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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 20:56

Outre Atlantique, depuis longtemps, l'on valorise l'expérience entrepreneuriale, qu'elle se soit soldée par des échecs ou qu'elle ait résulté en succès. On peut même dire que l'échec est plus valorisé que le succès, car de nombreux investisseurs et business angels estiment que les entrepreneurs tirent plus d'enseignements lorsque leur projet ne débouche pas que quand il se développe gentiment. Souvent, les capital risqueurs demandent aux porteurs de projet : combien de fois avez-vous échoué ? et seront plus tentés d'accompagner ceux qui ont rebondi plusieurs fois après des échecs.

 

Dans notre hexagone national, cela a été longtemps l'opposé : l'échec marquait ceux qui l'on expérimenté, d'une sorte de stigmate dont il était bien difficile de se débarrasser. Selon une étude européenne, en France, il se passe  huit ans entre l'échec et le rebond entrepreurial, plus longtemps que partout ailleurs, en Allemagne c'est 6 ans et en Norvège c'est un an !

Mais la situation est en train de changer ; dès 2013, la Banque de France a ouvert le ban en supprimant l'indice 040 qui marquait tous les entrepreneurs – environ 140 000, dont la société avait été liquidée ; cet indice dans le fichier FIBEN les empèchait pratiquement de lancer toute nouvelle activité, notamment vis-à-vis des banques.

Début 2014, la ministre des PME de l'époque, de retour du Consumer Electronic Show à Las Vegas, a lancé des conférences sur le thème de l'échec, notamment la conférence « du Rebond » à SciencesPo Paris, le 13 janvier 2014 au cours de laquelle les 4 associations SOS Entrepreneurs, Second Souffle, Re-créer et 60 000 Rebonds ont signé une charte du Rebond ; unies dans le premier GIA Français (Groupement d'Intérêt Associatif), elles ont créé le site portaildurebond.com

 

La dynamique du rebond vient aussi de San Francisco où FailCon a été lancée en 2009  sous la forme de conférences d'un jour réunissant des entrepreneurs, des investisseurs, des développeurs qui témoignent et échangent sur leurs échecs et leurs rebonds. Lors de la conférence inaugurale, est intervenu notamment Max Levchin, fondateur de Paypal, qui raconta que ce n'est qu'après 4 échecs, qu'il a finalement réussi avec Paypal !. Des FailCon sont organisées dans de nombreux pays, la première à Paris en septembre 2011 et plus récemment en avril 2014.

 

De ces grands messes de l'entrepreneuriat qui attirent toujours plus de monde, il ressort souvent les erreurs à ne pas commettre comme :

- le recrutement d'une équipe sous dimensionnée et incomplète

- l'absence d'un responsable capable de prendre des décisions difficiles comme licencier, réduire la voilure ou accélérer, changer de modèle économique, passer du plan A au plan B ou adapter le produit, la stratégie, l'organisation

- l'incapacité à gagner de l'argent

- ne pas rencontrer suffisamment de clients très tôt lors du développement du produit

- ne pas être entouré de conseils et d'investisseurs compétents et de confiance

- ne pas savoir quand arrêter un projet qui stagne ou va dans le mur

 

Mais comme toujours, les recommandations sont importantes et utiles, le succès ne viendra qu'avec la maîtrise de l'exécution. Et cette maîtrise viendra souvent avec l'apprentissage issu des échecs :  l'entrepreneur qui aura expérimenté les enchainements  de circonstances et de décisions menant aux difficultés, qui sera sorti de ce type de situation, saura mieux que tout autre mener sa barque contre vents et marées.  

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Published by Le Gargaillou - dans Entreprises
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