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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 19:52

Fondée en juin 2013 par Hubert Thomas et Matthieu Kerhuel, ingénieur de Centrale Lyon, A2V (Advanced Aerodynamic Vessels) vient de dévoiler le 25 mars son premier prototype : un catamaran de 10,5m de long propulsé par 2 moteurs de 200 ch, embarquant 6 personnes. Il serait capable d'aller à 40 noeuds en consommant deux fois moins de carburant que les ferries rapides qui relient les iles au littoral.

 

Le principe permettant cette économie est l'utilisation de la portance aérodynamique du navire pour alléger la trainée dans l'eau. A mesure que le bateau accélère, la portance augmente et la coque se soulève lui permettant d'atteindre des vitesses élevées avec une consommation limitée.

 

Ce projet est soutenu par plusieurs "parrains" : l'Ecole Centrale de Nantes et l'incubateur Atlanpole, la start-up HydrOcean qui a validé la conception du prototype sans maquette de bassin, le chantier Fernand Hervé de La Rochelle qui l'a construit en composite, en 6 mois, des fonds privés qui ont apporté un million d'euros et des aides de la BPI à hauteur de 200 k€.

 

Photo : Yves Gaubert

 

HydrOcean

 

Créée en juillet 2007 par Erwan Jacquin, ingénieur et docteur de l'Ecole Centrale de Nantes, HydrOcean travaille en partenariat avec le Laboratoire de Mécanique des Fluides (ECN/CNRS) de l'Ecole. Avec des technologies de simulation numérique issues de ce laboratoire, elle développe et conçoit des navires, des bateaux de plaisance, des plates formes pétrolières, des éoliennes marines.

Comme dans beaucoup de domaines, la simulation permet de gagner du temps, de réduire les coûts de développement et notamment d'économiser les essais en bassin de carène.

Après 7 ans, HydrOcean est un bureau d'études en pleine croissance avec un chiffre d'affaires supérieur à 2,5 M€, un équipe de 21 personnes, dont 10 docteurs et 9 ingénieurs.

 

Les projets d'A2V

 

Cet été, le prototype bardé de capteurs va effectuer des essais en mer qui vont permettre de valider les prédictions de la simulation et de passer à la taille supérieure.

Plusieurs marchés sont envisagés : celui des travaux et forages en mer, avec des bateaux de service de 25m capables d’atteindre 60 noeuds et de transporter 60 personnes ; les navires à passagers classiques, avec une capacité allant jusqu’à 100 places ; la grande plaisance, où le nouveau concept pourrait séduire les propriétaires de yachts ; le domaine militaire et paramilitaire, dans la lutte contre le terrorisme, la piraterie et le narcotrafic.

 

On peut tout de même se demander comment un tel bateau se comportera par mauvais temps, avec une mer démontée et un vent soufflant en tempête. N'y a t'il pas de risque que la coque se désintègre sous l'effet des chocs et des efforts face à la houle et au vent ? Il faudra sûrement équiper les bateaux d'éléments de sécurité qui moduleront la vitesse en fonction des conditions de navigation.

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Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
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