, c'est d'abord le fait que la demande de livres en braille est en baisse puis que cette bibliothèque occupait un espace considérable ; un livre en braille réalisé sur du papier plus épais que normal avec des caractères qui occupent un espace de 6x10mm (y compris l'interligne et l'inter caractère), occupe un volume 8 fois plus important qu'un livre normal.

On peut comprendre qu'avec l'arrivée de livres numériques et de dispositifs braille connectés à un PC, les livres en braille sont devenus moins demandés. Au milieu des années 90, le format daisy a été inventé et s'est imposé, à cause de sa facilité d'utilisation par les non voyants et ses possibilités de navigation de page en page. Les lecteurs daisy compacts et peu coûteux (350 € en moyenne) permettent d'écouter et de lire toute une bibliothèque de livres numériques stockés sur une carte SD de plusieurs dizaines de gigaoctets.

Mais en parallèle avec les bibliothèques numériques, l'AVH maintient un service d'impression à la demande pour produire des livres en braille avec des imprimantes braille à grande vitesse.

 

On peut dire que le monde de l'édition pour les aveugles a une longueur d'avance sur le monde de l'impression "en noir" (comme on l'appelle par rapport au braille) : ce dernier s'intéresse de plus en plus à l'impression de livres à la demande. En effet, la distribution du livre se trouve placée dans une situation charnière : d'une part, elle est concurrencée par les distributeurs en ligne – FNAC, Amazon, qui ont les moyens de stocker et livrer rapidement n'importe quel ouvrage, d'autre part, le nombre d'ouvrages publié chaque année augmente constamment. Le libraire traditionnel risque de se trouver plus souvent en rupture de stock, à moins de constituer un stock toujours plus important, avec le corollaire que la rotation diminue et le coût de cet inventaire augmente. L'impression à la demande sur place, dans la librairie elle-même, serait-elle la solution pour les ouvrages les moins demandés ?

 

Lors du récent salon du Livre, une imprimante spéciale, l'Espresso Book Machine a fait parler d'elle. Présente sur les stands de PUF et de la Martinière, il semble que l'on en faisait la découverte. Un bureau d'études de l'Union des Imprimeurs de France l'a identifiée comme la solution pour équiper les libraires qui souhaiterait se lancer dans l'impression à la demande. En fait, il s'agit d'un système inventé au début des années 2000 par Jeff Marsh, à Saint Louis (Missouri) et dont le premier prototype a été installé dans l'atelier d'édition de la Banque Mondiale à Washington en 2006. Le prix d'un système est de l'ordre de 65 000 € et seuls 70 ont été vendus depuis 2006 par ODB (On Demand Book). Six systèmes sont déjà présents en France exclusivement dans des écoles d'imprimerie. Au départ, un partenariat avec Xerox qui fournit la machine d'impression rapide (100 pages par minute), s'est mis en place et ODB en espérait un développement commercial rapide. Cela ne s'est pas produit.

Pour l'instant, le système ressemble toujours à une machine plus ou moins prototype et son coût la met hors de portée des libraires.

 

Peut-être y a-t-il une opportunité pour un système en réseau où seule la machine d'impression (en leasing avec Xerox ou autre) et un terminal seraient présents dans la librairie ? Avec une connexion fibre optique, on peut imaginer un serveur central recevant les ordres d'impression venant d'une librairie et transmettant les données à la machine locale, sans que la vitesse d'impression en soit réduite (5mn pour une livre de 300 pages). Cette idée n'a semble t'il pas émergée à ce jour.

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Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
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